Au fil de ma vie, de Mohamed-Salah Mzali, édité par Elyès Jouini, est disponible sur www.ceresbookshop.com
Mohamed-Salah Mzali écrit dans ses mémoires : « De race berbère et d'origine marocaine, ma famille est venue de l'Oued Souss, berceau des Aït Mzal. Elle a fait souche à Monastir deux siècles avant que mon père y naquît en 1870. »
La lignée monastirienne de la famille Mzali est attestée et documentée depuis le milieu du 17ème siècle jusqu’à nos jours avec, comme aïeul, le cheikh Mohamed « Chekir » Mzali, surnommé ainsi en raison de son teint et de ses cheveux clairs. Dès cette époque la famille est connue pour être une famille de lettrés. Il est né aux alentours de 1670 soit 100 après la fin de la dynastie Hafside.
C’est une période de guerre civile entre les fils de Mourad II bey, marquée notamment par l'intervention du dey d'Alger et de sa milice et par la révolte de tribus du nord-ouest du territoire. Le cheikh Mohamed « Chekir » Mzali connait ainsi la fin du règne de Mourad III et de la dynastie des Mouradites, en 1702, avec le coup d'État d'Ibrahim Cherif, agha de la milice turque, qui avec l'accord d'Istanbul, assassine le bey ainsi que tous les princes survivants de la dynastie. Il voit également l'arrivée au pouvoir d'Hussein Ier bey, fondateur de la dynastie Husseinite et né en 1675 c’est-à-dire, à peu d’années près, comme le cheikh Mohamed « Chekir » Mzali.
Mohamed-Salah Sayadi écrit dans Monastir, essai d'histoire sociale du XIXe siècle (1979, imprimerie La Presse, Tunis, réédité en 2017, Berg Éditions, Tunis) : « la famille Mzali a donné beaucoup de muftis, de notaires, de caïds… ».
Parmi les petits enfants du cheikh Mohamed « Chekir », on compte son homonyme le cheikh mufti abou Abdallah Mohamed Mzali el-Monastiri (dit al-thani, le deuxième du nom) mentionné par Ibn Abi Dhiaf qui mentionnera, tour à tour, la famille Mzali comme l’une des familles de notables (a’yen) de Monastir et comme l’une des familles nobles (nebiha) de Monastir.
L’un des fils du cheikh mufti Mohamed Mzali, le cheikh Mohamed Mzali, notaire comme l'était déjà son père, a émigré vers la Mecque où il a fait souche et est décédé en 1841. Surnommé el Alem – le savant – ce surnom a est devenu le nom de famille de cette branche séoudienne.
Les deux fils, Mahmoud et Haj Mhamed, du frère du cheikh mufti, Talha Mzali, sont notaires comme leur oncle. Un autre petit-fils du patriarche, cousin du cheikh mufti, était le Haj Hamouda Badr Mzali. Il était notaire à Monastir. De même que sont notaires ses deux fils Mohamed et Salah. Le premier est l'arrière-grand-père de Mohamed-Salah Mzali.
Plusieurs membres de ces toutes premières générations sont enterrés – preuve supplémentaire de notabilité et d’honorabilité – dans les zaouias les plus importantes de Monastir (Sidi Jendoubi, Sidi Mezri, Sidi Abdesselem Lahmar, etc.)
La notabilité de la famille Mzali sera perpétuée sur plusieurs générations. Ainsi, non seulement les deux fils de Haj Hamouda Badr, Mohamed et Salah Mzali, sont tous les deux notaires mais ses deux petits-fils, respectivement fils de Mohamed et de Salah, sont également notaires. Chacun de ces derniers a également un fils notaire, l’un d’entre eux, Mohamed Mzali est le père de Mohamed-Salah Mzali, lui-même notaire.
Par sa mère, Mohamed-Salah Mzali est le petit-fils de Mohamed Sakka, à l'origine de l'une des plus importantes familles caïdales monastiriennes. Mohamed-Salah Mzali a épousé sa cousine, Nejia Sakka également petite-fille de Mohamed-Sakka. L'une des soeurs de Mohamed-Salah Mzali, Saïda Mzali a, pour sa part, épousé Naceur Sakka, frère de Nejia.
Parmi les autres cousins germains de Mohamed-Salah Mzali, citons
Mohamed el Abed Mzali dont le père, Mahmoud Mzali (1876-1910) également notaire, professeur à la zaouïa de Sidi Dhouib et mufti de Monastir, était un cousin éloigné de Mohamed-Salah Mzali mais dont la mère, Emna Mzali (1878-1935), était la tante paternelle de Mohamed-Salah Mzali. Mohamed el Abed Mzali est un intellectuel, écrivain tant en langue arabe que française qui fut, en 1935, le deuxième tunisien et le troisième musulman, agrégé de langue, littérature et civilisation arabe. Il est à noter que Mohamed-Salah et Mohamed el Abed étaient également beaux-frères car Nejia Mzali, sœur du second, était mariée à Hamouda Mzali, frère du premier,
Ahmed Sakka, à l’avant-garde du mouvement nationaliste, diplômé de l’école des sciences politiques, premier docteur en droit tunisien musulman, dont la thèse soutenue avec mention très bien et portant sur « la souveraineté dans le droit public musulman sunnite » a été publiée en 1917. Ahmed Sakka fut, de manière certaine, l’un des contributeurs majeurs si ce n’est l’auteur de La Tunisie Martyre publié anonymement en français, à Paris, en 1920, et attribué à Abdelaziz Thaalbi. Mohamed-Salah Mzali et Ahmed Sakka étaient également doublement beaux-frères car Ahmed est le frère de Nejia et de Naceur Sakka.
Ali Sakka, l’un des pionniers de la médecine moderne en Tunisie. Il a soutenu sa thèse en 1918 et est le deuxième tunisien musulman à soutenir une thèse en médecine à la faculté de Paris. Professeur de médecine, Ali Sakka, a notamment dirigé le service des tuberculeux de l’hôpital franco-musulman de Bobigny.
D'autres figures de la famille Mzali et de la famille Sakka sont évoqués sur ce site.