La Cité des Écritures, structure transversale de recherche et de formation consacrée à la création artistique et aux industries culturelles en matière d’écritures littéraires, scéniques, médiatiques et numériques, lance un nouvel appel à projets pour l’année calendaire 2025.
Par ses activités et son rayonnement, la Cité des Écritures vise à fédérer les activités de recherche dédiées aux écritures, à renforcer les synergies et à développer les interfaces entre recherche, formation, monde des arts et de la culture en impliquant enseignant·e·s-chercheur·e·s, étudiant·e·s, doctorant·e·s, personnel administratif et acteurs du monde professionnel et culturel.
Date limite de dépôt des dossiers : 1er décembre 2024
Porteurs du projet :
Guillaume Soulez (Sorbonne Nouvelle, CAV, IRCAV1)
Olivier Thévenin (Sorbonne Nouvelle, MC, CERLIS).
Membres du projet:
Loïc Bertrand (Institut français New York, docteur Paris-Cité, Histoire et musique/ED 131),
Nicolas Debade (Ina-GRM, docteur Aix-Marseille Arts, musique)
Sébastien Denis (Panthéon-Sorbonne, Histoire et audiovisuel, centre ISOR),
Marc Jacquin (Phonurgia Nova, Arles)
Thelma Klebert (doctorante IRCAV, Sorbonne Nouvelle)
Philippe Langlois (Ircam, docteur PSL musicologie, École des Beaux Arts du Mans)
Chiara Mainardi (Données de recherche et Humanités numériques, DiRVED, Sorbonne Nouvelle),
Marie-Madeleine Mervant-Roux (CNRS, Thalim, Théâtre et radio)
Grégory Pignot (Webdesigner, musicien, Servovalve, Aix)
Ekaterina Odé (ENS, docteure SACRE recherche-création, philosophie et son)
Laurent Véray (Sorbonne Nouvelle, CAV, IRCAV).
Projet:
Bioportail Schaeffer est un projet d’écriture en recherche-action qui s’appuie sur le projet en cours d’un site scientifique patrimonial sur l’œuvre et les actions foisonnantes, notamment institutionnelles, de Pierre Schaeffer. Giovanni Levi (repris par François Dosse, 2005) a proposé le concept de « biographie modale » pour problématiser un contexte et des questions culturelles à travers une personnalité particulière et ses réseaux de travail (Levi, 1989). Evitant tant la dissolution d’un acteur social dans son contexte que son hagiographie, ce concept permet de penser une trajectoire identifiable par ses traces documentaires tout en favorisant une cristallisation des données et réflexions autour d’une figure historicisée, ce qui permet à des non-spécialistes de pénétrer un corpus et de circuler de façon structurée dans un réseau de textes et de sens. Comment l’écriture numérique de l’histoire (Soulez, 2017) contraint ou bien ouvre de nouvelles possibilités cognitives et scientifiques ? Quelles relations entre médiation culturelle et médiation scientifique ? Dans quelle mesure la forme d’un site peut-elle reprendre le cheminement d’une découverte bio-modale ? On propose dans ce projet un processus parallèle et croisé d’écriture numérique de « formes-contenus » et un « séminaire-action » Crash-texts qui permet de faire progresser corrélativement la réflexion scientifique, l’écriture scientifique pour le site, et le site lui-même, puis des publications qui permettent de partager le fruit de ces travaux.
Le Site officiel Pierre Schaeffer: https://pierreschaeffer.huma-num.fr/
Face book : GALAXIE PIERRE SCHAEFFER
Porteurs du projet :
BOMPANI Sara : Adjointe de la Théâtrothèque Gaston Baty
BOSSIERE-BAJOU Armelle : Professeure Associée en Service Temporaire au département de l’IET, UFR Arts et Média
CONSOLINI Marco : Professeur en études théâtrales au département de l’IET, UFR Arts et Média
HERSANT Céline : Docteure Études théâtrales, spécialiste des dramaturgies XXe siècle, responsable de la Théâtrothèque Gaston Baty
SOREL Marie : Maîtresse de conférences en littérature au département LLFL, UFR LLD
Projet:
Le projet s’ancre dans une démarche de visibilisation et de valorisation du matrimoine, à travers le parcours oublié de Catherine Dasté (1929-…), comédienne, metteure en scène, pédagogue, directrice de deux compagnies et d’un théâtre.
S’inscrivant dans les enjeux des études théâtrales actuelles, le projet, à l’appui d’archives, questionne les oublis historiographiques et interroge la transposabilité du cas de Catherine Dasté à d’autres cas de créatrices. Croisant interculturalité et interdisciplinarité, son parcours offre un terrain privilégié pour poursuivre les recherches menées actuellement sur l’évolution des formes dramatiques et scéniques et sur les interactions artistiques. À travers l’exploration d’une trajectoire héritière de la décentralisation théâtrale et tournée vers l’élargissement des publics, le projet entend également contribuer aux recherches en théâtre-éducation et en théâtre pour la jeunesse.
Divers modes de restitution seront proposés : recyclage créatif d’archives (Baty, BnF, SHT) ; exposition inspirée de la valorisation du matrimoine en littérature de jeunesse ; atelier sur la pédagogie Freinet ; réactivation réflexive de la « méthode Dasté » avec interventions en milieu scolaire.
Porteurs du projet :
Bérengère Denizeau est maîtresse de conférence en traduction italien-français et traductologie à l'ESIT, autrice d'une thèse de traductologie sur la traduction de la législation italienne antimafia.
Raphaëlle Meugé-Monville est ATER dans le département d'études italiennes de La Sorbonne Nouvelle et prépare actuellement une thèse sur la poésie de la Renaissance à Florence au XVe siècle.
Projet:
Le projet a pour objet une nouvelle féministe inédite en français de l’autrice italienne Anna Banti (1895-1985) et s’organise autour de trois axes. D’abord un atelier de traduction collective (ita>fr) visant à établir une version française d’un texte puissant sur la condition féminine. Ensuite, éveiller les étudiant.e.s aux enjeux de la tâche des traducteur.ices grâce à un exercice collectif et réflexif dans un contexte d’automatisation du métier en leur donnant des outils pour penser et défendre leur savoir-faire. Enfin, transmettre la mémoire d’une autrice éclipsée grâce à une édition française de la nouvelle dont la promotion suivra un double objectif : donner une voie d’accès au matrimoine d’une autrice à travers un texte emblématique, puis valoriser le travail des étudiants grâce à cet horizon professionnel concret en les invitant à se saisir du rôle des traducteurs.ices comme passeurs de culture et lui donner une visibilité nouvelle.
Porteurs du projet :
Laetitia Renoux (DILTEC)
James Costa (LACITO)
Projet:
Ce projet interroge comment la notion de présence se manifeste dans des textes pédagogiques qui prétendent à la neutralité ou à la désincarnation, révélant ainsi des dynamiques affectives et relationnelles implicites. Nous analysons cette tension en étudiant deux corpus dédiés à la transmission linguistique. Le premier est un MOOC contemporain de FLE, développé en 2016 à l’École Polytechnique et visant un apprentissage accessible et asynchrone du français. Le second corpus rassemble des ouvrages (proto)linguistiques des XVIIe-XVIIIe siècles, produits pour documenter et revitaliser le cornique au moment de sa disparition. Ces deux corpus, bien que distants dans le temps et les contextes, partagent une visée commune à travers des formes nouvelles d’écriture au moment où ils sont produits : rendre le savoir transmissible au-delà de son cadre immédiat. Nous formulons l’hypothèse que leurs stratégies discursives et choix d’écriture produisent des affects singuliers manifestant des effets de présence, permettant aux apprenants ou lecteurs de ressentir une connexion personnelle avec une figure pédagogique implicite. En croisant approches en didactique des langues et en anthropologie linguistique, ce projet explore les enjeux contemporains des écritures engagées : leur rôle dans la médiation des savoirs, leur capacité à établir des liens affectifs à distance, et leur potentiel à renouveler les pratiques éducatives et patrimoniales.
Porteurs du projet :
Julieta Sbdar Kaplan est doctorante inscrite en cotutelle entre l’Université de Buenos Aires, Argentine (Doctorat en Littérature) et l’Université Paris 8 (Doctorat en Études de Genre). Ses recherches portent sur les figurations du temps et du genre dans la poésie argentine contemporaine (2001-2020). Diplômée en Lettres (Universidad de Buenos Aires) et Master en Études de Genre (Université Paris 8), elle a soutenu un mémoire sur la poésie écrite par des femmes privées de leur liberté. En tant qu’enseignante, elle anime des ateliers d’écriture dans des prisons argentines et elle a travaillé comme professeure de littérature au lycée. Poète, elle a publié les livres Demoliciones (2017, Eloisa Cartonera) et Mandarinas (2022, Nebliplateada).
Constance Laisné occupe actuellement le poste de régisseuse des systèmes audiovisuels à la Sorbonne-Nouvelle. Diplômée d’un Master en Direction Artistique (Manchester Metropolitan University) et d’un Master en Études de Genre (Université Paris 8) elle a soutenu un mémoire sur l’écriture des corps dans l’apprentissage du jeu d’acteur en traduction avec le livre “Queer Phenomenology” de la philosophe britannique Sara Ahmed. Après neuf années en tant qu’enseignante dans les Écoles d’Art et pour l’éducation coopérative au Royaume Uni, elle est actuellement assistante éditoriale pour la revue les Simone de Beauvoir Studies.
Membres du projet:
Thibaut Casagrande (THALIM, MCF). Sujets de recherche : genre et littérature, littérature et cinéma.
Christilla Vasserot (CRICAL, MCF). Sujets de recherche : littérature latinoaméricaine, cinéma latinoaméricain.
Projet:
Ce projet vise à réfléchir autour du malentendu dans deux films : Jeanne Dielman 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (Chantal Akerman, Belgique, 1976) et La femme sans tête (Lucrecia Martel, Argentine, 2008). Le point de départ est de penser l’écriture filmique du malentendu en tant que « parole ou action mal comprise » (Littré) mais aussi en tant que faille auditive entre « deux qui ne s’entendent pas parler » (Lacan, 1980). Le malentendu serait, d’une part, une forme d’incompréhension défiant toute maîtrise ; de l’autre, une forme de résistance auditive, par le biais de la corporalité, face à la fixation du sens phallogocentrique. Le mode restitution, à la fois pédagogique, poétique et audiovisuel, cherchera à mettre en évidence le croisement entre les langues, les champs de la connaissance et le reste non symbolisable que seule l’écriture, comprise comme trace (Derrida, 1967), peut inscrire.
Porteurs du projet :
Céline Grenaud-Tostain (Université d’Evry, ITEM)
Marina Krylyschin (DILTEC, USN)
Olivier Lumbroso (DILTEC, USN)
Membres du projet:
Appartenant aux DILTEC (USN), ITEM (CNRS / ENS), THALIM (USN), CRP19 (USN)
Projet:
Le projet Rémanences naturalistes créatives étudie la survivance des œuvres d’Émile Zola à travers leurs transpositions multimédiatiques : la scène théâtrale adaptant les Rougon-Macquart ; le roman riche d’intertextualité zolienne ; les séries remaniant les scénarios sous la forme de feuilletons ; la bande dessinée et l’affaire Dreyfus ; le jeu vidéo éducatif doté d’immersions nouvelles ; le Street art ; le livre-audio...
Le projet se fonde sur une hypothèse : ce qui reste de nos Classiques c’est ce que nous en faisons. Figurer, défigurer, transfigurer l’œuvre originelle ce n’est pas la trahir mais plutôt contribuer à sa survie dans un espace de réceptions vives sinon iconoclastes. S’y élabore le dialogue fécond, bien que parfois controversé, entre les siècles, les mentalités, les esthétiques et les médias. L’accent sera mis sur les « créations » en contexte, ouvrant des perspectives pour les recherches transmédiales, pour l’enseignement des langues et des cultures à partir de patrimoines vivants. Ceux-ci seront étudiés du point de vue de l’engagement, des écritures innovantes et des relations entre patrimoines et matrimoines.