Samedi 10 h 30. Janette passe devant le stand de Jacques. Elle est venue faire son marché à Angers comme tous les samedis. Elle aperçoit ce stand inhabituel, les commerçants changent peu d'une fois à l'autre. Poussée par la curiosité, elle s'approche et se rend compte qu'il s'agit de "choses religieuses un peu bizarres". Il y a un an, elle serait repartie vite fait, se disant "La religion, c'est pour les naïfs, et en plus, ce truc là a l'air d'une secte, je n'ai ni temps, ni argent à perdre". Mais depuis, l'évènement douloureux mentionné plus haut s'est produit, elle décide donc de s'approcher avec méfiance et un brin d'hostilité à l'égard de ce représentant d'un Dieu éventuel qui a permis qu'elle perde son bébé. La conversation s'engage et Janette va de surprises en surprises. Malgré les questions désagréables de Janette et même quelques provocations, Jacques répond avec douceur, mais répond sans esquiver les questions. Il ne cherche pas à lui vendre une Bible, mais lui propose d'en emporter une sans payer. Jacques ne lui fait de publicité pour aucune organisation ou institution, mais seulement pour Jésus-Christ, le petit enfant dont Janette place la statuette une fois par an dans la crèche. Mais la présentation de Jésus par Jacques n'a rien à voir avec un petit enfant ni avec une statuette inerte. Janette entend parler de Jésus comme jamais au préalable. Il lui avait toujours semblé au fond d'elle-même que dans ce domaine, la connaissance qu'elle avait était erronée ou limitée, mais ce sentiment confus d'ignorance était enfoui et elle n'a jamais vraiment eu le désir de s'occuper de la question. Elle entend parler d'un Jésus-Christ fils de Dieu, qui était vivant de toute éternité, qui est venu comme un homme dans ce monde pour racheter ce qui était perdu, qui est mort, qui a vaincu la mort, qui est ressuscité, et qui vivra dans l'éternité. Janette est particulièrement interpellée par le lien entre Jésus et la vie. Jacques lui explique: "Jésus a dit lui-même 'Je suis la vie'. Jésus donne la vie car il a la vie, mais, bien plus, il est la vie. Lorsque l'on a quelque chose, on ne peut que donner ce que l'on a, ce qui est nécessairement épuisable. Lorsque l'on est quelque chose, on en est la source même, c'est inépuisable". Ces paroles inondent de consolation le cœur de Janette; la présence de Dieu devient tellement concrète, la vie de Dieu tellement puissante, l'amour de Dieu tellement perceptible, que Janette ne peut plus résister. La méfiance, le rationalisme, le doute ne peuvent faire face au témoignage intérieur de l'Esprit de Dieu attestant de la réalité de Jésus-Christ. Janette croit que Jésus est mort et ressuscité pour elle, qu'il est cette source de vie devant laquelle la mort ne peut rien. Elle croit qu'en lui confiant son être tout entier, elle marchera dans la vérité, la connaissance d'un Dieu d'amour et de paix, et la compréhension de ce qu'elle ne pouvait saisir. Janette insiste pour payer la Bible qu'elle emporte et s'en va consciente de ce que désormais rien ne sera plus comme avant. Janette sait qu'elle est vivante pour l'éternité.