Page d'un enseignant chercheur en sciences sociales. Vous y trouverez des concepts avec des extraits de textes référencés, des publications à télécharger, des vidéos et les soutenances récentes.
Le concept d'orthèse technologique est né pendant mon doctorat, soutenu à l'époque du "multimédia" dans les années 1996-2000. Les téléphones portables n'étaient pas encore des "mobiles" mais ils disposaient déjà d'un répertoire de contacts. Ce répertoire a eu pour conséquence que les utilisateurs ne se sont plus donné la peine de sélectionner et d'apprendre les numéros de téléphone de leurs proches. Ainsi, l'observation des utilisations de l'annuaire embarqué est à l'origine de l'invention du concept d'orthèses technologiques et multimédias. Je l'ai régulièrement mobilisé dans mes travaux depuis.
Gobert T. (2021), « Orthèses numériques et pharmaphone : scoping et comportements de cocooning (en santé) », Dir. David Galli, Jean-Marc Lévy-Leblond (dir.), Liens mobiles, Alliage, n°82(1), pp. 53-60. HAL : https://hal.science/hal-03590325v1.
Gobert T. (2011), « L’internet comme orthèse cognitive : nouveaux usages de la mémoire », Mémoires et Internet (MEI) n° 32, pp. 53-63, HAL : https://hal.science/hal-05097837v1.
Gobert T. (2001), « L’orthèse multimédia », Recherches en sciences sociales : Jalons et segments, Dir. Jean-Michel Berthelot, Paris : Harmattan, pp. 135-154.
Invention du concept : Gobert, T. (2000 - thèse), « Qualification des interactions observables entre l'homme et les machines numériques dotées d'interfaces à modalités sensibles, Lille : Presses Universitaires du Septentrion, 513 pages.
Gobert T. (2021), « Orthèses numériques et pharmaphone : scoping et comportements de cocooning », Dir. David Galli, Jean-Marc Lévy-Leblond (dir.), Alliage : Liens mobiles, n°82(1), pp. 53-60. < Accès Hal Archives >
"Les questionnements sur le pharmaphone peuvent être rapprochés des travaux portant sur les orthèses. Les orthèses corrigent ou augmentent les capacités humaines. Nombre d’entre elles sont intégrées dans des apps. Certaines proposent de scoper les paramètres vitaux du corps. Leurs utilisations s’inscrivent dans la chronicité pour un nombre en expansion de consommateurs. Taille réduite et omniprésence du mobile leur confèrent des attributs transitionnels participant de conduites de cocooning qui rappellent des effets déjà décrits avec des dispositifs socionumériques. Il s’agit notamment du rôle des illusions de contrôle et de compétence qui favorisent un phénomène « d’institutionnalisation personnelle » ou de soi" (...) Le travail est donc porteur d’enjeux en sciences de l’information et de la communication où il ouvre un nouveau champ d’application des bais d’optimisme dans les domaines médical et péri-médical (Gobert, 2021, p. 51).
Gobert T. (2021), < Suite > : téléphone mobile et orthèses médicales. - "La surveillance des paramètres de nature médicale constituent est en forte demande. Les applications permettent au téléphone mobile de diffuser de nouvelles catégories d’orthèses : les Assistances médicales connectées (AMC) et la Surveillance périmédicale individuelle (SPI). Elles sont complémentaires des Forums de santé en ligne (FSL) qui sont éventuellement considérés comme des outils « d’Éducation thérapeutique des patients » (ETP) (Deccache et all, 2019 : 213). Le recours à leurs services relève de l’initiative individuelle et non de l’institution" (Gobert, 2021, p. 52).
Au sens médical, scoper signifie surveiller en permanence, à l’aide d’un électrocardiogramme, les tracés QRS, la fréquence cardiaque, le taux de saturation en oxygène, etc. Bien sûr, les périphériques tels qu’une montre cardio ne disposent pas de toutes les voies d’un ECG d’hôpital car ils n’ont que celle du poignet et éventuellement celle du torse. Mais le marketing met en avant les performances de ces SPI connectées destinés à se contrôler quotidiennement" (Gobert, 2021, p. 54).
Gobert T. (2021), < Suite > : téléphone mobile et hypofonctionnement social. - "Inversement, les personnels soignants, au contact des patients, estiment que les comportements de scoping relèvent d’une angoisse diffuse et de la crainte d’une prise en charge inadaptée. Les orthèses de santé et de scoping apporteraient une forme d’autonomie apaisant cette appréhension et permettraient d’étendre les conduites de cocooning à l’extérieur de chez soi. Mais au final, personne n’est dupe : « quand les signes se manifestent, c’est nous qu’ils viennent voir, pas la montre » (H, 62, PS, S) souligne un médecin. Placé dans une spirale de sollicitations dont il est le centre, le sujet est impliqué dans une galaxie d’échanges intranumériques. Le budget temps qu’il y consacre limite sa disponibilité et engendre potentiellement un hypofonctionnement social en dehors du périmètre socio-numérique et des contacts familiers. Certes le téléphone et ses orthèses peuvent « apporter du bien-être ou diminuer le stress » (34,6 %) mais… il « n’est pas un remède à l’anxiété » (64,9 %)" (Gobert, 2021. p. 55)
Gobert T. (2021), < Suite > : orthèses modbiles et phygital - "Les orthèses de santé au sens large, participent de cette dynamique d’institutionnalisation car elles travaillant sur le substrat, le corps de la personne, l’intimité. (…) Certes les soins seront délégués à des experts mais l’orthèse permet de conserver un peu d’autonomie, d’être actif, de ne pas seulement subir en se documentant ou en jouant avec ses apps de mesure personnelles. « Il joue sérieusement, ce qui s’oppose à lui n’est pas le jeu mais la réalité » (Freud cité. Mannoni, 1979 : 62)" (Gobert, 2021, p. 56).
Les utilisateurs d’orthèses de santé anticipent des événements potentiels et se placent en situation « d’'aider » le praticien en apportant leurs tracés qrs et autres graphiques mais ce n’est pas leur priorité. Le dispositif apporte une fonctionnalité qu’ils ne sont pas en capacité de réaliser par eux-mêmes. Contrairement aux opérations cognitives qu’ils ne voulaient plus mettre en place comme retenir un numéro de téléphone, ils délèguent à l’orthèse des actes qu’ils ne peuvent pas réaliser et qui concernent leur corps" (Gobert, 2021, p. 57).
L’orthèse, omniprésente avec le mobile (...) transforme ce médiateur dans l’espace public qu’est le téléphone en médiateur de l’espace intime en apportant de nouvelles images de soi" (Gobert, 2021, p. 58).
Gobert T. (2017), « La monstration d’éléments juridiques sur Internet a-t-elle un effet sur la responsabilisation des apprenants ? », Nouveaux droits, nouveaux usages, Dir. Sylvain Chatry et Thierry Gobert, Paris, Mare et Martin, pp. 149-167, < Accès au texte complet & Hal Archives >
« Ce mieux vivre, impulsé par des robots, pourrait être approché dans les représentations sociales (Serfaty, 2000) et la communication médiatique (Fourquet-Courbet, 2010) comme un soulagement des tâches du quotidien, un moyen de divertissement, une aisance d’accès aux échanges interpersonnels, une bibliothèque universelle. Ces attributions ont conduit à des phénomènes massifs de délégation de tâches personnelles aux dispositifs numériques qui peuvent être perçus comme des « orthèses » (Gobert, 2001 , 2011 ). À défaut de remplacer un organe ou une fonctionnalité comme le ferait une prothèse, l’orthèse remet droit, qu’elle soit cognitive, multimédia ou de réseautage. Elle agit comme le font les verres de vue : elle corrige, facilite, apporte du confort et, dans le cas du numérique, augmente les possibilités de l’individu ou les complète. (Gobert, 2017, p. 152).
Gobert T. (2017), < Suite > : Orthèses numériques et collectionnisme : l'abandon de la sélection, du choix.
La délégation à une instance artificielle de substitution conduit à abandonner pour partie ses capacités. Qui se soucie encore de faire l’effort de mémoriser des numéros de téléphone alors qu’ils sont enregistrés dans les « contacts » ? Apprendre un annuaire est désormais considéré comme inutile. Pourtant, cet apprentissage supposait d’autres activités en cascade telles qu’établir des stratégies de sélection. Seuls les numéros réellement importants étaient retenus. Les autres trouvaient refuge dans des cahiers répertoires. Désormais, choisir n’est plus une nécessité. Il en résulte la création de collections de contacts nettement supérieures aux capacités de gestion individuelle d’un portefeuille relationnel estimée à 150 personnes (Dunbar, 1993) . Pour la plupart, il ne s’agit pas de connaissances, ni d’amis, mais de « coordonnées » potentiellement utiles ou de contacts qui partagent un intérêt commun. Posséder les 06 ou les adresses de courriel de personnes-ressources ne signifie qu’elles seront utilisées. L’écart entre la thésaurisation et l’usage signe le collectionnisme » (Gobert, 2017, p. 52-53).
Pignier N., Gobert T. (2015), « Préfiguration, configuration, figuration : dialectiques entre sens, supports et dispositifs dans le design des TIC », Dir. Paul Rasse, Cyril Masselot : Technologies, communication et société, Paris, Harmattan, pp. 59-69. < Accès Hal Archives >
"L’histoire du design peut proposer des pistes en ce qui concerne la finalité des nuages informatiques et de l’ensemble des logiciels propriétaires qui assènent dans leurs plans médias que les mieux-être individuel et collectif sont liés à la libération des contraintes des technologies précédentes. Le stockage, la programmation, la maîtrise des processus de traitement peuvent désormais être confiées à des technologies. Ces « orthèses cognitives » (Gobert, 2011 : 53) favorisent des délégations à la technologie de type sociétale alors que des courants tentent de préserver des compétences techniques partagées de manière communautaire qui résistent, quelle que soit la force des distributeurs" (Pignier, Gobert, 2015, p. 64).
GOBERT, T. (2011), « L’Internet comme orthèse cognitive : nouveaux usages de la mémoire », in Pignier N. et Lavigne M. (Dir), Mémoires et Internet, MEI 32, Paris : Harmattan, pp. 53-63. < Accès Hal Archives >
"Les outils digitaux furent conçus sur la base de métaphores du cerveau et de la communication. Ils procèdent avec différentes sortes de mémoires dites de travail, à court terme, à long terme, etc. Leur distribution massive sous forme d’ordinateurs, d’organiseurs et de téléphones évolués a favorisé l’apparition de délégations à la technologie de compétences personnelles dans les tâches quotidiennes telles que la mémorisation. Désormais, ceux des dispositifs numériques dont la disponibilité est immédiate, de faible encombrement et à l’interface conviviale, sont devenus des orthèses cognitives individuelles et sociales. Elles transforment partiellement le processus de mémorisation en une logistique de stockage des données" (Gobert, 2011, p. 54).
Gobert T. (2011), < Suite > : "Une telle continuité n’est pas neutre car elle inscrit dans une dialectique ce qui relève de la sphère individuelle avec des pratiques et des usages de médiation collectifs. Deux mondes se côtoient et interagissent dans la synapse de l’interface : le palimpseste des couches de mémoires informatisées et les mémoires des utilisateurs secondées par des orthèses cognitives dont le fonctionnement n’est pas maîtrisé. Nous nous intéressons aux stratégies de rapprochement entre les deux mondes. Les bases de datamining se nourrissent désormais d’elles-mêmes, car elles disposent de facteurs d’attractivité importants en tant qu’orthèses cognitives individuelles et comme mémoires sociales. Elles ne s’affichent pas comme telles, mais quand par exemple, une promotion d’étudiants (Génie Biologique de l’IUT de Perpignan 2008-2009) crée une page sur Facebook “pour plus tard si on oublie nos noms”, nous assistons bien à des conduites d’anticipation au présent d’une gestion future de ce qui deviendra des souvenirs" (Gobert, 2011, p. 54).
Gobert T. (2011), < Suite > : "L'apparition des téléphones évolués a constitué un tournant technologique dès lors qu’ils ont embarqué les fonctionnalités des organiseurs. Les objets digitaux mobiles sont devenus des orthèses cognitives bien plus diversifiées que des aide-mémoire classiques car ils proposent des assistances à la mise en forme dans le cadre de processus de consocréation. La consocréation désigne “d’une part l'obligation ou l'incitation forte faite aux créateurs de consommer des services ou des contenus pour réaliser leurs productions, et d’autre part la part de créativité inhérente à chaque acte de consommation” (Gobert, 2008, 2009b, 2011). Les deux aspects sont indissociables" (Gobert, 2011, p. 57).
"Enfin, reposant sur l’ensemble des éléments précités, une forme évoluée d’orthèse se développe avec les assistants de management cognitif comme mindmaps, mindmanager, freemind. Ces outils facilitent la construction de cartographies des “pensées” (personalbrain.com) associées à des ressources locales et sur Internet en proposant des arbres graphiques (Delengaigne, Mongin, 2009)" (Gobert, 2011, p. 60).
Gobert T. (2011), < Suite > : "Les orthèses cognitives sont d’autant plus utilisées qu’elles sont peu encombrantes, simples d’usage et attrayantes. Elles pourvoient en information les bases de données en ligne situées en back office de sites à l’interface et aux fonctionnalités sympathiques. Ces mémoires explicites alimentent ainsi une dialectique mais pas nécessairement un dialogue avec les mémoires implicites disséminées sur le réseau. Une nouvelle étape de collecte de données sociales préfigure actuellement les futures orientations marchandes des sites sociaux (Forrester, 2009) qui nécessitent davantage de participation de l’utilisateur. Pour attiser cette collaboration, sont développées des interfaces simples, voire simplistes, adaptées à la compréhension des néophytes et aux stratégies du moindre effort des utilisateurs. Elles sont donc souvent pauvres sur le plan graphique (http://fr-fr.facebook.com, Google.fr) et étayent leur attractivité sur les apports des TIC à l’intégration relationnelle (onvasortir.com) et la recherche de contacts perdus de vue (copainsdavant.fr). La force de ces hubs sociaux provient en effet de l’accès partiel à la portion de mémoire en ligne qui a été intentionnellement saisie par les usagers qui oeuvrent comme autant d’agents multidistribués. Ils contribuent à constituer des mémoires virtuelles en essaim" (Gobert, 2011, p. 58).
GOBERT, T. (2010), « Rapports entre le temps et la technique dans l'imaginaire des organisations communautaires et sociétales médiées par des interfaces logicielles », Éthologie et sciences sociales, Dir. Jacques Goldberg, Jean-Marc Poupart, Françoise Burgaud, Paris, Harmattan, pp. 189-203. < Accès Hal Archives >
"La technique ne se limite donc pas aux objets physiques ; elle donne des outils, des orthèses [GOBERT, 2001, p 136] qui corrigent la vision du monde et influencent les représentations, les croyances et les rapports à la durée. Les mythes racontent des histoires intemporelles car ils ne font pas appel à la technologie des objets matériels qui sont soumis au renouvellement du progrès et vieillissent. Un mythème (Durand, 1995) dont le contexte vient à évoquer un milieu technique et des objets d’ingénierie, ne répond à la définition de composant du mythe que par la nature profondément humaine des problématiques et des scénarii de solutions qu’il révèle" (Gobert, 2010, p. 192).
GOBERT, T. (2008), « Relations entre situation et dispositif dans le cadre de simulations : l'exemple de la simulation de vol en aéronef léger », Questions Vives : état de la recherche en éducation, dispositifs et situation, quelles articulations en éducation ? Vol. 4, n° 9, pp. 201 - 213. < Accès Hal Archives >
"Les classes signent des ressources identitaires fortes liées à des stratégies de reconnaissance et des raccourcis cognitifs où les sujets intègrent dans leurs gestes et postures des orthèses multimédias en simulation, et de prothèse instrumentale avec l’aéronef réel. Le rapport qui se tisse avec le support, dans le cadre très particulier du vol où l’individu est embarqué, est décrit avec beaucoup d’emphase et de précision dans les discours" (Gobert, 2008, p. 211).
Gobert T. (2008), < Suite > : "Tout se passe comme si des dynamiques identitaires fortes associées aux représentations collectives et sociales de l’aviation s’incarnent dans le schéma corporel sous forme d’orthèse lorsque l’outil complète une disposition existante et de prothèse lorsqu’il vient à la remplacer. Ces conduites mettent également en exergue l’actualité du modèle transitionnel, si le chercheur vient à considérer comme un processus régressif la nécessité d’accentuer très fortement le mime d’évolutions simples – descendre, monter, tourner – alors que pour le simulateur, la verbalisation tend à se suffire à elle-même. Sur les 30 pilotes, 29 miment les mouvements de l’avion et associent à leurs contenus discursifs des accentuations disproportionnées" (Gobert, 2008, p. 211).
GOBERT, T. (2006), « L’immersion, une capacité adaptative au-delà des modalités sensibles », Les enjeux de l’immersion et ses relations avec les interfaces des médias numériques ludiques et/ou éducatifs, Ludovia, Saint-Lizier, 5 - 7 juillet 2006. < Accès au texte -Hal Archives >
"L’interaction avec l’ordinateur ne se limite pas à un face-à-face avec l’écran, il intègre de la profondeur. Le clavier, la souris et tous les dispositifs de saisie et de pointage que nous avions qualifiés dans l’orthèse multimédia (Gobert, 2001, p. 155) viennent rompre ce face-à-face homme/machine traditionnel et modifient les modalités d’échange habituelles avec le vivant. Ce n’est pas la parole qui donne du sens dans la dyade relationnelle avec l’ordinateur, c’est le toucher. Le contact sémantique le plus puissant est également le plus physique : il s’effectue avec la main en manipulant le clavier et la souris dans une nature de contact qui se rapproche des modalités de l’intime. Cette inscription spécifique dans la corporéité se complète par celle de la sensorialité à distance, l’audition et la vision, qui prolonge dans l’écran la profondeur précitée" (Gobert, 2006).
GOBERT, T. (2001), « L’orthèse multimédia », Recherches en sciences sociales : Jalons et segments, Dir. Jean-Michel Berthelot, Paris : Harmattan, pp. 135-154. < Accès Hal Archives >
"Par opposition à la prothèse, l’orthèse est un appareil d’assistance destiné à corriger une déficience ou une insuffisance. Elle complète un système, mais ne le remplace pas, comme le fait une prothèse" (Gobert, 2001, p. 135).
"En fait si nous ne retenons des possibilités offertes par les NTIC que le prolongement extraordinaire de la zone de préhension individuelle – son aspect valorisant –, celle-ci joue le rôle d’un formidable moyen de mise en relation et d’échanges. Mais, derrière cet aspect engageant, se tapit l’abandon à des structures extérieures à l’individu, le soin de rechercher, acheminer et présenter l’information et les messages les plus intimes. L’orthèse multimédia, qui exprime la réalité dite virtuelle, supplée l’homme machine dans ses limitations techniques, et médiatise alors le lien social par des perceptions sensorielles assistées par ordinateur, multimédias, en couleurs mais à la définition limitée". (Gobert, 2001, p. 152).
GOBERT, T. (2000 - thèse), Qualification des interactions observables entre l'homme et les machines numériques dotées d'interfaces à modalités sensibles, Lille : Presses Universitaires du Septentrion, 513 pp. (2003). < Accès au texte complet & Hal Archives >
"Les progrès techniques investissent le champ social parce que, d'une certaine manière, ils le représentent. L'échange est avant tout un acte instrumenté, d'abord avec l'équipement physiologique de l'espèce, puis avec les orthèses technologiques qui prolongent cet équipement". (Gobert, 2000, p. 268)
"L’élasticité du temps a concerné l’ensemble des classes de sujets, bureauticiens, créaticiens, néophytes et experts, quelle que soit leur activité. Cela n’est pas sans rappeler combien la machine procure une dimension ludique – ou tout au moins éloigne le spectre du tripalium – en transformant en manipulations et explorations, ce qui ne serait que du travail et activités cognitives. L’orthèse informatique soutient l’acte intellectuel en favorisant sa conversion somatoludique. Les utilisateurs aiment manipuler" (Gobert, 2000, p. 413).