C’est parfois inquiétant d’avoir une longue liste de modifications, alors que nous aurons à livrer rapidement la musique au mixage-film. Bien souvent cela paraît insurmontable mais l’idée principale étant là (l’instrumentation, le tempo et la structure), les changements porteront la plupart du temps sur peu d’éléments.
Il est donc préférable tant pour la qualité de la relation que pour l’atmosphère de cette projection, de simplement noter les demandes, en essayant de bien saisir sur quoi elles portent, et tout le monde s’en trouve réconforté et satisfait.
Voici quelques situations typiques et des solutions possibles :
1) « La musique est bien mais il y en a trop ! » : intervenir sur le mixage de la musique par rapport aux dialogues en la baissant. Cela fait des semaines que le compositeur est focalisé sur ses musiques et il les écoute souvent trop fort. Raccourcir la fin en coupant l’audio ou essayer un calage différent peut aussi apporter une solution (une ou deux secondes plus tard ou plus tôt peut être très efficace et surprendre agréablement le compositeur).
2) « Une musique semble trop envahissante ? » : identifier un instrument qui pourrait gêner les dialogues et proposer d’écouter les STEMS* en enlevant celui où se trouve cet instrument, quitte à ce que d’autres disparaissent, mais la réponse du réalisateur arrive souvent rapidement et positivement. Il est aussi possible d’enregistrer, sur une piste MIDI* témoin, une partie à la volée, cela prouvera votre maîtrise votre sujet.
3) « Il manque une musique ? » : un CUE* déjà existant pourrait être réutilisé afin de proposer une solution ou d’écarter rapidement une mauvaise option. Une légère variation de ce CUE* règlera le problème de répétition de la même idée, sauf si c’est l’intention recherchée.
Il est prudent d’avoir fait écouter au réalisateur, avant cette projection, les musiques les plus délicates ou compliquées à composer, les plus longs CUE* qui comportent de nombreux calages avec l’image (scènes d’actions ou aux multiple changements d’intention). Cela évitera de grosses frayeurs !
Mais, même à ce stade du travail, il existe suffisamment de matériel musical et l’orchestration étant bien déterminée, un CUE* de deux minutes vous prendra quelques heures, là où il vous aurait fallu plusieurs jours en début de projet.
Assister à des séances de validation et de Spotting* est essentiel pour développer cette agilité intellectuelle et acquérir cette expérience professionnelle, autant pour un futur compositeur que pour un assistant ou un monteur-musique.