J11 : Dimanche 21 mai 2023
Retour dans le parc national du Teide, à plus de 2000 mètres d’altitude. Jusqu’à présent (y compris en 2019), nous avions toujours abordé cette zone par l’entrée ouest d’El Portillo. Aujourd’hui nous y accédons par l’est et la route TF-38 vers Boca Tauce, mais en nous arrêtant au parking du Mirador de Samara à 1870 mètres d’altitude. C’est là que débute la randonnée que nous avons sélectionnée dans le guide Rother intitulée « Montaña de Samara et Montaña de la Botija » présentée comme une « randonnée de volcan au pied du Pico Viejo ».
Vers 9 h 30, nous arrivons les premiers sur le petit parking où la température de seulement 8 degrés (contre 20 degrés sur la côte nord) nous oblige immédiatement à rajouter rallonges de pantalons, polaires et coupe-vent malgré un grand soleil. Nous commençons par emprunter l’itinéraire n°13 (dans la liste du parc national) à travers une belle forêt de pins canariens d’où dépasse le sommet arrondi de la Montaña de Samara dont nous allons d’abord nous éloigner.
Au départ, le sentier 13 est quasi parallèle à la route TF-38. Au bout de dix minutes, il vire déjà à mi-gauche pour entamer le retour via le volcan de la Botija. « On retourne par ici ? » me demande Hervé. « Oh non, pas déjà ! On vient à peine de commencer » lui rétorqué-je. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés presque « à l’insu de notre plein gré » 😉 sur l’itinéraire n°32 pour une extension (d’ailleurs indiquée dans le Rother) via les Cuevas Negras. Nous franchissons alors une vaste coulée de lave. Les pins se font de plus en plus rares et le noir volcanique domine alors qu’au loin apparaissent les silhouettes emblématiques des géants du parc que sont le Pico Viejo et le Teide.
Au bout de trois quarts d’heure, arrivés à une intersection avec l’itinéraire 9, nous suivons brièvement cette direction avant que ne se détache à gauche le sentier n°38 où nous rattrapons un couple accompagné de deux chiens (autorisés dans un parc national ?).
A partir de là, nous restons constamment sur cette trace à travers un plateau d’altitude dans une grande variété de paysages volcaniques : coulées de lave noires ou plus claires, pénitents, œufs craquelés, bombes, tubes…
La végétation y est rare mais pas complètement absente et la vue quasi permanente sur le Pico Viejo. Une senteur délicate de genêts flotte dans l’air, nous nous enivrons de ce parfum suave, tout en tâchant de garder bon pied bon œil ! 😉
Marguerite du Teide = Argyranthemum teneriffae
Scabieuse du Teide = Pterocephalus lasiospermus
Près d’un jeune pin isolé, nous finissons par retrouver l’itinéraire 13 par lequel nous contournons la Montaña de la Botija sous l’œil du cône parfait du Teide. A partir de ce point, vu l’heure (bientôt midi) nous commençons aussi à rencontrer plus de monde, la plupart des randonneurs ayant manifestement opté pour le sens inverse du nôtre.
Cherchez le Pico Viejo (sommet au cratère égueulé) et le Pico del Teide ( pointe dépassant derrière le Pico Viejo)
Puis c’est la descente vers le pied de la Montaña de Samara. On aperçoit le sentier qui grimpe au sommet de ladite montagne, les lacets de la route TF-38 et même le parking.
Par temps clair, la vue porte jusqu’aux îles de La Gomera et de La Palma, mais aujourd’hui la mer de nuages nous prive de ce panorama. C’est aussi pour cette raison que nous renonçons à grimper au sommet de la montagne de Samara et rallions directement le parking qui est à présent bien rempli.
Fin d’une magnifique randonnée dans un décor quasi lunaire que nous avons bien fait d’étendre jusqu’aux Cuevas Negras car c’est dans cette partie que nous avons trouvé les formations volcaniques les plus intéressantes. Nous avons mis 3 heures pour parcourir l’ensemble de la boucle de 8.5 kilomètres avec un dénivelé de 300 mètres.
Cette marche a fini par nous ouvrir l’appétit. Quelques kilomètres à l’est de Samara, l’aire récréative de Pinar Chío, installée dans une belle pinède, nous accueille à l’heure du déjeuner. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée. En ce dimanche midi, les locaux sont nombreux à pique-niquer et surtout à utiliser les installations de barbecue, de sorte qu’une brigade forestière veille au bon respect des lieux. Pour nous, le casse-croûte est vite avalé mais à son issue un café nous ferait bien plaisir.
Dans ce but, nous rejoignons la station balnéaire de Los Gigantes où nous constatons que les falaises qui font la réputation des lieux sont, comme leur nom l’indique… gigantesques, mais que les hôtels et résidences saisonnières qui ont poussé comme des champignons sont allés jusqu’à coloniser le pied des fameuses pentes.
Los Gigantes
En revanche, pas de problème pour trouver une glace et/ou un café. Ici il y a tout pour contenter le touriste ! Après avoir fait un petit tour entre restos, agences et boutiques, nous ne sommes pas mécontents de quitter les lieux pour retrouver le calme de notre petit hameau de pêcheurs sur la côte nord.