Une question revient souvent à propos des effets comme les Reverbs et Delays : doit-on avoir une piste auxiliaire d’effets par STEM ou un STEM spécifique pour les effets ?
Cette question nous amène à considérer la puissance de notre ordinateur pour calculer rapidement tous ces traitements en temps réel.
Prenons le cas d’un film sur lequel nous aurons décidé d’avoir huit STEMS* : Bois, Cuivres, Percus, Claviers, Cordes, Guitares, Synthé, Divers.
Remarquez que chaque piste d'effet est ici "routé" vers le STEMS* qui lui correspond
Faites le calcul dans le cas d’une configuration avec 12 STEMS*, 2 Reverbs et 2 Delays par STEMS*, 48 départs d’effets !!!
Ce type de configuration n’est nécessaire que si les musiques sont mixées directement dans le DAW* du compositeur. Autrement tous ces problèmes seront pris en charge par un mixeur musique, qui n’aura pas à traiter les VST* dans sa configuration.
L’autre approche consisterait à n’avoir que les effets nécessaires en fonction de leur couleurs et de les affecter vers un STEMS* spécifique. Vous pourriez avoir besoin de 3 Reverbs (courte, moyenne, longue) et 3 Delays avec des réglages rythmiques différents (croche, noire, et noire pointées par exemple) au total 6 départs d’effets.
Le STEM*8 à été affecté aux effets
Donc pourquoi s’encombrer d’autant d’effets ?
Imaginez qu’au moment de la validation, le réalisateur vous dise qu’il aime beaucoup votre musique mais que, sur un CUE* particulier, il vous demande d’enlever une clarinette qui le gêne et une grosse percussion à la fin - a priori rien de plus simple à faire rapidement en montage avec les STEMS*.
Mais en coupant la clarinette dans le STEM* des bois (en imaginant qu’elle joue seule à ce moment précis), on continue de l’entendre dans le STEM* des Reverbes : si vous coupez ce STEM, il y aura un moment ou plus aucun instrument n’aura de Reverbes… Bref il ne vous reste plus qu’à repartir dans votre session DAW* principale et exporter à nouveau tous les STEMS* ! Ou au minimum celui des bois, percus et effets.
Si vous envoyez vos STEMS* au mixage du film, ils ne pourront pas être modifiés pour ces mêmes raisons et ne seront donc pas utilisables.
Avoir autant d’effets que nécessaire dirigés vers leurs STEMS* respectifs me semble être l’approche la plus opportune car souple en montage-musique ou mixage-film, bien que gourmande en ressources machine.
Pour compléter ce paragraphe technique, précisons qu’il existe deux méthodes pour utiliser un effet : “Insert“ ou le “Send“.
1) “Insert“ consiste à insérer l’effet directement sur la piste de l’instrument ce qui présente l’avantage de le positionner sur le bon STEM. Inconvénient : si vous devez exporter sans effet vos pistes séparées (TRACKS), vous devrez agir sur les pistes une par une. La balance de l’effet devra se faire aussi sur chaque piste, sans parler des ressources nécessaires !
2) “Send“ consiste à créer une piste auxiliaire sur laquelle on insère un effet et vers laquelle les instruments seront dirigés à l’aide d’un départ d’effet appelé “Send“.
Cette dernière méthode est, selon mon expérience, la plus souple et la plus économique en ressources machine. Cependant, il faut préciser que certains effets - comme les Reverbs et les Delays – sont principalement utilisés en “Send“ mais que les compresseurs ou équaliseurs sont plus souvent utilisés en “Insert“.
Ce sera à vous de faire vos choix sur la méthode à utiliser, en essayant d’anticiper les besoins que vous aurez pour l’utilisation du mixage-stéréo ou des STEMS* de votre musique.