Le projet de modification de mon binoscope B400c en B355c ne pouvait se faire sans envisager le reconditionnement de mes deux miroirs de 400 mm et secondaires de 104 mm.
Le premier set a tout simplement équipé mon T400 ligth existant que m'a repris un ami de mon association. Cependant, il me restait encore un set de miroirs primaire/secondaire que je ne pouvais envisager de revendre hors du territoire de Nouvelle-Calédonie.
J'eus donc l'idée, pour financer au mieux mes nouvelles optiques du B355c, de le proposer aux membres de mon association au cas où l'un d'entre eux serait intéressé par l'acquisition d'un T400 sur mesure.
A ma grande surprise, notre président, Jean-Christophe Millot (JCM), m'a passé commande pour ce T400 qui est un condensé de mes instruments précédents et qui bénéficie de ce que j'ai de mieux à lui proposer.
La base est un simple trépied en kohu , bois dur imputrescible, muni d'un axe de 10 mm de diamètre et de patins en téflon.
Le rocker est un sandwich composite réalisé à partir d'une fine planche de contreplaqué de 6 mm dessous, prise en sandwich par de la fibre de carbone, puis surmontée par une mousse polyuréthane de 40 mm couverte de fibre de carbone sur sa face supérieure.
Cela assure une forte résistance en flexion de l'ensemble mais aussi une bonne résistance à l'enfoncement de la face inférieure, là où les patins en téflon appuient.
Le guidage latéral est quant à lui assuré par des patins et des butées en téflon.
La caisse, qui reçoit les tourillons et les embases du serrurier, est en contreplaqué de 12 mm d'épaisseur renforcé sur sa face supérieure par une couche de fibre de carbone. Cette face accueille les quatre pieds de fixation en Kohu du serrurier et les vis de serrage.
Le barillet à 9 points est plus un choix esthétique et pratique que qualitatif, car après simulation sur le logiciel Plop, il apparait que le gain en maintien du miroir par rapport à un barillet à 6 points est négligeable. Chaque triangle est monté sur une petite rotule en acier de 8 mm de diamètre et percée pour pouvoir passer une vis de maintien qui sécurise les triangles durant le transport sans miroir.
Le système de réglage de la collimation se fait par le haut œil à l'oculaire, par l'intermédiaire de longues tiges qui appuient sur de simples balanciers placés sur les deux barres transversales du cadre. C'est simple et le réglage est très fin et sans point dur.
Le maintient latéral du miroir se fait par l’intermédiaire de roulements montés sur des petits U en aluminium. La caisse est renforcée sur ces points d'appui particulièrement sollicités en position "basse".
Patte de sécurité anti-renversement : pour une utilisation à des hauteurs très proches de l'horizon, j'ai prévu une petite patte escamotable en plexiglas.
Option contrepoids pour l'équilibrage : J'ai profité des deux espaces libres triangulés dans les coins arrière de la caisse comme logement pour éventuellement y insérer un contrepoids. Il serait constitué de petits sacs contenant des gros plombs de pêche permettant d'affiner l'équilibrage. L'accès se fait par dessous et est fermé par un bouchon adéquat.
D'un rayon de courbure de 390 mm, ils sont en contreplaqué de 18 mm d'épaisseur et sont fixés par 3 vis M6 à la caisse.
Pour raidir la structure formée par la caisse et les tourillons, une entretoise en contreplaqué de 9mm est insérée et bloquée en rotation par 2 guides imprimés en 3D et une seule vis M5 en son milieu.
Il est constitué de tubes carrés 20x20x1.6 mm en aluminium. C'est une solution qui a fait ses preuves sur mon premier T400.
Pièces imprimées en 3D : avec l'arrivée de l'imprimante dans l'atelier, le champ des possibles s'est largement agrandi. J'ai donc fait le choix de réaliser les embouts bas du serrurier en PLA carbone ainsi que l'ensemble des molettes de serrage.
Les pattes de fixation basses sont donc en PLA, parfaitement ajustées aux tubes, rentrées en force et collées à la colle cyanolite. C'est très efficace. L'avantage est d'avoir pu réaliser des cuvettes "femelles" de centrage et sécurisation pour le serrage par molettes "mâles".
En cas de détérioration de la pièce, il est aisé de l'extraire et d'en imprimer une nouvelle, les fichiers d'impression étant soigneusement stockés.
La fixation haute du serrurier se fait par serrage de plaques en aluminium de 3 mm d'épaisseur, stoppées en rotation et positionnées par deux pions "centreurs".
La cage du secondaire octogonale est constituée de contreplaqué de 12 mm. Les points d'attache du serrurier sont renforcés par de petits plats de bois dur, munis de vis scellées accueillant les molettes de serrage imprimées en 3D (molettes renforcées par un insert en laiton)
Le chercheur Telrad est lui aussi monté sur une pièce adéquate imprimée en 3D.
Le porte-oculaire, fourni par JCM et prévu par défaut pour se monter sur un tube de télescope rond, a nécessité la création d'une autre pièce imprimée en 3D pour l'adapter à un support plat.
Le support du porte-oculaire est équipé d'un passe-filtre du même type que ceux installés sur le binoscope. L'indexation est réalisée par une bille en inox.
Le miroir secondaire de 104 mm de petit axe est celui d'un des deux "tubes" du binoscope B400c.
Ici, on ne change pas une solution technique éprouvée. Comme sur tous mes télescopes, le support du miroir secondaire est techniquement une copie de celui qu'a mis au point le club "Magnitude78", basé sur 3 points d'appui : point/trait/plan (voir la page des têtes du binoscope). Les éléments sont ici également réalisés partiellement avec de la cornière aluminium de 3 mm d'épaisseur.
Les branches de l'araignée sont en plat de fibre de carbone de 3 mm d'épaisseur et 35 mm de large.
Le baffle est réalisé dans une feuille de plastique rigide peinte en noir mat à la bombe. Il est fixé par Velcro à l’intérieur de la cage et s'appuie sur une branche de l'araignée.
Enfin, le télescope est livré avec une jolie boite en bois pour le transport du miroir mais aussi une jupe pour couvrir la structure si nécessaire.