Arrivée à l’aéroport de Tbilisi en une belle fin d’après-midi. La Géorgie est couleur jaune paille tant le soleil a séché la végétation. Nous remontons les vélos dans l’aéroport, sous les yeux amusés des voyageurs et d’un employé de l’aéroport qui nous taille une bavette. Remontage pénible avec un gros mal de crâne. Pierrot en profite pour supprimer son porte bidon, le fourbe ! Départ de l’aéroport par une chaleur torride et un soleil cuisant bien qu’en fin de journée. L’itinéraire altenratif semble très aléaoire, donc direction l’autoroute, vers Tbilsi en vélo ! 15 kms en légère descente nous assure de rouler à environ 35 km/h, rendant le differentiel de vitesse acceptable. C’est de toute manière limité à 80km/h. Pierrot adore, je jubile. Des coups de klaxons des géorgiens nous acceuillent amicalement. Des gyrophares dans le rétro, la police, c’est pour notre pomme nous pensons, la voiture nous dépasse doucement, non, fausse alerte. La nuit tombe, il est temps de mettre une lumière à l’arrière des vélos. Pierrot a oublié la sienne, tant pis il a au moins un magnifique gilet jaune. Nous arrivons dans le centre de Tbilisi, mon plan n’est pas assez détaillé, nos téléphones ne fonctionnent pas, aucun moyen de joindre la belle Tamara, qui nous hébergera les premiers jours. Arrivée à la place de la république, impossible de trouver Tamara, et l’heure est relativemen tardive. La panoplie Hitech de Pierrot nous permet fianlement de joindre Tamara quelques centaines de mêtres plus loin, attendant depuis 2 heures ! Désolé ! Elle nous indique son adresse quelques kilomêtres plus loin et veut mettre nos vélos dans un taxi. Mission impossible néanmoins, on repart avec nos vélos et traversons un carrefour surchargé de traffic. Pierrot manque de se faire tailler un short et est de plus en plus à cran, la chaleur et le traffic sont en effet un peu stressant. Arrivée chez Tamara, un immeuble à la cage d’escalier un peu austère. La table est dressée, haricots géorgiens, salade de tomates et tchutchrela (sorte de pâte sucrée allongée cahoutchouteuse avec des fruits secs) sont excellents. Sa mêre nous avait préparé ce festin ! Adorable, mais difficile d’échanger, nous ne parlons pas géorgien !
Remontage dans l'aéroport
Tbilisi, vieille ville
Après une bonne nuit réparatrice après la quasi nuit blanche de la veille, nous partons faire la visite de la ville en compagnie de Tamara. Tbilisi est une très belle ville, et des anciennes demeures somptueuses sont légions dans certains quartiers. Elle nous fait gouter khashapuri et tshtshrela, deux spécialités du coin. Nous finissons la journée creuvés après avoir marché des heures.
Le lendemain, Pierrot est malade, quelque chose n’est pas passé ! Nous étions supposés partir pour les montagnes caucasiennes, mais le départ est finalement différé d’un journée. Il est trop malade, mal de crâne, fièvre, bref la totale, ça commence bien ! Tamara m’emmène visiter son lieu de travail, Geo-land, j’en profite pour apprendre un maximum de vocabulaire géorgien, ça peut toujours servir ! Le soir, Pierrot va mieux et tente de nous rejoindre, mais ce n’est pas si simple. Tamara perd réellement patience à l’attendre, et je tente de mon mieux de la calmer, ce qui parfois l’exaspère encore plus. C'est amusant, mais quel tempérament ! Petite visite à Vivien, un ami de Pierrot qui travail dans un resto sur le point d’ouvrir dans les quartiers huppés de Tbilisi.
Le lendemain, départ pour Kazbegi dans le nord. Le moyen le plus simple pour s’y rendre est de prendre un petit bus, appelé marshutka. La conduite est des plus sportive. Le minibus est simplement le véhicule le plus rapide sur la route ! Les dépassements en virage sans visibilité, ou même avec véhicule en face sont monnaie courante, bref la route a 2 voies, mais très souvent, une troisième est crée in extremis. Pierrot regarde la route avec un mélange d’excitation et d’appréhension, mais on arrive finalement entiers. Montée vers la chapelle surplombant Stephansmitsa (Kazbegi). Le temps au sommet est exécrable, le froid a fait place à la douceur de la montée. De nombreux 4x4 assurent la montée de ceux n’aimant pas la marche. Nous redescendons après l’orage.
Après un bon plat de shinkali (grosse raviole en forme de balluchon fourré à la viande) arrosé d’un verre de tchatcha (le tord-boyau local) nous tentons l’autostop vers Juta, un village de montagne. Une voiture nous propose de nous y conduire moyennant finance. Tamara trouve le prix un peu élévé pour moins de 20 kms mais nous n’avons pas le choix. Une heure vingt plus tard, nous comprenons pourquoi ils nous demandaient un tel dédommagement. Nous avançons au pas sur une piste défoncée, et encore, c’est la belle saison ! Nous devons parfois descendre de voiture pour pouvoir passer les trous. Nous arrivons de nuit dans le village sans savoir ou se trouve le collègue de Tamara que nous sommes censés retrouver. Curieusement, le réseau téléphonique fonctionne même dans ces coins reculés ! Après avoir essayé plusieurs chemins, nous apercevons une lampe frontale. Jarji est en vue et nous conduit jusqu’à un chalet où se trouve un bar et de la musique lounge, surprenant à 2400 m d'altitude et au milieu de nulle part! Celui-ci nous prête sa tente et nous nous couchons rapidement. En me brossant les dents, je regarde un des client du bar debout sur un cheval au galop, à cru, fonçant à travers la prairie. Je n’ai bu qu’une bière pourtant. Il est environ 22h, nous sombrons.
Le lendemain, départ pour Roshka, un village dans une vallée adjacente. Un col à 3350m (Chaukhi pass) et une journée de marche estimée à 8h nous inquiète un peu sachant notre équipement un peu léger pour les conditions de la veille. Pierrot appréhende également l’altitude, mais je fais le forcing. Nous ferons demi-tour immédiatement en cas de problèmes (météo, santé, …). La journée est magnifique et après avoir mangé, nous attaquons la montée du col. Le sentier est difficile à suivre et nous nous perdons. Pierrot commence à ressentir le mal de l’altitude, mais il serre les dents. Il a une sensibilité très importante à l’altitude. A quelques centaines de metres du sommet, il n’en peu plus et est pris de vertiges, il a un mal de tête horrible et tombe plusieurs fois. Nous abandonnons provisoirement Tamara avec un couple d’israéliens afin de redescendre de l’autre coté au plus vite. Son état s’améliore avec la descente, mais sa tête reste douloureuse. Nous passons les lacs Abudelauri (issus du glacier du coin), puis nous finissons par bivouaquer dans une prairie à la vue magnifique et nous restaurons d'un plat de pâtes après une orgie de framboises sauvages. Un feu nous réchauffe car la nuit est fraiche. Pierrot s’endort comme un masse, terrassé par sa migraine. Le lendemain, le soleil réchauffe la tente et les insanités que Pierrot recommence à débiter dès le réveil indique que son état s’est nettement amélioré ! Il a fait froid car les lacs on gelé dans la nuit, dixit les israéliens qui ont bivouaqués à leur niveau.
Nous redescendons vers Roshka afin de trouver un véhicule pour rejoindre Tbilisi. Roshka ne compte que quelques maisons et il est difficile de trouver un véhicule, mais Tamara finit par en dénicher un. Une rafale de ce qui semble être une arme semi automatique nous pose question. Tamara nous explique nonchalamment que ce sont juste des hommes un peu alcoolisés qui tirent en l’air de joie ! Dans la descente, nous retrouvons deux étudiants géorgiens rencontrés la veille près des lacs du glacier que nous prenons en stop et continuons la route avec eux. D’autostop en autostop, nous parvenons à Tbilisi dans la soirée. Mention spéciale au dernier conducteur qui nous a conduit à 180km/h sur une route relativement chargée et surtout parsemée de trous ! Pierrot avait eu le malheur de lui demander combien de chevaux il avait sous le capot ! Ca lui a sans doute donné des ailes ! Qu'il en profite car à ce rythme, il ne vivra pas bien vieux !
En arrivant à l'appartement, sa mêre nous a préparé à diner, adorable ! Les aubergines grillées mélangées avec des noix broyées et de la coriande fraiche sont tout simplement divines ! Le soir, découverte de la Fabrika à Tbilisi en compagnie de Vivien et Maelle, sa compagne. Lieux magnifique, qualifié de « punkie » par Tamara ! Une ancienne usine reconvertie en lieu festif occupé par de nombreux bars, très chouette. Rentrée en partie en taxi dans la nuit grâce à Maëlle qui parle un peu le russe, car personne dans la voiture ne parle géorgien. Et oui, beaucoup de personnes de plus de 35 ans comprennent le russe !
Le lendemain, nous visitons la propriété d’Alexandre Chavchavadze à Tsinandali, un poëte géorgien du XIXeme, père du Romantisme géorgien. Si vous manquez d’inspiration, vous pouvez y jeter un coup d’oeil.