VAL-PARADIS
1925 — 2016
Originaire de Montmagny, Jovite Langis poursuit des études de soins infirmiers à Rimouski. Pour elle, le métier d’infirmière est une véritable vocation. Elle exerce à Lévis… Mais les grands espaces lui manquent, et la routine lui pèse. À l'époque, le gouvernement cherche des infirmières pour assurer des soins médicaux aux nouveaux colons d’Abitibi. Volontaire en 1948, c’est un voyage de 30 heures de train qui la mène à Val-Paradis. Elle découvre son lieu de travail… qui n’a pas d'électricité.
Le métier d’infirmière de colonie offre une grande indépendance aux femmes d’alors. Elles bénéficient d’un statut important dans leur communauté, mais ont de grandes responsabilités. Elles sont en première ligne pour assurer les accouchements, faire des diagnostics ainsi que des opérations, et mener des campagnes de vaccination.
Jovite Langis est débrouillarde et indépendante, mais à quel prix ? À l’époque, les infirmières de colonie n’ont pas l’autorisation de se marier. Elles doivent être entièrement dévouées à leur profession. Jovite refuse d’abandonner sa carrière. Elle obtient l’autorisation de se marier et devient la première infirmière mariée à tenir un dispensaire, tout en étant épouse et mère de quatre enfants.
En 1983, le dispensaire brûle, et la famille, saine et sauve, quitte Val-Paradis. C'est la fin de 35 ans de pratique à Val-Paradis pour Jovite… Et la fin d’une époque pour la communauté.