René Édouard Félicien Joseph Vanderhaeghe, né à Couvin le 15 novembre 1887, est le fils de Joseph Vanderhaeghe, instituteur originaire d’Hastière. Son père est instituteur à l'école d'application de Couvin (école primaire dépendant de l'Ecole Normale de Couvin). Il effectue ses humanités à l'Athénée de Chimay dont il sort de rhétorique en 1906. Par après il effectue des études de philosophie à l'U.L.B. Lorsque la guerre éclate en 1914, il se porte volontaire de guerre mais son inscription est refusée car il y a trop de candidats et trop peu de matériel disponible. Il quitte la Belgique pour se réfugier avec son épouse Regine dnas le sud de la France. Il organise l'aide aux prisonniers de guerre belges en mettant sur pied une organisation " Le colis du prisonnier". Il est engagé comme enseignant en France et devient journaliste. Après la guerre il revient avec sa femme et ses enfants en Belgique et s'installe à Uccle
À 20 ans, il publie son premier recueil de poèmes. Sous sa direction est notamment publié en 1923 le tableau d’honneur des militaires et civils morts durant la 1re guerre intitulé Nos Héros Morts pour la Patrie, avec 2,320 portraits et illustrations.
en France 14-18
avec sa mère et son père à Couvin
À 20 ans, il publie son premier recueil de poèmes. Sous sa direction est notamment publié en 1923 le tableau d’honneur des militaires et civils morts durant la 1re guerre intitulé Nos Héros Morts pour la Patrie, avec 2,320 portraits et illustrations.
quelques textes
Rien n'est réel
Rien n'est réel des choses et des faits
ce que tu vois n'est qu'apparence
et ce qui reste invisible et secret
est vérité si tu le penses
les clartés naissent de la nuit
l'univers qu'un rayon soulève
ne prend forme que dans le rêve
que ton ordre abstrait construit
quand tu libéreras demain
l'esprit enchaîné dans l'atome
dieu qui n'a ni début ni fin
rejoindra le néant de l'homme
QUAND tout se tait commence la parole
est-ce la tienne est-ce la mienne je ne sais
je l’écoute et l’écris sans contrôle
et pourtant ses mots seuls sont les vrais
qui commande ? le grand mystère
accompagne le vide en moi
de mes présences tutélaires
il semble que je n’eus jamais que cette voix
pour dire ce qu’il faut de mon être et ma vie
à l’oreille de l’instant lumineux
aux sphères de la nuit pleines de l’harmonie
de ce silence prodigieux
AURAI-JE assez regardé le décor
que n’habitent mon corps ni mon mystère
par quels yeux faudra-t-il le regarder encor
la porte refermée ainsi que ma paupière
que m’apparaisse alors le clair mirage
aux sources du désert qui fut promis
et la fraicheur que reste ton visage
hors l’univers enfin mon oasis
EST-CE au travers de nous que Dieu regarde
cet infini qu’il vit de tout absent
même de nos certitudes hagardes
les espaces franchis aux limites du temps
rien n’arrête ses yeux pareils à l’étendue
où notre amour connaît son recours infléchi
si parfait et si pur dans l’innocence nue
de ton corps et mon corps l’un dans l’autre abolis
Présence intérieure
DEPUIS longtemps je n’avais regardé le ciel
il a fallu ce pas cassé dans ma poitrine
le galop du troupeau mordu de mes agnelles
que la peur chasse et que mon angoisse assassine
Je suis couché devant le vide de mon front
mes yeux retrouvent le décor de l’innocence
et les étoiles d’or et la lune au feu rond
la paix des mondes morts et l’immense silence
La nuit me rend à la présence qui m’habite
de l’immatière prisonnière de mon sang
ses liens détachés ma course est sans limite
me voici libre enfin au bord des éléments
Aucun regret du jour ne mesure l’espace
où mon souffle au vol noir d’une chauve-souris
achève à coups de faux la ligne qui s’efface
de ma vie ennemie aux pages de l’Esprit
SE revoir se relire un soir dans ses poèmes
témoins vivants et vrais autant qu’au fond du sang
les souvenirs marqués du reflet des moments
qui font l’être multiple et un dans son corps même
Se reconnaître plus qu’à l’image au rayon
dont s’illumine sur la page l’écriture
ainsi qu’une ombre de la vie en nous qui dure
de ce trait que prolonge et ranime le son
S’entendre, s’écouter, tel au bord du silence
un visiteur bien qu’étranger qui serait soi
sans visage sans yeux sans oreille sans voix
et qui est notre chant et qui est la présence
Également sous sa direction est publié en 1930 l'ouvrage La Belgique Centenaire: Encyclopédie Nationale 1830-1930.
Pendant la guerre, il devient rédacteur pour des revues de la résistance. De façon étonnante, il échappe à la Gestapo alors qu'il est fiché comme communiste et anarchiste.
Il devient correspondant belge de la revue de la Société internationale de musique et, après 1945, du Mercure de France. Il ne cessera pas de s'intéresser à l'art musical.
En 1954, son ouvrage La Présence intérieure reçoit le Prix Paul-Verlaine de l'Académie française.
Il décède en 1957
Il est un critique d'art averti, publiant des critiques sur James Ensor et Louis Thevenet.
Au niveau associatif, il participe à la fondation de l'Association des artistes professionnels de Belgique. Il est également le président fondateur de l'Alliance française, le cofondateur du Pen Club, et de l'Union de la presse théâtrale et musicale. Il a assuré la direction des services de presse des grandes expositions internationales telles que l'exposition de Bruxelles de 1935 et de Liège en 1939. Il est le directeur des services d'information du pavillon belge à l'Exposition universelle de 1937.
René Vanderhaeghe fut en qualité de journaliste :
Collaborateur à la Nation belge
Collaborateur au Petit Bleu
Secrétaire de rédaction à la Quinzaine
Collaborateur au Soir
Correspondant bruxellois de la Victoire (Paris) ( ?-1925)
Très impliqué dans le mouvement wallon, René Lyr est membre de la Société de l’Art wallon, des Amitiés françaises, de la Fédération des Artistes wallons et de l’Assemblée wallonne. Il militera quelque peu au sein du Comité de Politique nationale de Pierre Nothomb après la Première Guerre mondiale.
Il a fondé le groupe de Résistance La Sapinière pendant la Seconde Guerre mondiale .
René Lyr a été conservateur du musée des instruments de musique, dépendant du Conservatoire royal de Bruxelles de 1945 à 1957.
Distinctions honorifiques
Les distinctions suivantes lui ont été attribuées :
Commandeur de l'ordre de la Couronne (Belgique).
Croix de guerre 40-45 avec palmes (Belgique).
Distinctions dans la Résistance 40-45.
Médaille de la Résistance civil (Belgique).
Officier de la Légion d'honneur en 1939 (France).
Poésie publiée :
Chant du rêve, 1908
Dans le Silence, 1908
Brise, Ed. de la Belgique artistique et littéraire, 1909
Rimes Fanées, Ed. de la Renaissance d'Occident, 1921 Histoire de l'orgue, 1924
Ce livre enfin le tien, Ed. Nationales, 1949
De mes mains habitées - Ed. Pierre Seghers, Paris, 1949
Transparences, Les Écrivains réunis - Lyon, 1953
L'ombre à nos pas mêlée, l'Afrique et le monde, 1953
La présence intérieure, Ed. Pierre Seghers, Paris, 1954
Rétrospectives, Les Écrivains réunis, Lyon, 1954
Vingt bandeaux chinois , Ed. Georges Thone, Liège 1955
Mes oiseaux, Ed. Unimuse 1957
Fleurs de mon jardin, Ed.Unimuse, 1957
Rythmes, Ed. Unimuse, 1957
Quintes Quintaines, Ed. Unimuse 1957
Provence, Ed. Unimuse 1957
Mythologie, Ed. Unimuse, 1957
Les limites franchies, Ed. Unimuse, 1957
Dans le soir prolongé, Ed. Unimuse, 1967
L'Œuvre poétique, Tournai : Unimuse, 1982
La présence intérieure, Ed. Pierre Seghers, Paris, 1954
Prose :
Histoire de la musique et des musiciens belges, Encyclopédie de la Musique, Ed. Delagrave, Paris, 1913
Histoire de l'Orgue, Ed. des Gaules, Paris-Bruxelles, 1974
Les Musiciens Impressionnistes, Ed. de l'INR, 1938
Mon Ami Louis Thévenet, Ed. Nationales, Bruxelles, 1945
Les musiques militaires, Ed. l'Armée de la Nation, 1948
La France retrouvée, Établissement Vromant S.A., Bruxelles, 1948
Clair de la lune sur la Vistule, Ed; Wellens-Pay, Bruxelles, 1848
Couvain, mon pays, Ed. Georges Thone, Liège, 1949
Pouchkine, Ed. Nationales, Bruxelles, 1949
Initiation à la musique, Ed. du Ministère de la Défense Nationale, 1950
Croquis d'Audience, Ed. de la caravelle, Bruxelles, 1950
L’École belge du violon, Bruxelles, 1952
César Snoeck, musicologue et collectionneur, Ed. de la Ville de Renaix, 1952
Gustave Camus, Ed. de Sikkel, Anvers, 1953
Louis Thévenet, Ed. de Sikkel, Anvers, et du Cercle d'Art, Bruxelles, 1954
Les mots et les couleurs, Ed. Unimuse, 1978
un mémorial est créé à Couvin à l'initiative de Nadia Stavaux, et des Amis de René Lyr. Une souscription est organisée pour récolter des fonds. Voilà la liste des généreux donateurs.
réalisation : Pierre Uhlig, Maison de la Mémoire de Couvin