LES FLEURS
(COURS #2)
LES FLEURS
(COURS #2)
Dans ce projet, la fleur est abordée comme forces graphiques : tensions, élans, résistances, rythmes.
Le dessin devient un lieu d’expérimentation matérielle, où chaque outil produit une pensée différente.
On ne cherche ni la fidélité ni la finition, mais :
Libérer le réflexe de bien dessiner.
L’émergence de la forme.
Apprendre à engager une ligne sans la corriger
Comprendre que la justesse peut naître d’un geste imparfait mais assumé.
DESSINS 1 - 2 (CROQUIS)
Dans ses dessins, Matisse utilise parfois un bâton au bout duquel il attachait un fusain. Le trait devient, continu, ample, décidé mais non rigide, issu du mouvement du bras et de l’épaule.
Le but ici est d'explorer les directions dominantes, les rythmes, les courbes, ruptures, et la tension visuelle.
Karl Blossfeldt, Urformen der Kunst, Art Forms in Nature, 1929.
Observer les images de référence ci-dessus.
Faire un dessin de chaque image, sur deux feuilles différentes.
Tenir le bâton loin de la pointe.
Dessiner debout.
Le bras est décollé du corps.
Le trait part de l’épaule.
La main ne s’appuie jamais sur le papier.
Chaque fois que le regard se déplace : le bras se déplace aussi.
La ligne peut commencer, s’interrompre, reprendre ailleurs.
Travailler l’axe central, les jaillissements, les proportions.
Chaque trait correspond à un arrêt du regard, un changement de direction.
Alterner traits rapides / traits lents, fort / presque absents, laisser certains traits inachevés.
On ne remplit pas la feuille, on réagit à l'image.
Ce que l’on cherche à faire apparaître: axes dominants, tensions, directions récurrentes, zones d’insistance du regard.
DESSINS 3 - 5 (CROQUIS)
Le croquis intuitif est une réponse immédiate à une sensation visuelle. Il ne décrit pas le sujet, il réagit à sa présence, à son aura.
À partir des image ci-dessus, faire trois dessins différents, sur trois pages différentes.
Travailler au crayon, au pastel gras et à l'aquarelle.
Travailler HYPER rapidement, INTUITIVEMENT, sans trop réfléchir.
Comprendre que la forme apparaît par accumulation, parfois par chance, pas par précision.
DESSIN 6 & 7 (ESQUISSE + DESSIN ÉLABORÉ)
À partir de votre imagination ou d'une image de référence de votre choix, dessiner une ou des fleurs.
Dessiner au crayon et à l'aquarelle.
Dessiner lentement, mais sans chercher la précision.
Travailler par ajouts, effacements, superpositions
Laisser visibles les reprises, les zones annulées, les contradictions.
On cherche une organisation provisoire, quelque chose qui donne envie de continuer, pas de conclure.
Cette esquisse sert de terrain de décision, de zone de doute productive.
Le dessin élaboré viendra s’appuyer sur elle, mais pourra aussi la contredire ou la dépasser.
À partir de votre esquisse, sans chercher la ressemblance, répondez-lui avec des matériaux différents :
Alternez crayon → aquarelle→ pastels.
Laissez des marques qui se recouvrent ou se perdent.
Accordez-vous le droit à l’erreur et à la reprise visible.
Plutôt que de corriger, travaillez par réponse. Si une ligne vous résiste, changez d’outil ou de direction. Si une zone devient dense, laissez-la respirer. Si un geste est fort, assumez-le.
Faites de votre dessin une conversation entre vos décisions successives plutôt qu’une chaîne de geste prévisibles.
Créez des zones d’intensité (surfaces épaisses, traits appuyés), des zones de respiration (espaces blancs, lignes plus légères), des zones de liens ou de contradictions (zones où différents médiums se rencontrent)
Amy Sillman, Sans titre, 2020
Amy Sillman, Split 2 , 2020