Vers Ewan Bay (Ma 03/08)
On se lève avec le jour et le soleil nous gratifie d’un magnifique spectacle !
Quel silence, les pêcheurs sont au lit !
On profite de la chaleur du soleil pour faire sécher la tente, la lumière est incroyable.
On a bien fait de se lever tôt car à 6h30 le soleil disparait. C’est tout pour aujourd’hui !
J’inaugure le sac étanche Ewa Marine pour l’appareil photo. J’ai comme objectif un 24-105 mais dans ce sac je ne peux que déclencher : impossible de zoomer, toutes les photos sont donc prises au 24 mm, ni de régler quoi que ce soit. De plus il faut de la persévérance pour réussir à appuyer sur le déclencheur à travers cet épais plastique. Enfin il faut plusieurs minutes pour entrer/sortir l’appareil photo du sac. Seule qualité du bazar : c’est vraiment étanche ( a trempé pendant des jours dans l’eau stagnant dans la jupe).
Si c’était à refaire j’achèterais plutôt un compact étanche.
Je suis très déçue par la qualité des photos, souvent « voilées » par la partie en verre qui recouvre l’objectif qu’on ne peut pas garder propre (embruns, pluie). Le fait de ne pas pouvoir zoomer est évidemment très gênant.
Pour le caméscope Fred utilise un caisson étanche qui l’autorise à utiliser toutes les fonctions du cam mais il a de gros problèmes de condensation, malgré l’utilisation de silicagel.
On est sur l’eau à 7h15, pas mal !
Après une bonne heure de pagaie nous approchons de Junction Island où Brooke nous a indiqué une colonie de phoques.
Avec le 24 mm, ce ne sont que des petits points noir sur l'eau!
En effet, jusqu’ici nous avions croisé quelques phoques épars mais sitôt viré un premier caillou, c’est la débandade ! Il y en a partout, des dizaines. Certains disparaissent discrètement sous l’eau sans un frémissement tandis que d’autres manifestent leur mécontentement d’être ainsi dérangés par de violents coups de reins avant de plonger.
Ils s’éloignent d’une vingtaine de mètres tout au plus et-curieux- nous observent attentivement. Trop mignons s’exclament les enfants. Oh les bonnes têtes, regarde çui-là ! Et là derrière, il nous suit !
Bref, un régal. On débarque sur « leur plage » jonchée de crottes de phoques (je vous passe les détails mais ça p… autant que des crottes d’oiseaux)
Ils sont là tout autour de l’île à nous observer patiemment (encore les petits points noirs).
Dès que nous réembarquons, ils reprennent possession de leur territoire : bon débarras les perturbateurs ! (à notre décharge, il nous fallait ajuster les cales-pieds…)
Nous longeons ensuite la côte ouest de Chenega Island, et c’est un régal.
On se faufile entre la côte et une multitude d’îlots touffus qui donnent l’air de déborder de végétation.
Malgré le ciel couvert, l’eau vert émeraude contraste avec le jaune des algues et le vert profond des forêts. A cet endroit la côte est particulièrement découpée et c’est une surprise renouvelée au détour de chaque îlot ou de chaque baie. Nous qui sommes plutôt des voileux apprécions vraiment de pouvoir jouer au rase-cailloux sans souci de tirant d’eau.
Encore plus mignonnes que les phoques, les loutres égaient notre journée. Plus on va vers le sud, plus elles sont nombreuses. On rencontre plein de mamans qui font la planche avec leur petit sur le ventre. Parfois elles rêvassent ou elles dorment et on peut s’en approcher à quelques mètres puis, surprises, elles s’enfoncent dans les flots après un petit sursaut.
Brooke m’a indiqué au fond de Ewan Bay la présence d’une cascade d’eau salée.
Lors du gros tremblement de terre de 1964 (9,2 sur Richter), un décalage est apparu entre une toute petite crique et le reste de la baie si bien qu’à certaines heures de la marée cette crique se vide par une cascade d’eau de mer ce qui crée une mousse identique à celle générée par une tempête.
Nous nous dirigeons donc vers le fond d’Ewan Bay quand il se met à pleuvoir.
Après cette première matinée de pagayage on en a plein les bras et on décide de se trouver d’abord un endroit pour la nuit car les opportunités sont plutôt rares. Miraculeusement on trouve un endroit que Brooke nous avait indiqué, sur une petite île dans un endroit relativement dégagé qui me plait infiniment plus que notre emplacement d’hier. Ici, ni trace ni crotte d’ours. Comme hier, il n’y a pas de ruisseau à proximité mais nous avons 2 bidons de 15 litres donc une autonomie d’au moins 3 ou 4 jours.
Une fois la tente montée, il pleut de plus belle et nous préférons remettre au lendemain la visite de la cascade, située à 2 ou 3 km.
Fred s’installe pour faire à manger : rien à faire, le réchaud (Primus Omnifuel ) ne veut pas démarrer !
Lui qui avait fonctionné comme une horloge au Groenland refuse obstinément de s’allumer alors que j’ai choisi cette fois d’utiliser du gaz plutôt que de l’essence car cela pose théoriquement moins de problème. Hier il a marché au poil…
Gros coup de stress : nous voilà bien avec nos kilos de pâtes et de riz prévus pour toute la semaine.
Bien sûr on a un téléphone satellite et la possibilité de nous faire récupérer par Epiccharters mais ce serait trop la honte, dès le 2ème jour ! Pas question !
« On va faire un feu, histoire de conjurer le sort ! Ca va faire marcher le réchaud ! »
Ben voyons…
Fred le démonte et le remonte X fois de A à Z, je tente aussi ma chance, des fois que…
Niet !
Il pleut toujours : on se dépêche de ramasser bois et brindilles encore pas trop mouillés pour allumer le feu, tandis que Fred autopsie encore le réchaud. Quelle bonne idée on a eu d’acheter cette machette à Whittier !
On envisage la possibilité de cuisiner midi et soir au feu de bois mais s’il continue à pleuvoir ainsi, ça va être impossible sans allume feu.
M…. de m… Quelle c… de ne pas avoir pris un 2ème réchaud ! C’est quand même le B.A.BA quand on va dans un coin perdu ! Du coup on n’a même plus faim, sauf les enfants !
Alors que le feu démarre enfin nous percevons soudain un ronflement puissant : ça marche !
Enfin si on peut dire : jouant le tout pour le tout, Fred a élargi le trou de la buse et la flamme ressemble maintenant à celle de la fusée Ariane mais elle se maintient. Ouf, sauvés ! Il consomme certainement plus mais on a prévu large en gaz.
Aujourd’hui nous n’avons ni vu ni entendu le moindre bateau !