Compte-rendu fait par Hervé
J’ai fait quatre plongées durant notre séjour.
La première a eu lieu dans le nord de l’île à Saint-Pierre. Comme c’était aussi une plongée de réadaptation, je n’ai pas pris mon appareil-photo. Les deux images qui suivent sont extraites d’Internet.
Le lieu de plongée se trouve à hauteur de l’Anse Turin, légèrement au sud de Saint-Pierre. L’Amélie est un voilier trois mâts qui est arrivé dans la baie de Saint-Pierre fin avril 1902 en provenance de Marseille. Victime d’une voie d’eau le bateau a été remorqué jusqu’à l’Anse Turin pour y être réparé. Il a sans doute coulé à la suite de l’éruption de mai 1902 (raz-de-marée) et les nombreux cyclones ayant balayé la région depuis lors ont contribué à sa dislocation.
Eparpillée en plusieurs morceaux sur le sable gris, l’épave située entre 4 et 10 mètres de profondeur s’est transformée en un superbe récif baigné de lumière entièrement colonisé par des bouquets d’éponges habitées par des comatules noires et jaunes et investies par une myriade de poissons.
Plongée de 60 minutes à 8 mètres de profondeur avec le club « Apapa d’lo ».
La deuxième plongée a été faite dans le cadre de la sortie en catamaran sur le tombant entre la pointe Lézarde et la pointe Burgos près de Grande-Anse.
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Comatules sur éponges
La troisième et la quatrième plongée ont eu lieu près du rocher du Diamant avec le centre de plongée « Madiana Blue Plaisir » depuis le petit port de La Cherry. La plongée au Diamant est sans aucun doute le must de la plongée en Martinique, mises à part les grosses épaves de Saint Pierre dont le Roraima sur laquelle j’avais plongé en 1983 (une de mes plus profondes).
Notre première plongée devait nous faire traverser le tunnel mais un fort courant contraire ne nous a pas permis d’arriver jusqu’à l’entrée. Nous avons donc fait demi-tour au niveau de la sortie du tunnel, nous contentant de traverser quelques arches. Les couleurs sont ici éblouissantes sous les projecteurs et nous retrouvons toute la panoplie des habitants des Caraïbes . Immersion de 42 minutes à 21 mètres de profondeur.
La deuxième plongée du jour sur le plateau des tortues a tenu ses promesses. Les tortues sont régulièrement présentes sur le site. Habituées aux plongeurs, elles se laissent facilement approcher, indifférentes à notre présence. Profondeur 16 mètres, durée 60 minutes.
Gorgone pourpre
Serpentine
Sole des Caraïbes
Eponges géantes (en forme de vases ou de tonneaux)
Tortue et poisson coffre
Poisson porc-épic ou diodon
Eponge
Corail fossilisé (en forme d'étoile de mer)
Le plus étonnant, ce jour-là, a été l'observation d'un gorgonocéphale, un échinoderme qui se caractérise par un disque central d'où partent cinq bras divisés en quatre branches permettant à l'animal de, respectivement, s'accrocher, se déplacer et se nourrir. La nuit, pour se nourrir, il déploie ses bras pour créer un filet en forme de disque d'un mètre de diamètre. Le jour, il se niche dans les anfractuosités des récifs et des éponges géantes ou s'attache dans les gorgones et les coraux, replié sur lui-même pour former une boule compacte. C'est dans cette position que j'ai pu l'observer (voir ci-dessous).
Gorgonocéphale (roulé serré comme une pelote de ficelle)
Pour conclure, je dirais que les sites de plongée martiniquais sont restés relativement préservés et sont encore assez semblables à ce qu'ils étaient il y a quarante ans. Une bonne nouvelle finalement ! 😊