Mohamed Sakka est né le 15 romdhane 1245 (1829) à Monastir. Il est le grand-père maternel de Mohamed-Salah Mzali et le grand-père paternel de son épouse, Neigia Sakka. Il est le père des caïds Hassen et Mohamed-Salah Sakka.
Il a poursuivi ses études à l’école coranique puis à la Grande mosquée de Monastir de 1835 à 1844. Il s’engage volontairement dans l’armée beylicale en 1844 dans le 3e régiment d’infanterie basé à Monastir et est, successivement, sergent fourrier (baloukamin) en 1846, adjudant (soula-kalaghsi) en 1852, lieutenant (moulazem) en 1853, capitaine affecté à l’état-major du général de brigade (zouzbashi) en 1854.
En 1856, il part à Constantinople avec le général Osman pour prendre part à la guerre de Crimée. Il fut désigné pour porter au bey de Tunis un firman du Sultan lui annonçant les conclusions du traité de paix. Il retourna trois jours après à Constantinople où il reçut la médaille militaire et la rosette du Medjidié.
A son retour à Monastir, il est secrétaire-comptable de l’artillerie du fort de Monastir en 1860, notaire de la Djemaïa à Monastir en 1864. En 1869, il est désigné – avec le général Selim – pour faire une étude sur la situation économique de la Régence. En 1872, il est notaire pouvant exercer dans toute la régence, trésorier comptable à Monastir en 1873. Il est khalifa de Monastir en 1885 et commandant (bimbachi). Il est de 1886 à sa mort, caïd de Monastir et président de la commission municipale de Monastir dès sa création en 1887.
C'est avec lui que la famille Sakka entre dans le makhzen. Après lui, ses deux fils, Mohamed-Salah et Hassen, seront caïds. Parmi ses petits-enfants, Taïeb et Aziz Sakka seront également caïds et Naceur Sakka, sera kahia de Monastir. Sa fille Mannana épousera le caïd Mohamed Mzali et est la mère des caïds M'hamed et Mohamed-Salah Mzali, ce dernier deviendra ensuite ministre puis Grand Vizir-Président du Conseil. Hachmi, fils de M'hamed Mzali, sera khalifa, Réchid, fils de Mohamed-Salah Mzali, sera caïd et son frère Bechir, kahia.
Il est Commandeur du Nichan Iftikhar et Officier de l’Ordre impérial du Medjidié (Ottoman).
Il est décédé le 21 juin 1897 à Monastir.
Sources : Paul Lambert, Choses et gens de Tunisie, Dictionnaire illustré de la Tunisie, Saliba, Tunis, 1912, voir également Chater Khalifa, 1993, Les élites du pouvoir et de l'argent : le cas de la Tunisie aux XIXe-XXe siècles, in Cahiers de la Méditerranée, n°46-47.