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M.L. Gemelli Marciano

  die_vorsokratiker_ii

M.Laura Gemelli Marciano

Die Vorsokratiker,II, 2009

Empedokles 

Jean-Claude Picot

Dernière mise à jour :  27/ 11 / 2011

Contact : empedocles.acragas@gmail.com / page d'accueil : https://sites.google.com/site/empedoclesacragas/Home

M. Laura Gemelli Marciano, Titularprofessorin für Klassische Philologie


Laura Gemelli
Adresse:
M. Laura Gemelli Marciano
Klassisch-Philologisches Seminar
Rämistrasse 68
CH-8001 Zürich
Tel. 044/634 20 47
E-Mail: Laura.Gemelli@klphs.uzh.ch
Privat:
Contrada Bissà 12
CH-6512 Giubiasco
Tel. 091/857 70 67

 

Die Vorsokratiker : Band II, Parmenides, Zenon, Empedokles, Griechisch-lateinisch-deutsch, Auswahl der Fragmente und Zeugnisse, Übersetzung und Erläuterungen, Düsseldorf : Patmos, Artemis & Winkler, 2009.

Die Vorsokratiker, II, concerne Parménide, Zénon et Empédocle. La partie consacrée à Empédocle occupe plus de la moitié de l'ouvrage : pp. 138 à 438 (sur un ouvrage qui compte 448 pages au total).

Pages 138 à 317 : Fragmente und Zeugnisse. 216 entrées. Fragments et témoignages s'entremêlent pour couvrir un sujet donné.

Pages 318 à 363 : Leben und Werk.

Leben

Werke, Adressaten, Sprache

Antike Interpretation

Der Straßburger Papyrus des Empedokles

Die Vier-Götter/Elemente-Lehre

Die abwechselnde Herrschaft der Philia und des Neikos

Kosmogonie und Kosmologie des Neikos

Zoogonie des Neikos

Zeugungslehre und Embryologie

Biologie

Atmung

Schweiß und Tränen

Verfaulen und Nahrung

Die Wahrnehmung

Gleiches zu Gleichem

Abflüsse

Göttliche Erkenntnis

Leben, Tod, Wiederverkörperung: Exoterische und esoterische Lehre

Die Methode für die Befreiung des Dämons

 

Pages 364 à 438 : Erläuterungen. Les commentaires concernent 153 entrées (sur 216).

 

Cet ouvrage n'a pas pour objectif d'être un recueil de tous les fragments et témoignages des auteurs considérés. C'est une sélection (Auswahl) de ces fragments et témoignages.

Ainsi, les entrées suivantes des témoignages DK31 A ne sont pas reprises dans Die Vorsokratiker, II :

3 4 5 7 8 9 13 17 18 19 20 21 23 24 26 27 28 31 32 33 34 36 37 38 41 43 44 45 46 47 48 50 

51 52 54 55 56 57 59 60 61 62 64 65 76 80 82 87 88 90 93 94 95 96 97 98

Les entrées suivantes des fragments DK31 B ne sont pas reprises :

7 10 14 18 19 25 46 104 105 116 138 144 149 150 151 152 153 154 154 a 154 b 155 c 155 d

Il manque dans Die Vorsokratiker, II, une table de concordance entre la nouvelle numérotation des fragments et des témoignages établie par M. Laura Gemelli Marciano et la traditionnelle numérotation de Diels-Kranz. Il nous a semblé utile d'établir dès maintenant cette table de concordance. Ci-dessous le fichier PDF.

 http://docs.google.com/fileview?id=0B0G1v0pfYBaBYTY0OGJlZmEtODlkZS00Njc5LWFjYzUtZDA5MTc0NzI4Yjhm&hl=en

http://docs.google.com/#all

Si problème pour voir et télécharger ce PDF : contacter empedocles.acragas@gmail.com


J.-C. Picot

26 /01 /2010

 

Traduction.

La traduction ci-dessous n'a aucun caractère officiel. Elle n'a pas reçu la validation de M. L. Gemelli Marciano. Je la livre simplement en guise d'introduction à la véritable lecture du texte et pour attirer l'attention du lecteur francophone. Je ne m'en tiens qu'à quelques pages (353-355). Les traducteurs et volontaires qui voudraient ajouter aussi quelques pages sont les bienvenus (texte à transmettre à empedocles.acragas@gmail.com).

 

Page 353-355

 La connaissance divine

 

Ce qu’Empédocle veut enseigner, c’est qu’ [à côté de la perception des effluves] il existe une autre sorte de perception « consciente  »   qui saisit l'immobilité et l’éternité des racines et des forces, et enfin de compte le divin, qui réside aussi en chaque individu. Cette sorte de connaissance, qui dépasse largement le savoir humain et limité, n'a pas son siège dans un espace extra céleste et abstrait, mais dans une partie précise du corps ; ainsi, Empédocle mentionne-t-il souvent : les phrenes (et au singulier phren) ou les prapides. Ces mots, qui sont ordinairement traduits par « esprit » ou « raison » avec une signification abstraite, ont peu de points communs avec des abstractions. Car s’ils peuvent en effet recevoir une connotation assez abstraite dans certains contextes, leur signification ne peut toutefois pas être séparée de l’aspect corporel d’un organe. Phrenes et prapides qualifient pareillement dans la poésie épique et archaïque le domaine du diaphragme et des poumons (Clarke 1999, 73-79 ; Kingsley 2002, 401 ff., avec bibliographie ; 2003, 523), où arrive l'air inspiré. Chez Homère et chez Eschyle, le vieux contemporain d'Empédocle, phrenes et prapides reçoivent entre autres une signification particulière en référence à l’audition, à la mémoire et à la conscience. Chez Homère, les phrenes sont le siège de la conscience : si quelqu'un tombe au sol, évanoui sur le champ de bataille, Ate (l'aveuglement), qui lui vole ses phrenes, le laisse engourdi et raidi, (Iliade 16,805 : τν δ' τη φρένας ελε. Voir aussi 19,136). Les mots entendus doivent être mis dans les phrenes et retenus là, afin qu'ils ne soient pas oubliés (σ δ ἐνὶ φρεσ βάλλεο σσι ; Iliade 1,297 al. ; Iliade 2,33 : λλ σ σῇσιν ἔχε φρεσί, μηδέ σε λήθη, / αἰρείτω). Chez Eschyle, le chœur des Choéphores dit à Oreste : « Par tes oreilles, laisse la parole descendre jusqu’au fond tranquille de tes phrenes, (Choéphores 450-452 : δι των δ συν- / ττραινε μθον σχ φρενν βσει). Les mots sont saisis ici comme une masse d'air, qui pénètre les phrenes par les oreilles. De plus, Eschyle emploie particulièrement souvent l'image des phrenes comme des tableaux d'écriture, sur lesquels les mots sont notés, c.-à.-d. gardés en mémoire (voir Choéphores 449 ; Euménides, 275). Dans ce contexte, il convient de mentionner l'autre fonction importante des phrenes en tant que siège de la mantique. Le divin souffle est encore dans la phren-esclave de Cassandre, quand Cassandre devant le palais d’Argos prophétise la mort d'Agamemnon et la sienne propre. La phren de Zeus est grande et sans limite (Eschyle, Suppliantes 1050). Dans le Prométhée pseudo-eschyléen (rédigé après 430 av. J.-C.), la phren du Titan voit bien au-delà de ce qui s’offre au regard (842) : il connaît non seulement l'avenir mais aussi le passé. Chez Homère, les phrenes sont les seules parties du corps qui peuvent survivre à la mort de l'homme qualifié de divin. Le voyant Tirésias les a gardées sans dommage dans l’Hadès (Odyssée 10,492 : το τε φρένες μπεδοί εσι) : Perséphone n’a donné seulement qu’à Tirésias la raison et la conscience après la mort.

Nanti de cet arrière-plan, on peut maintenant expliquer aussi le rôle des phrenes chez Empédocle. Car le mot apparaît chez lui dans un contexte similaire à celui d’Homère et d’Eschyle. Les phrenes/prapides sont l'organe où le processus d'apprentissage se déroule dans le calme et l’isolement.

L'élève doit mettre les mots du maître sous ses prapides (156,3), les « préserver » (11) et, tel un paysan, avec une attention pure (des exercices de méditation ?), les surveiller (156,4). De la sorte, ils grandiront tout seul comme une plante (Kingsley 2003, 522ff.), qui recevra continuellement des greffes : les mots du maître sont le tronc qui doit être chaque fois « fendu » pour pouvoir accueillir les perceptions, le nouveau « bois » qui sera « greffé » sur le tronc (10,6 et commentaires de ce fragment). Le résultat de tout ce processus est un enrichissement des prapides, un savoir divin qui devient permis, afin de voir durant la courte durée d’une vie humaine la vie du monde dans toute son étendue (186), et dit brièvement : c’est le pouvoir du voyant. Empédocle et Pythagore possèdent un tel savoir qu'ils activent, quand ils tendent eux-mêmes (par une respiration technique?) leurs prapides. Leur phren est donc comme la phren sacrée, qui traverse le monde avec ses pensées rapides (155), et qui selon Empédocle est bien une figure du divin. À la fin du processus d'apprentissage, l'élève devient ainsi Dieu. C'est également aussi la scène prévue à la fin des Catharmes : le banquet des bienheureux avec les autres Dieux (185). Ceux qui peuvent atteindre cette condition sont typiquement voyants, médecins, poètes et princes : « à la fin ils s’épanouissent en Dieux, aux honneurs les plus grands » (184). Les empreintes laissées sur les phrenes et lors du processus d'apprentissage qui se tient en eux, facilitent ainsi la mise en place d’un pont entre ladite philosophie de la nature et l’enseignement de la métempsycose. Car, ce que l'élève apprend dans le poème de la nature conduit en fin de compte à la libération de l'âme, ou du démon, du cycle des réincarnations successives et à son retour dans la communauté des Dieux. Ce qu’est le démon est examiné ci-après. à partir de ce qui a été dit plus haut, on peut toutefois déjà conclure quant au lieu où il peut être au mieux chez lui dans le corps des êtres vivants : c’est dans la partie la plus divine de l'homme, dans les phrenes, là où se tient le processus d'apprentissage et là où une conscience surhumaine et un savoir  sont présents.

 

Pour faciliter la lecture de ce passage :

Clarke 1999, 73-79 =

Clarke, M., Flesh and spirit in the songs of Homer : A sudy of words and myths, Oxford : 1999.

 

Kingsley 2002, 401 ff., avec bibliographie =

Kingsley, P., " Empedocles for the new millennium", Ancient philosophy, 22, 2002.

 

Kinglsley, 2003, 523 ; Kingsley 2003, 522ff.  =

Kingsley, P., Reality, Inverness : 2003.

 

ses prapides (156,3), les « préserver » (11) et, tel un paysan, avec une attention pure (des exercices de méditation ?), les surveiller (156,4) :

156.3 = DK 31 B 110.1

11 = DK 31 B5

156.4 = DK 31 B 110.2

 

ses pensées rapides (155)

155 = DK 31 B 134

 

le banquet des bienheureux avec les autres Dieux (185)

185 = DK 31 B 147

 

aux honneurs les plus grands » (184)

184 = DK 31 B 146

 



 
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