CHIBOUGAMAU
[S.D.]
Campement le long de la route de Chibougamau, avant 1946.
SHBJ, P5, S2, SS4, D1, P2
On retrouve une certaine Boxcar Annie dans la région de Chibougamau au cours des années 1930. Seulement connue par son surnom, nous en savons bien peu sur elle. On dit d’elle qu’elle vient de Val-d’Or, qu’elle serait peut-être polonaise ou suédoise. C’est qu’Annie est une prostituée.
L’histoire des chercheurs de cuivre est entourée de récits de contrebandiers, de bootleggers, de prospecteurs rudes, revolvers à la ceinture… Et de femmes qu’on dit à la « cuisse légère ».
Effacées par leur propre mythe, on sait en fait bien peu de choses sur elles. Annie et ses sœurs sont les plus invisibles de toutes. Au cours des années 1930-1940, les prostituées seraient nombreuses à fréquenter la région de Chibougamau. Venant par avion depuis Montréal, elles fréquentent les camps miniers lors des jours de paie des mineurs.
La prostitution est un mode de survie à la misère, et témoigne de la détresse de celles qui n’ont aucune autre option. En pleine crise économique, elles vont là où on trouve de l’argent, et là où les femmes sont rares. C’est ainsi qu'Annie suit la progression des camps miniers : elle passe de Kirkland Lake, à Rouyn, puis à Roc-d’Or et à Val-d’Or.