1-Image définitive
Si l’image définitive (lockée) tarde à venir, gardez votre calme : après tout il faut bien reconnaître que le montage-image est l’étape de restitution du tournage et le poste le plus coûteux. C’est aussi celui sur lequel le travail du réalisateur va être jugé… donc soyez patient mais attention car la date du mixage du film ne va elle probablement pas changer.
Il faut donc rapidement prévenir la direction de post-production, voire le producteur, pour évaluer les dégâts et si besoin revoir le planning (oui c’est possible !). A minima il faut informer du moment où cela devient trop risqué pour vous et où cela met en péril la date de livraison des musiques.
Si vous êtes dans une configuration où la musique est entièrement composée en MAO*, ce sont vos nuits et vos week-end qui risquent d’y passer. Mais s’il y a un orchestre à enregistrer avec un studio et un ingénieur du son, ça se complique rapidement !
2-Spotting*
Le Spotting* peut être l’occasion de réunir le producteur et le réalisateur autour de la musique (ils en parlent rarement ensemble), mais un monteur-musique ou un assistant peut être aussi d’une aide précieuse.
La direction de post-production, le « music supervisor » et votre agent peuvent aussi être conviés, mais il est préférable de demander en amont au réalisateur s’il préfère vous voir seul pour parler librement des musiques.
La durée d’un Spotting* varie selon les personnes impliquées et leur envie d’échanger sur des choses qui n’ont pas forcement à voir avec le sujet principal. Pourtant, cela peut aussi détendre l’atmosphère. Prévoyez au minimum le double de la durée du film ou de l’épisode, idem pour la validation.
Il arrive que personne ne soit disponible et vous devrez trouver des solutions à distance, comme envoyer un fichier vidéo avec un pré-mixage des musiques et dialogues, accompagné d’une CUE SHEET* qui permette de poser des questions et d’avoir une trace écrite des réponses pour vous y référer plus tard.
3-Dates de mixage modifiées
Si le mixage est retardé, cela peut vous arranger pour peaufiner votre travail. Mais si les dates sont avancées et que vous êtes prévenu au dernier moment, cela aura les mêmes conséquences qu’une image livrée en retard.
La communication avec la production sera indispensable pour trouver des solutions.
Peut-être devrez-vous livrer les musiques finalisées dans un premier temps, ou parfois des maquettes afin que le mixeur puisse préparer son travail : il intégrera vos mixages-musiques définitifs dès que possible.
Ce n’est pas idéal bien sûr mais il faut y être préparé ou avoir de sérieux arguments et une grande réputation pour décaler un mixage film !
4-Planning de post-production
C’est votre première base pour organiser les semaines ou les mois de travail à venir.
Veillez à ce que les temps entre la livraison de l’image définitive et le mixage soient suffisants et prenez en compte les temps de Spotting*, de réunion intermédiaire, de validation, d’export etc. Là encore l’expérience aidera à mieux anticiper ce type de situations !
Comptez en général que le jour d’un de ces évènements, vous travaillerez peu sur votre composition.
Le temps de création et le volume de musiques que vous pourrez produire par jour seront à établir en fonction de vos capacités et de la complexité requise par le film.
Au minimum, pour une musique complexe, avec une orchestration importante, vous devrez être en mesure de produire 1 ou 2 minutes par jour entier de travail (10-12h/jour). Cela dépendra aussi de l’équipe qui vous assiste (arrangeur, orchestrateur, monteur-musique, assistant).
Plus vous avancerez dans le film, plus vous irez vite, car les thématiques seront trouvées et la couleur instrumentale aussi, votre Template* sera efficace et l’organisation bien rodée.
Un bon rythme de croisière tourne autour de 4-5 minutes par jours de travail, et si vous êtes très efficace ou dans l’urgence cela peut monter autour de 7 à 10 minutes par jours !
Prenons un exemple concret :
Vous avez un film de 90mn à faire avec 45 mn de musique prévue au moment où le Temp-track est fait (cela peut diminuer ou augmenter par la suite)
Il vous faudra donc entre 10 et 20 jours de travail complets pour composer toute cette musique (10 jours X 4mn30 = 45mn / 20 jours X 2mn30 = 45mn). Bien sûr, si c’est un piano solo cela peut diminuer, attention car sauf à travailler non-stop 7 jours sur 7, 10 jours représentent deux semaines et 20 jours quatre semaines !!!
Disons qu’en trois semaines vous estimez pouvoir composer l’ensemble des musiques de ce film (15 jours X 3mn = 45).
Il vous faut ajouter une journée de préparation, une journée de Spotting*, une journée au milieu pour une écoute intermédiaire avec le réalisateur, une autre pour la validation puis encore une autre pour les modifications et enfin une dernière pour préparer les exports Pro Tools et les envoyer au mixage.
Selon les cas et si tout se passe bien, ces journées peuvent devenir des demies-journées ou quelques heures - mais ce n’est pas évident de le savoir à l’avance.
Si vous travaillez seul, en MAO* exclusivement, vous aurez donc besoin d’environ quatre semaines pour boucler le travail. C’est le moment de comparer cette prévision avec le planning de post-production. S’il manque du temps, parlez-en avec la personne responsable afin de trouver des solutions, ou de changer votre approche de la musique pour ce projet..
5-Comment organiser son travail à distance ?
Il se peut que vous soyez installé en province ou à l’étranger ce qui impactera votre organisation. Idéalement vous pourrez au minimum rencontrer le réalisateur en début de projet (Skype peut être une solution). Et nous avons préalablement évoqué des situations d’envois de fichier-film pour le Spotting* et la validation.
Dans tous les cas, vous devrez considérer ce facteur dans votre organisation et probablement faire en sorte que votre client ne subisse pas les inconvénients de cette distance géographique