Nature : 1/21
C'est de ma mansarde en ce jour de fin d'été,
Que je te regarde ! Nature enchantée.
Astre aux matins mornes, rouge dans un ciel de feu !
Revoici l'automne, caresse mes yeux.
J'aime tes réveils quand la brume a déposé,
Ces larmes de ciel, perles de rosée.
Enfin ranimé le zéphyr d'un souffle doux,
Vient pour caresser tes feuillages roux.
Nue d'ouate grise gomme dans le ciel troublé,
La pâleur exquise d'une fin d'été.
Madame Nature de septembre s'est vêtue.
Sa douce parure apaise ma vue.
Nature : 2
Comment ne pas aimer l'immensité sacrée
La contemplation du splendide empyrée
Les nues d'ouate grise et d'argent, Hélios
Qui fabuleux brille traversant le cosmos
Les scintillations des hydres étoilées,
Les effluves du soir à tes ombres, mêlées.
La splendeur du linceul qui doucement s'étale
Dans la fraîche épaisseur d'un manteau hivernal.
Chaque instant est poème et s'offre au paysage
Le vent invisible nous en lit un passage,
La chanson doucement, monte, devient prière,
Pour qu'en refrain joyeux point la nature entière ;
Je reste là des heures, sans être lassé,
Sous la voûte céleste où volent mes pensées,
Pendant que l'horrible Satan, envieux, rêve.
L'infini absolu, d'exhalaison se lève.
Composé le : 31/12/2006
Nature : 3
Notre temps en couleurs est souvent magnifique,
Il faut un artisan, sa plume ou son pinceau,
Pour conserver bonheur, sur la toile, idyllique,
Ce qu'il transmet confiant de l'avoir trouvé beau.
Comme fit le céleste offrant à notre vue,
Rouges, ou dorures, criant la joie du ciel,
Il faut que par un geste un artiste ait rendue,
L'âme que la Nature livrait au soleil.
Alors celui qui voit ou celui qui écoute,
Ce qu'un Maître en son temps a pris de l'Empyrée,
Touche un peu à la foi, qui le trouble, sans doute,
Sur les couleurs du temps, notre terre esquissée.
Nature : 4
Chaque année c'est pareil
À l'arrière-saison
L'automne m'émerveille
Par ses tons,
Et l'été qu'il détrône
Grâce au rouge éclatant
Laisse place à la pomme
Du gourmand.
Quand l'été se retire
Au profit des grands vents
Moi je reprend ma lyre
Et chantant,
Ma plume écrit l'automne,
Rayonnant de silence,
Mon rêve s'abandonne...
Récompense !
Nature : 5
Quand la plante s'adonne au repos de la sève,
Que l'automne écarlate offre ses roux joyeux
Si tremble mon feuillet sous le vent de mon rêve
Mon âme est en balade entre la terre et Dieu.
Les brumes matinales œuvrent des crépuscules,
Le sol est gorgé d'eau et l'hirondelle a fuit.
Nombreuses les senteurs de nos bois s'articulent
Je hume champignons et pommes sous la pluie.
Les feuilles grâce aux vents font des chemins dorés,
Dans la cacophonie de la Nature en larme,
Les frimas de l'hiver pointent bientôt leur nez,
Hérissons et Hiboux dorment loin du vacarme.
Nature : 6
Il faut à mon cœur lourd de peine et de remord
Une saison bonheur où je puisse flâner
Dans l'ombre de nos bois dont aucun bruit ne sort
Je m'enfonce et me noie pour aller méditer
Les grands chênes seigneurs de la haute futaie
Ont à peine entrevu l'insoupçonné quidam.
Je me fraie un chemin aux pieds de la chênaie
En ex habitué des voies en macadam.
Là, loin de vos tumultes et loin de tous vos cris
J’aperçois l'écureuil engrangeant pour l'hiver
Tous les fruits. En adulte grave et réfléchi
Il connait son besoin et le comble en expert.
Je suis là en modeste, sans être lassé,
Moi, le calme rêveur à vos pieds de géant,
Sous la voûte céleste où volent mes pensées,
Plus près du créateur qui vous fit triomphant.
Composé le : 21/09/2013
Nature : 7
Aède, mon ami, voici venir l'automne
N'as-tu donc jamais dit un hymne à sa beauté ?
Quand la senteur du soir lentement abandonne
Les vapeurs encensoirs des parfums de l'été.
Ou fui, en hirondelle, vers des contrées lointaines,
Ayant confié tes ailes aux caprices du vent,
Pour voler jusqu'au seuil des rives incertaines,
Des rêves dont toi seul connait l'enchantement.
Dans ton rêve éthéré, Elle est ta cicérone :
Ô Nature qui vêt ses flamboyants atours,
Comme pour apporter à l'âme qui frissonne
Toute la volupté et le feu de l'amour.
Aède, mon ami, voici venir l'automne
Tu viens de composer une ode à sa beauté ?
Dans la senteur du soir lentement tu t'adonne
A mettre en ton Grimoire un péan ciselé.
Nature : 8
Mon pèlerinage,
Entraîne mes escarpins
Dans notre bocage
Aux couleurs jardins
La pâleur exquise,
Grâce aux nues d'ouate éparse,
Que Râ nous baptise,
Aux couleurs de mars,
Fait dire à mes vers,
Que la Nature se réveille,
Faisant fuir l'hiver,
Aux couleurs de gel.
La saison douceur,
Fait éclore au fil du temps,
Des millions de fleurs,
Aux couleurs printemps.
Enfin réveillée,
Dame Nature engourdie,
Offre ses attraits,
Aux couleurs de suies.
J'aime la douceur,
De la Nature qui répond,
Changeant son humeur,
Aux couleurs saison.
Disparaît l'hiver,
Au profit de la Nature
Palette éphémère
Aux mille peintures
Mon pèlerinage,
Fait poser mes escarpins
Dans notre bocage
Aux couleurs jardins
Composé le : 19 mars 2006
Nature : 9
Avril, avril mon cœur chancelle...
Quand le printemps enfin m'appelle,
Afin qu'en spectateur
J'assiste, ô ! Bonheur,
Grâce au soleil
Couleur de miel
A ton si doux réveil.
Que l’on soit bienséant
Au bord de l'océan,
En haut d'une montagne,
Au cœur d'une campagne,
Ou bien sur un sentier,
Méandre forestier,
Ou bien encore au pied
Du terril délaissé,
Noir et abandonné.
Tous les rameaux des arbres
Étaient comme de marbre.
Mais l'aube s'éveillant,
Sur l'horizon dansant,
Quand la saison d'hiver
A dégelé nos terres,
Afin qu'on oublia
Les rigueurs des grands froids,
La neige et le verglas.
Saison d'Avril que tu es belle...
En ce matin soleil,
Juste après mon réveil,
J'ai ouvert la croisée
Donnant au jardinet,
À l'appel des chansons
Des petits compagnons
Qui nous viennent du ciel.
Ne piaillant pas de peur,
Ils sifflaient de bonheur,
Car l'horizon en feu
Nous envoyait joyeux,
L'effluve printanière
De fleurs ombellifères,
Et les versets rieurs
Calligraphiés bonheur,
De ta belle écriture,
Nature !
Montrant tes beaux atours,
En bourgeons de velours.
Et quand vous volerez
Tous à midi sonné,
Sous cette symphonie,
Merveilleuse harmonie…
Ma plume de poète
Ira dans l'air de fête,
Au détour d'un nuage,
Attendre l'hirondelle
Venant à tire d'ailes,
Pour aussi nous chanter
La musique beauté,
Qui égaie le printemps.
Avril, avril tu nous appelles...
Et ma plume riante
Aux couleurs renaissantes…
Dans la cacophonie
De ta photogénie,
Avril c'est vrai...
Mon Dieu ! Comme tu me plais !
Composé le : 01 avril 2015
Nature : 10
Entre le golfe de Gascogne
Jusqu'à la Méditerranée
Elles me troublent, Pyrénées
Havre de la paix bûcheronne !
Les Gorges de Kakuetta
Pic d’Annie, Col de Roncevaux
Col de Puymorens, l'Aneto
Comme la Vallée d'Ordesa
Et cette Vallée de Lesponne,
Voluptueuse et abritée
Sa force et sa douceur mêlée
Vibrent dans le vent qui résonne
Pyrénées vos tours fiévreuses
Offrent à mes yeux des clartés
Où j'ai vu blanchir tant d'étés
Aux vastes vallées pierreuses
Vos montagnes si dentelées
Mes Pyrénées Orientales,
Ou bien mes Pyrénées Centrales,
Ou Atlantiques si bercées,
Je saurai toujours les aimer.
Composé le : 14 Août 2010
Nature : 11
Il pleut à gadoue faire
Dans mon petit jardin
Le merle au nid s'affaire
Ça mouille d'un crachin.
Dénudé par Éole
Mon pauvre cerisier
Dans la brise trop folle
Semble se lamenter
L'automne au soir mouillé
Coule du toit brillant
En pluie ensommeillée
Sur mon rêve naissant
La terre est embrouillée
Par le fumet passant
Du brouillard exhumé
Par mon esprit dormant
Demain je verrai mieux
Les traces que la pluie
Sur mon chez-moi heureux
Déposera la nuit.
Nature : 12
Il me reste une fleur au sein de mon jardin,
Qui garde sa couleur malgré le froid malsain.
Elle verra l'hiver mais le vent et le gel,
Ne pourront rien défaire à l'éclat éternel.
Il me reste une fleur tout près de ma tonnelle,
Qui garde sa douceur dans la froidure annuelle.
Les autres sont fanées mais elle comme femme,
Rien ne peut ébranler la force de son âme.
Il me reste une fleur, ma rose de Noël,
Qui garde dans mon cœur un attrait passionnel,
Car son aspect fragile, à robe de velours,
Cache un indestructible icône de l'amour.
Nature : 13
Le Muguet n'est pas en avance
Alors je vais l'aider un peu
Pour embaumer le pays France
C'est vrai qu'on a pas trouvé mieux
Ainsi la fleur que l'on préfère
Pour habiller le mois de mai
Fera partie des quelques vers
Que pour vous j'aurais composé
Toutes les années sont les mêmes
Les fêtes ont les fête à leur jour
Mais quand le soleil fait bohème
Refusant au temps son atour
Le Muguet n'est pas de la fête
Les plantes sont toutes en sommeil
Mais où sont passées les clochettes
Qui font des premiers mai soleil
Chante printemps à ma fenêtre
Va réveiller à travers champs
L'herbe folle et la pâquerette
L'insecte et l'oisillon tremblant
Écoute moi Dame Nature
Le joli mois de mai est là
Notre envie de villégiature
Naît au muguet quand il est là
Nature : 14
Aux réveils de brume dans les matins pluvieux
Les sous-bois se parent de graciles clochettes
J'attends le cœur patient que vienne la cueillette
Qui offre au premier mai le moment d'être heureux
À l'orée de la sylve en urbain curieux
Venant chercher au bois la timide fleurette
J'aperçois en chênaie les têtes guillerettes
Toutes habillées de blanc sur un tapis herbeux
Émerveillé d'abord par le jardin nature
Et tous ces petits pieds d'improbable culture
Je pose mon panier avide à le remplir
Je saisis le muguet dont le parfum s'exhale
En pensant simplement à qui faire plaisir
Afin de lui offrir l'hédonisme nasale
Nature : 15
(les mots s'envolent)
Sur les ailes d’Éole une parole vole,
Au dessus de la plaine ma vieille rengaine.
Les mots du vent du Sud aux accents bleus et rudes,
Effaceront demain mes orages lointains.
Sur les ailes au zéphyr mes paroles délirent,
Tissant de mon passé des toiles d’araignées.
Les mots du vent de l’Est aux souvenirs funestes,
Me font froid dans le dos et me brûlent la peau.
Sur les ailes au blizzard mes paroles bizarres,
Soufflent sur tous les monts où vivent mes démons.
Les mots du vent de l'Ouest agressifs, indigestes,
Impriment mon présent et me glacent le sang.
Sur les ailes du vent mes paroles ont le temps,
Errant sur les terres chargées de mes colères.
Les mots du vent du Nord gonflés de mes remords,
Me crient des jours amers en me parlant d' hier.
Nature : 16
Au matin, l'aube au ciel se pleure.
La Mère Nature endormie,
Donne grisaille à toute vie,
Ma larme coule dans mon cœur.
L'automne cherche après l'hiver,
Les feuilles mortes sont souillées,
C'est plein de boue dans les allées,
La rousseur aime bien l'enfer.
Au rythme ou l'on tue notre monde,
Que restera-t-il pour demain ?
Un champ de ruines pour humain
Sur une terre moribonde ?
Nature : 17
Mon cœur devient amer à voir où va le monde.
À Satan qui se venge et vomit ses entrailles
Ou, pour jeter sa fange, en mer ouvre une faille.
- "Fout la paix à ma terre à demi moribonde !"
Mon cœur devient chagrin à regarder l'humain.
Au Seigneur qui se sert ignorant l'indigent
Ou, fait naître un désert au nom de son argent
- "Laisse à ceux qui ont faim ils n'ont plus de demain !"
Mon cœur comme une offrande au regard du poète
Veut bien y croire encore, la nature est trop belle.
Elle nous tend sa flore et nous lance un appel
Écoutez sa demande, aimez notre planète
Mon cœur pense à l'enfant qui aujourd'hui va naître
À la mère éblouie par la chair de sa chair
Qui prend son tout petit au premier souffle d'air
Est-ce donc un néant qu'il lui faudra connaître ?
Nature : 18
Dans la fraîche épaisseur d'un manteau hivernal
Cette nuit de janvier adoucit sa noirceur.
Grâce au linceul de neige qui sans bruit s'étale
Il couvre peu à peu le monde et sa laideur.
Plus rien n'ose bouger ; la nature endormie,
Le vent ; même le vent a cessé de gémir.
La transformation du monde qui blanchit
A aussi maîtrisé le souffle du zéphyr.
Seul cet azur d'hiver semble encore éveillé
Pleurant son blanc duvet de ses larmes de froid.
Un ange issu du ciel est venu se poser
Recouvrant de ses ailes nos traces de pas.
Et dans le matin calme, alors que tout s'éveille
L'horizon embrasé allume un cierge d'or
Sur chaque plume d'albe à l'ange qui sommeille.
Chut !... L'homme est endormi, la nature, œuvre encore !...
Nature : 19
Le printemps qui tarde à naître
L'hiver qui n'en finit pas
Je regarde à la fenêtre
Il fait froid
Les oiseaux viennent quand même
Picorer les quelques grains
Lancés dans le matin blême
Ils ont faim
Si vous aimez la Nature
Qu'une fleur vous fait souffrir
Car elle est dans la froidure
En martyre
Vous ne pourrez que prier
Que la douce saison vienne
Pour enfin tout enchanter
Souveraine
Printemps vient, chasse l'hiver
Délivre-nous ta chaleur
Les arbres seront concert
De siffleurs
Apparaîtront violettes,
Fleuriront les primevères
Les crocus seront en fête
Pour dire adieu à l'hiver
Nature : 20
Ma plume d'écrivain est sèche et déprimée,
La pluie de mon nuage abonde en encre grise,
La peine et le dégoût emplissent l'encrier,
La consternation aujourd'hui est de mise.
Mes mots sont maux,
J'écris mes cris !
Sur le mont de richesse auquel je n'ai pas droit,
Sur ce que jette l'homme ignorant la misère,
Sur ces enfants qui naissent où il ne faudrait pas,
Sur ces pays trop riches où l'air est aurifère,
Mes mots sont maux.
J'écris mes cris !
Sous la fange des restes vivent des enfants.
Sous l'amertume liesse ils apprennent nos vies.
Sous nos rêves de fou ils existent pourtant,
Sous quel ciel implorent-ils une simple oasis ?
Mes mots sont maux,
J'écris mes cris !
Les astres nous contemplent et la voûte céleste,
Les lumières de nos nuits ne les effacent pas.
Les humains penseront d'autre projets funestes
Les idées des enfants feront taire leur glas.
Mes mots sont maux,
J'écris mes cris !
Sans la foi du croyant l'avenir est bien plat,
Sans hier aujourd'hui demain va et se meurt.
Sans amour à l'enfant on est sans postulat,
Sans l'âme de l'aède un monde est sans chaleur.
Mes mots sont maux,
J'écris mes cris !
Ma plume d'écrivain est sèche et déprimée,
La pluie de mon nuage abonde en encre grise,
La peine et le dégoût emplissent l'encrier,
La consternation, aujourd'hui, est de mise.
Mes mots sont maux !
J'écris mes cris...
Nature : 21
Un arbre m'a sourit... Si, si, je vous l'assure !
Je ne l'avais pas dit ? J'étais dans sa ramure.
A l'orée de la sylve à l'heure où survient l'aube,
La plante admirative examinait sa robe.
Ses branches affligées caressaient mollement
Son écorce abîmée par nos mots l'incrustant.
Alors j'ai décidé de mon rameau perchoir
Qu'il fallait empêcher cet affreux désespoir.
Aussitôt j'ai sauté ! Mon Dieu que j'étais haut.
Quand je fus à ses pieds, il eut comme un sursaut.
Ce géant des forêts, dont la tête est au ciel
Me parla du regret de n'être pas charnel.
Mais quand il entendit mon éloge à ses bois,
Il eut un petit cri... Il ne comprenait pas.
Comment l'humain pouvait alors qu'il le chérit,
Lui faire de telles plaies au nom de son écrit.
Quand j'ai juré d'écrire afin de mieux l'aider
Un poème pour dire à l'homme d'arrêter
De prendre son habit pour la pyrogravure
Ce titan m'a sourit... Si, si, je vous l'assure !
Écrit le : 04/09/2011