Nous savons tous que le bois est inflammable. Mais contre toute attente, dans un incendie, une grosse poutre de bois cédera moins rapidement qu'une poutre métallique de même résistance mécanique ! Ce phénomène surprenant est un exemple de la différence qu'il existe entre la réaction au feu et la résistance au feu.
La réaction au feu est le comportement d’un matériau ou d’un composant de construction face au feu. Ce matériaux brule-t-il ? Quelle est sa contribution au feu ? Il existe 2 classements pour juger le comportement d'un matériau face au feu, le classement Français "M" et le classement Européen "Euroclasse". Un test en laboratoire accrédité, permet d'obtenir pour un produit son certificat de classement de la réaction au feu.
La résistance au feu est la capacité d’un produit ou composant de construction à continuer de jouer le rôle qui lui est initialement destiné malgré l’incendie, le temps que l’on puisse évacuer les occupants. Combien de temps cette poutre va-t-elle résisté avant de céder ? Il existe 2 classements pour juger de la résistance au feu d'un produit, le classement Français "SF-PF-CF" progressivement remplacé par le classement Européen "REI".
En matière de sécurité incendie, le bois massif est trop inflammable. Afin de limiter cette ignition, le menuisier pourra utiliser des bois qui auront reçus un traitement de produits ignifuges.
Le classement « M » est franco-français et il est encore en vigueur pour qualifier certains produits comme le mobilier ou les revêtements intérieurs par exemple.
Il qualifie un matériau, indépendamment de la manière dont il est mis en œuvre.
La méthode d’essai consiste à exposer un petit échantillon de matériau à une très forte chaleur (épiradiateur) et à décrire l’inflammation.
M0 : Incombustible
M1 : non inflammable
M2 : difficilement inflammable
M3 : Moyennement inflammable
M4 : facilement inflammable
Tous les composants soumis au marquage CE réglementaire doivent utiliser le classement dit « EUROCLASSES » ci-dessous.
Il qualifie les performances d’un produit dans un système constructif donné. Il prend donc en considération la forme du produit et sa mise en œuvre.
La méthode d’essai appellée SBI (Single Burning Item), consiste à exposer une maquette de grande taille du produit mis en situation dans une enceinte fermée où la combustion est analysée par des capteurs et le résultat calculé par un logiciel.
Le classement d’un produit se note par exemple : D - s2, d0
Production de fumée "s" de smoke
Production de gouttelettes "d" de drop
Lorsqu’il n’est pas possible de faire autrement car le règlement en vigueur fait encore référence au classement français, on utilise le tableau ci-après qui fixe les indicaitons d’équivalence entre classement « M » et « euroclasses ».
Attention, ce tableau ne se lit que dans un seul sens, vers la droite.
Exemple : Un produit qui déclare une performance A2-s1, d0 selon NF EN 13501 sera considéré comme M1 mais l’inverse n’est pas exact.
Le classement de résistance « R-E-I » est européen, il remplace progressivement le classement franco-français « SF-PF-CF ».
Classement R pour résistance mécanique (anciennement SF, stabilité au feu) : durée pendant laquelle l'ouvrage conserve ses capacités de portance.
Classement E pour étanche (anciennement PF, Pare-Flamme) : durée pendant laquelle l'élément de construction reste étanche aux flammes et aux gaz inflammables, afin d’éviter leurs propagations.
Classement I pour isolation (anciennement CF, Coupe-Feu) : durée pendant laquelle l’élément de construction permet de limiter à 140°C (en moyenne) et 180°C (au maximum), l'élévation de température de la surface non exposée au feu.
Les durées de performance exigées vont de 15 à 360 minutes selon la nature et l’emplacement du composant de construction et le type de bâtiment.
Dans les établissements recevant du public (ERP), la réglementation bâtiment oblige la pose de revêtements limitant la propagation du feu.
La règle DCB est la plus courante :
• Sols : classe D
• Parois verticales : classe C
• Plafonds continus : classe B (25% sont tolérés en D)
C'est un problème car aucun bois massif ne peut atteindre certaines de ces exigences !
Pour satisfaire le législateur, le bois devra recevoir un traitement ignifuge, ces ignifugeants, qui intègrent des retardateurs de flammes, permettant au bois de passer de la classe de réaction "D" (M4, M3) à la classe "C" ou "B" (M2 ou M1). Ces ignifugeants peuvent se trouver dans le commerce sous forme de liquide ou de cristaux. Pour ignifuger les matériaux bois, il existe 3 méthodes d'ignifugation :
Traitements d'imprégnation de produits liquides contenants des phosphates à chaine courte (mono et diphosphate). Appliqués par badigeon, aspersion, trempage ou autoclave.
Traitements par incorporation de sels ignifugeants lors de la fabrication du panneau. Le fabricant ajoutera un colorant rouge afin de faire la différence avec les autres types de panneaux. Pour des raisons d'esthétique, seuls certains panneaux sont teintés.
Traitements de surface avec un vernis ou une peinture intumescente lorsque les deux autres solutions ne sont pas possibles. Cette peinture ou ce vernis chargé en polyphosphates d'ammonium va, lors d'un incendie, gonfler en formant une meringue noire protectrice. Système Comus
Pour répondre aux règles de la protection incendie Française, le menuisier devra concevoir et fabriquer des menuiseries adaptées. Voici un exemple pour une porte d'entrée :
Bruler la surface du bois permet de modifier les caractéristiques du bois en le rendant plus résistant au feu mais aussi plus résistant aux insectes xylophages et aux champignons lignivores. C'est en s'inspirant de cette technique que le bois THT a été inventé.
Le brulage modifie aussi fortement l'esthétique du bois ce qui permet d'obtenir un bois plus ou moins noir avec des textures plus ou moins profondes.