Nous n'évoquerons ici ni l'histoire des jardins au Japon, ni les grands jardins promenade de type seigneuriaux, mais ceux des maisons de marchands, prêtres et samouraï plus à notre échelle.
Le premier choix qui se posera à vous en fonction de votre espace disponible, souhaitez vous ou pouvez vous faire un jardin ouvert, clos ou en utilisant un fond de paysage naturel ?
Structurellement il existe deux visions, Kanshōniwa, le jardin de contemplation conçu pour être vu d'un seul endroit, Kaiyûshiki, le jardin de promenade disposé de manière à être contemplé lors d'un parcours qui le traverse, mais rien n'est si simple car le formalisme élitiste "shin" des origines laisse maintenant place à une créativité individuelle plus difficilement évaluable. Aucun jardin ne dispose par ailleurs que d'un seul point de vue, même ceux de temples où l'on peut déambuler le long de l'engawa, galerie couverte autour d'un bâtiment, le jardin promenade disposant lui même de points de vue statiques pour apprécier certains tableaux paysagers. La différence jouerait plutôt pour moi sur le fait qu'au tennis de table on joue autour de la table et au tennis sur la table. :)
Parmi les styles les plus actuels
Karesansui, littéralement "paysage sec" est indissociable du courant Zen, enseignement basé sur la recherche de la vacuité intérieure qui deviendra le pilier du bushido, la voie des guerriers à partir du XVIe siècle. Il est conçu pour être contemplé en position assise depuis un point de vue fixe.
Tsuboniwa, jardin de cour intérieure, archétype qui va se développer durant les époques Muromachi (1334-1568) et Momoyama (1568-1603), grâce à la classe des marchands devenue riche et puissante. Minuscule jardin entouré par 4 murs, il se trouve généralement au coeur des habitations ou des temples. Si l'on considère le jardin japonais comme une interprétation sublimée de la nature, il est la "substantifique moelle de la "sublimation de jardin".
Kaiyûshiki ou tsukiyama, paysage de montagnes et de rivières, représentatif de l'époque Edo (1603-1868) à adapter en format réduit. Jardin de plaisance par excellence, le caractère sacré des autres archétypes de jardin a ici complètement disparu, bien que l'on y retrouve tous les éléments constitutifs "classiques". Le terme le plus ancien est kasan 仮山 ou kasansui, se référant à une colline artificielle dans un jardin par opposition à un jardin plat, hiraniwa 平庭 avec un grand espace ouvert devant un temple ou un palais, souvent dans le style karesansui,
Chaniwa, le jardin de thé étroitement lié au chanoyu 茶の愉 (cérémonie du thé), rituel qui se développa à partir de l'époque Muromachi (1334-1568) et auquel il sert de cadre. Indépendamment des valeurs et de la philosophie de la vie qu'il véhicule il appelle à rester au plus proche de la nature. Il ne comporte pas les caractéristiques des autres jardins, ni graviers, ni montagnes, ni rivières, ni fleurs, ni fantaisies contemporaines, celui dont il se rapprocherait le plus serait un tsuboniwa de grande taille avec lequel il partage l'esprit du wabi-sabi, rusticité, simplicité et intemporalité, un instant suspendu...
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Senzai, car nous ne sommes pas des aristocrates, plutôt des chōnin, « citadins » aménageant chaque espace disponible d'une résidence avec de petits jardins de cour, tsubo-niwa ou naka-niwa, et des jardins un peu plus grands et plus retirés nommés senzai dont l'aménagement est largement hérité des jardins de thé : lanternes de pierre, bassin creusé dans une pierre, pierres de passage.
Tout cela semble simple à condition d'y apporter l'esprit qui en fera un lieu à mieux vivre.
Choisissez votre jardin ...
We will not discuss here the history of gardens in Japan, nor the large manorial-style promenade gardens, but those of merchants', priests' and samurai's houses, more on our scale.
The first choice that will arise for you depending on your available space, do you want or can you make an open garden, an enclosed garden or one using a natural landscape background?
Structurally there are two visions, Kanshōniwa, the contemplation garden designed to be seen from a single place, Kaiyûshiki, the promenade garden arranged in such a way as to be contemplated during a route that crosses it, but nothing is so simple because the elitist "shin" formalism of the origins now gives way to individual creativity that is more difficult to evaluate. Moreover, no garden has only one point of view, even those of temples where one can stroll along the engawa, a covered gallery around a building, the promenade garden itself having static points of view to appreciate certain landscape paintings. The difference would rather play for me on the fact that in table tennis we play around the table and in tennis on the table. :)
Among the most current styles
Karesansui, literally "dry landscape" is inseparable from the Zen movement, teaching based on the search for inner emptiness that will become the pillar of bushido, the way of warriors from the 16th century. It is designed to be contemplated in a seated position from a fixed point of view.
Tsuboniwa, interior courtyard garden, archetype that will develop during the Muromachi (1334-1568) and Momoyama (1568-1603) eras, thanks to the merchant class that became rich and powerful. Tiny garden surrounded by 4 walls, it is generally found in the heart of homes or temples. If we consider the Japanese garden as a sublimated interpretation of nature, it is the "substantial marrow of the "sublimation of garden".
Kaiyûshiki or tsukiyama, landscape of mountains and rivers, representative of the Edo period (1603-1868) to be adapted in a reduced format. Pleasure garden par excellence, the sacred character of the other garden archetypes has completely disappeared here, although we find all the "classical" constituent elements. The oldest term is kasan 仮山 or kasansui, referring to an artificial hill in a garden as opposed to a flat garden, hiraniwa 平庭 with a large open space in front of a temple or palace, often in the karesansui style,
Chaniwa, the tea garden closely linked to chanoyu 茶の愉 (tea ceremony), a ritual that developed from the Muromachi period (1334-1568) and to which it serves as a framework. Regardless of the values and philosophy of life that it conveys, it calls for staying as close as possible to nature. It does not have the characteristics of other gardens, no gravel, no mountains, no rivers, no flowers, no contemporary fantasies, the one it would come closest to would be a large tsuboniwa with which it shares the spirit of wabi-sabi, rusticity, simplicity and timelessness, a suspended moment...
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Senzai, because we are not aristocrats, but rather chōnin, "city dwellers" who arrange every available space in a residence with small courtyard gardens, tsubo niwa or naka niwa, and slightly larger and more secluded gardens called senzai whose layout is largely inherited from tea gardens: stone lanterns, a pond dug into a stone, passage stones.
All this seems simple provided you bring the spirit that will make it a better place to live.
Choose your garden ...