Le 122e régiment d'infanterie est implanté à Rodez depuis les événements de la région de Béziers en 1907. Ce régiment appartient au 16e corps d'armée, ainsi qu'à la 16e région militaire de Montpellier. Le 122e quitte Rodez les 5 et 6 août 1914 puis combat dans le secteur lorrain en août et dans les secteurs de Lunéville, Gerbéviller (Meurthe-et-Moselle). A l'automne 1914, il combat dans la Woëvre, à Noviant-au-Près, Limey et Flirey (Meurthe-et-Moselle).
D'octobre 1914 à février 1915, les combattants sont dans les tranchées belges d'Ypres, Hollebecke puis gagnent la Champagne avec de lourds combats à Beauséjour, le ravin des cuisines, la cote 196, la butte de Souain, Perthes-les- Hurlus (Marne).
En 1916, le régiment part dans l'Aisne puis à Verdun avec les secteurs difficiles de La Chalade, Vauquois, l'Argonne, le Mort-Homme.
Dès août 1914, il est envoyé en Lorraine et a plus de 200 hommes hors de combat lors de l'offensive du bois de la Goutte le 20 août 1914 puis à Haigneville (Meurthe-et-Moselle). Il est ensuite dissous le 1er septembre et ses effectifs sont versés dans les régiments de la 31e division. Reformé le 5 avril 1915, son dépôt reste à Rodez. En 1918, on estime ses pertes à 240 officiers et 715 sous-officiers et soldats.
Les soldats aveyronnais sont incorporés dans différentes unités, infanterie, artillerie, marine, les services de santé, etc. Artilleur, sapeur, brancardier, zouave, soldat... sont envoyés sur tous les secteurs du front de France, de Belgique ou encore sur le front d'Orient, vers Salonique.
Fin 1917, le 122ème RI part en Lorraine puis dans les Flandres en avril-mai 1918. Au moment de l'armistice, il stationne dans l'Aisne. Les pertes du corps d'armée sont importantes : 360 officiers, 16000 hommes dont 2844 au champ d'honneur. Sur le drapeau du 122ème RI, en complément des victoires antérieures, sont inscrites les victoires d'Ypres 1914, Mort-Homme 1917, La Serre 1918.
Le total des pertes du régiment ruthénois est de 84 officiers, 2 757 sous-officiers et soldats tués. Un autre régiment, le 322e régiment d'infanterie, est également cantonné à Rodez.
Rodez accueille également la section hors rang du 76e régiment d'infanterie venant de Coulommiers. Tous ces militaires ne peuvent être tous logés dans les casernements situés à la Caserne Sainte-Catherine ni à la caserne du Foirail. En effet d'autres casernes, dite « Burloup » sont en cours de construction. Pour ce faire des locaux publics ou privés sont réquisitionnés pour l'hébergement des troupes. En 1914 la capacité d'accueil de la ville chef-lieu est d'environ 9500 hommes, dont 3700 places dans les cantonnements. La caserne dite "Rauch" ne sera dénommée ainsi qu'après la guerre en souvenir de cet officier mort pour la France.
Pour s'exercer, les soldats se rendent au foirail et sur le champ de tir de Sainte-Radegonde. Comme le site du foirail est en pleine ville, les horaires de tirs sont bien encadrés pour permettre le passage de la population à certaines heures du jour sans risques. En 1902, le camp militaire du Larzac est créé, implanté sur une ancienne mine de charbon. Là les militaires assurent des manoeuvres. C'est un lieu de cantonnement et d'entraînement.
C'est l'arme de l'infanterie qui mobilise la plupart des hommes. Près de 10000 Aveyronnais morts pour la France, appartiennent à cette arme. Il s'agit principalement d'agriculteurs, plus de 9 000 tués. Tout au long de ces quatre années, le journal La Revanche comme les autres journaux locaux, donne l'identité des soldats morts pour la France. L'abbé Bessou, François Fabié ou d'autres auteurs écrivent dans ses colonnes des poèmes pour ces valeureux combattants.
La fraternité du front qu'ont connu les soldats perdure avec la création des associations d'anciens combattants.
Durant l'entre deux guerres, elles vont jouer un rôle prépondérant pour le "droit à réparation". La carte du combattant est créée par la loi du 19 décembre 1926, puis la croix du combattant en 1930.