FORMES
(COURS #4)
FORMES
(COURS #4)
Tout a une forme. Mais qu'est-ce qu'une forme exactement ?
Une forme est une surface plane entourée de bords ou d'un contour.
Les artistes utilisent toutes sortes de formes. Les formes géométriques sont précises et régulières, comme les carrés, les rectangles et les triangles. On les trouve souvent dans les objets fabriqués par l'homme, comme les bâtiments et les machines.
Les formes biomorphiques se trouvent dans la nature. Ces formes peuvent ressembler à des feuilles, des fleurs, des nuages - des choses qui poussent, coulent et bougent. Le terme biomorphique signifie : forme de vie (bio = vie et morph = forme). Les formes biomorphiques sont souvent arrondies et irrégulières, contrairement à la plupart des formes géométriques.
Henri Matisse était un artiste qui aimait explorer les possibilités de mélanger les formes géométriques et biomorphiques. Au cours des dernières décennies de sa carrière artistique, il a développé une nouvelle forme d'art : le papier découpé.
Toujours immergé dans le pouvoir de la couleur, il se consacre au découpage de papiers colorés et à leur agencement en dessins. "Au lieu de dessiner un contour et de remplir la couleur... je dessine directement dans la couleur", disait-il.
Henri Matisse, Les Bêtes de la Mer, 1950
Explorer les principes du langage visuel (forme / espace) à travers le grand format, où le corps, le déplacement et la prise de décision deviennent centraux. À la manière de Matisse, la forme est simple mais décisive, et l’espace est actif, vivant, tendu.
Individuellement, produire 5 à 8 grandes formes en découpant des feuilles de papier préalablement peintes (encres, acrylique, aquarelle)
Chaque forme doit :
être simple
avoir une silhouette claire
pouvoir exister seule
Varier :
étirement / compression
courbe / angle
horizontalité / verticalité
En équipe de 2-3, installer le support au mur
Une personne pose la première grande forme
Les autres observent sans intervenir
Cette forme n’est ni centrale ni décorative. Elle crée une situation.
À tour de rôle, disposer les formes sans les fixer.
Chaque nouvelle forme doit :
répondre à une forme existante
modifier l’équilibre général
une personne agit à la fois.
l’espace entre les formes devient le vrai sujet.
Se déplacer constamment :
proche / loin
à gauche / à droite
Tester :
chevauchements
formes coupées par le bord
vides volontairement
L’espace entre les formes doit travailler autant que les formes elles-mêmes.
Déplacez les pièces, faites-les pivoter et faites des essais de superposition.
Le groupe décide ensemble d’arrêter.
Aucune retouche après collage
Accepter :
les tensions
les déséquilibres
les zones de silence
Henri Matisse, Jazz, 1947.
EXERCICE INDIVIDUEL
Apprendre à lire une œuvre en termes de langage visuel et à en extraire la zone la plus forte sur le plan forme / espace.
Ce projet ne vise pas la reproduction fidèle, mais la traduction graphique d’une tension, d’un équilibre ou d’un rapport figure/fond.
Identifier une zone visuellement active dans une œuvre collective
Comprendre pourquoi cette zone fonctionne (forme, espace, tension)
Traduire cette zone en dessin dans le carnet de croquis
Passer de l’échelle corporelle (mur) à l’échelle intime (carnet)
Étape 1 — Observation et choix
Face à l’œuvre collective :
Se déplacer devant l’œuvre et observer :
les zones de tension
les vides actifs
les chevauchements significatifs
les relations entre formes.
Définir mentalement un cadre imaginaire autour de la section choisie. (Penser comme un zoom ou un recadrage photographique.)
Le cadrage peut être :
serré
décentré
partiel
Dans votre carnet de croquis dessiner uniquement :
les formes principales
les espaces entre elles
Le dessin doit rendre visible :
la relation forme / espace
la tension
l’équilibre ou le déséquilibre
Utiliser des couleurs qui ne correspondent pas à la logique apparente de la composition. (une couleur absente de l’œuvre ou une couleur inattendue (acide, sourde, froide, artificielle))
Une forme n’existe pas seulement par son contour, mais par sa valeur chromatique.
Une même silhouette change de poids visuel selon sa couleur. Exemple:
Clair = léger / expansif
Foncé = lourd / compressif
Changer la couleur, c’est redéfinir la forme, même si le dessin reste identique. Quand tu modifies les couleurs d’un fragment tu ne changes pas l’image, tu changes la logique de lecture
Pose-toi toujours cette question : Qu’est-ce que cette nouvelle couleur fait à la forme, et à l’espace autour ?
Henri Matisse, Composition, 1947.