Ce matin-là, cap vers le port de Vieux-Bourg de Morne-à-l’Eau, sur la côte occidentale de Grande-Terre. C’est là que débute notre randonnée, surnommée également « Trace de la Case aux Lamantins ». En effet, ce nom provient de l’abondance jadis de lamantins dans la baie du Grand Cul-de-Sac Marin. Mammifère marin emblématique de la mer des Caraïbes, la vache de mer a malheureusement complètement disparu de Guadeloupe (et de Martinique) au début du XXe siècle. En 2016, le parc national de Guadeloupe a tenté la réintroduction de deux individus venus de Singapour. Malheureusement, l’un est mort et l’autre est tombé malade puis a été recueilli par le parc zoologique de Paris. Le projet a ensuite été mis entre parenthèses.
Revenons-en à notre balade. Une fois les petites ruelles du bourg dépassées, nous pénétrons dans la forêt littorale. Le sentier serpente entre mangrove et prairie humide. Ici le rivage est le territoire favori du palétuvier rouge, reconnaissable à ses racines aériennes.
Plus loin, c’est le royaume des épiphytes et au sol, c’est un festival de crabes qui se précipitent dans leurs terriers à notre approche.
L’humidité ambiante est propice au développement de champignons.
Par endroits, un platelage en bois laisse un peu de répit à nos chaussures qui, en dehors de cette installation, s’enfoncent allègrement dans la boue.
Après la forêt, changement de décor en traversant un pâturage où cette charrette à bras témoigne de l’activité agricole du bourg. Peut-être sert-elle à la récolte des mangues ? En tout cas, les fruits garnissent à profusion les trois gros manguiers plantés au milieu de la clairière.
Sans transition, on atteint la mer… d’huile à cet endroit. A l’horizon, on distingue les îlets Macou et Fajou. Encore plus loin, les contours du nord de la Basse-Terre, légèrement dans les nuages et devant nous l’étendue du Grand Cul-de-Sac Marin. Nous sommes arrivés à la plage Babin.
Alors pourquoi « plage verte » ? Parce qu’ici il n’y a pas de sable en bord de plage, l’herbe arrive directement dans l’eau et produit une vase, riche en limons, que les utilisateurs disent efficaces contre les rhumatismes et les maladies de la peau. En ce dimanche matin, quelques locaux et touristes profitent déjà de ses vertus, malgré une petite averse.
Quant à nous, nous avons déjà une autre plage en ligne de mire : celle du Souffleur à Port-Louis, notre préférée en Guadeloupe, idyllique dans nos souvenirs ! Pour faire au plus vite et nous épargner la boue sur le sentier du retour, nous revenons au port de Vieux-Bourg par les petites routes de campagne très prisées, ce dimanche, par les groupes de cyclistes.
Puis direction Port-Louis où nous ne comptons faire qu’un bref arrêt sur la plage, car il risque d’y avoir du monde un dimanche.
Nous arrivons sur la plage du Souffleur sur les coups de 11 heures et là, c’est le choc ! L’aménagement de la baie a subi un changement radical. Auparavant, c’était une plage 100 % nature où seuls quelques lolos préparaient des en-cas sans prétention ou quelques doudous des glaces coco. Aujourd’hui, les loueurs de scooters de mer, les bars-restaurants, les traiteurs ont colonisé plage et arrière-plage.
En outre, en ce jour du seigneur, un évangéliste, muni d’un haut-parleur, a décidé de pourrir l’ambiance en haranguant la foule des baigneurs pendant presqu’une heure.
Heureusement, la baie est toujours aussi belle, les eaux toujours aussi transparentes et le sable toujours aussi doux. Nous décidons de faire abstraction du reste pour prendre un très agréable bain avant de retrouver notre « refuge » sur la Côte-sous-le-Vent.
En dehors de la Basse-Terre et de la Grande-Terre, l'archipel de la Guadeloupe compte également : Marie Galante, La Désirade et Les Saintes. Nous n'étions pas retournés aux Saintes depuis 1987. Alors, cette année, c'est l'occasion !