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3. Ecole

Les écoles aux années 1900
 
  
De 1796 à nos jours
 
En 1796, la première « maison d’école » était celle de l’instituteur; elle hébergeait maître d’école et élèves. La commune versait un bail à son propriétaire.
 

Voici quelques anecdotes rapportées sur la vie de l’école de Léogeats et de ses maîtres fin XVIII ème et au XIX ème siècle, rapportées par Mr FAURENS :

Mr LAMOTHE, premier instituteur de Léogeats :
 

« Le premier instituteur de la commune a été Mr Lamothe. C’était un Béarnais originaire d’Oloron. Il vint se fixer à Léogeats vers 1796 ou 1797 ; il avait environ trente ans et exerça jusqu’à sa mort le 14 novembre 1838, c’est à dire jusqu’à l’âge de soixante douze ans… 

 
…Auparavant, seulement les curés enseignaient à lire ou à écrire à quelques enfants, sans doute à leurs servants de messe, et à quelques autres peut-être, mais c’étaient là des exceptions : la grande majorité n’allait pas à l’école…
 
…Quoiqu’il en soit, car j’ai hâte de conduire mes lecteurs  dans la salle de classe de mon ancien collègue, Mr Lamothe a du lui-même, j’imagine, choisir son école. Comme on pense bien, il a porté sa préférence sur le bâtiment qui coûtait le moins de fermage, ou peut-être sur celui qu’il a pu trouver gratuitement. Ce qui me le fait supposer, c’est que les divers locaux qu’il a successivement occupés sont tous misérables et se ressemblent à peu de choses près.

 C’était bien ce qu’il y avait de plus mauvais, en fait d’habitation, dans tout le bourg. Pendant de longues années, de pauvres enfants ont été entassés pêle-mêle, dans une sorte de taudis délabré, exigu et malsain, sans lumière et sans air, garantissant à peine de la pluie…

 
…Entrons maintenant. Voyez le plancher, mais quel plancher ! Des voliges espacées en certains points les unes des autres, présentant des vides de près d’un centimètre, qui font craindre que la planche ne se rompe et qu’on n’y enfonce le pied. Pour tout plafond, encore des voliges placées avec parcimonie et recouvertes de tuile, à une hauteur de 2 m 35 du sol…
 
…une ou deux tables, quelques bancs plus ou moins bien équilibrés placés le long des murs, composent seuls le mobilier de l’école.
 
…Pour fustiger les polissons qui ne savaient pas garder le silence, ou qui violaient la discipline en quelque autre façon, Mr Lamothe se servait d’un fouet à cordes qui faisait beaucoup souffrir. Plus d’un retournait le soir à la maison avec des marques trop évidentes des corrections qu’il avait reçues.
 
…Un jour un écolier du quartier de Laulan, au delà du Ciron, qui sans doute recevait souvent les coups de ce maudit fouet, fut assez adroit pour le soustraire, à l’insu du maître, et se fit un malin plaisir de le jeter dans le Ciron à son retour de l’école. Il crut ainsi en avoir débarrassé la classe entière, mais pour comble de malheur, le fouet s’accrocha à une branche du bord quelques centaines de mètres plus bas, et Mr Lamothe, étant allé après la classe garder sa vache bretonne (car il avait une vache), l’aperçut, le repêcha, et continua de s’en servir comme par le passé…
                …Mr Lamothe recevait dans sa classe filles et garçons ; mais à cette époque, l’école était le privilège des familles relativement aisées ; les enfants des pauvres, des ouvriers, n’allaient pas en classe. Aussi, malgré la réunion des deux sexes, malgré quelques élèves forains, le personnel de Mr Lamothe était-il peu important. Il se composait en moyenne d’une vingtaine d’élèves, souvent moins, rarement plus. Les parents le payaient généralement par mois, en argent, quelques-uns en nature, vin, ou autre chose. Tout cela formait un bien mince pécule et mon prédécesseur devait bien être l’un des plus pauvres de la commune. Il l’avait bien compris et avait cherché à arrondir ses revenus. Pour cela il avait pris la place de chantre à l’église, et franchement ce n’était pas dommage, car il avait, disent ses contemporains, une voix du tonnerre qui retentissait dans l’église et même au delà assez loin...

                ...Il avait aussi une vache bretonne dont il s’occupait, ainsi que sa femme, pour grossir ses ressources. Comme il n’avait pas d’enfants, ses dépenses n’étaient pas fort élevées. Il pouvait donc vivre avec sa femme de ces différents revenus, mais c’est tout ce qui lui était possible de faire, et s’il vint pauvre dans la commune, il ne s’y enrichit point : c’est le cas de dire avec le fabuliste « il s’en alla comme il était venu »... 

               ...Mr Lamothe avait un défaut : il aimait beaucoup à boire. Souvent le dimanche avant les offices, comme pour se préparer à mieux chanter, il allait au cabaret voisin et buvait assez copieusement. A la sortie, sans doute pour reprendre de nouvelles forces, il revenait au cabaret. Il y passait le reste de la journée, quelques fois même une grande partie de la soirée ; il revenait, ou plutôt on le reconduisait chez lui dans un état d’ivresse complète. Et ce qui était plus regrettable, le lendemain matin, il n’était pas guéri ; il ronflait dans la classe toute la matinée, les gamins en profitaient pour s’amuser à qui mieux mieux. On devine ce que pouvait être une telle classe. Mais le maître finissait par se réveiller ; alors la férule travaillait dur et les « têtes d’ânes » étaient mises à leur place. Telle était souvent le lundi la situation…

                …Cette vie dura longtemps, autant que celle du maître. Il faut dire que pour s’entretenir dans cette coutume Mr Lamothe ne manquait pas de voisins ou d’amis qui l’eussent provoqué à boire s’il en eut été besoin. C’est là une circonstance atténuante en sa faveur. »...
 

Antoine COUTURES en 1860
 
 
Mr Antoine COUTURES, instituteur à Léogeats de 1855 à 1864 :
« Originaire de Villandraut, …il brilla à l’Ecole Normale par son intelligence et son amour du travail. Il en sortit en 1853 pourvu du Brevet Supérieur…Après un an d’exercice à Queyrac comme instituteur et quatre mois comme adjoint à Guîtres, il fut appelé à Léogeats. Il ne tarda pas à s’y montrer ce qu’il était. Animé d’un grand zèle, comprenant qu’il avait beaucoup à faire, il se mit résolument à l’œuvre. Les progrès ne tardèrent pas à être constatés, si bien que des élèves lui vinrent des communes voisines. Son école s’accrut et prospéra. Mr Coutures , qui se plaisait à Léogeats et qui désirait s’y fixer définitivement, se maria le 8 avril 1856 avec la fille d’un riche propriétaire de la commune. Il exerçait en même temps que ses fonctions propres celles de secrétaire de la Mairie. Il apportait dans toutes ses relations un grand fonds de bonté et d’affabilité. Aussi jouissait-il de l’estime et de la considération générales. Les années passaient et Mr Coutures continuait ses fonctions avec le même zèle, le même dévouement. Mais il avait trop compté sur ses forces. Bientôt une maladie intérieure le mina. Il dut prendre un aide et finalement cesser tout à fait son travail. Il aurait pu avoir de l’avancement, mais Léogeats était son poste de prédilection. En 1862, ses supérieurs crurent devoir l’appeler à Cadaujac, poste bien plus avantageux que Léogeats, mais il préféra rester ici ; il demanda donc à y être maintenu, et reprit au bout d’un mois la direction de son école, qu’il n’abandonna plus jusqu’à sa mort. Le 27 avril 1864, il mourait entre les bras de sa famille éplorée. Il n’avait pas encore trente ans. Je puis dire sans crainte d’être démenti, que toute la commune regretta cet homme de bien, et que, pendant sa trop courte carrière, il ne se fit ici que des amis. »…

…« Les premiers instituteurs de la commune, de 1796 à 1882, furent les suivants :    Messieurs Lamothe, Andreu, Bousquet, Py, Lacoste, Laporte, Lafargue, Coutures, Mignot, Faurens. »

Extraits du manuscrit « Histoire de l’Instruction Primaire dans la commune de Léogeats » de Monsieur FAURENS, dixième instituteur de la commune, rédigé le 18 avril 1882. Archives Départementales de la Gironde. Origine Nicole DURAND, Léogeats.
 
Les deux dernières maisons d’école en usage jusqu’en 1892, avant l’ouverture du groupe scolaire actuel, ont été, d’une part celle de Mr FOLLET à Peylèbe, et d’autre part celle de Mme Corinne HILAIRE, au Bourg.
 
En juin 1881, après des débats houleux à la Chambre des Députés, et surtout au Sénat, Jules Ferry a fait voter la Loi sur l’Instruction Publique, principe d'un enseignement primaire laïque, gratuit et obligatoire, en opposition à la Loi Falloux.
 

                  On retrouve trace en 1890 d’une enquête commodo et incommodo destinée à mettre sur pied l’acquisition des terrains nécessaires à la construction d’un groupe scolaire avec Mairie. 

                Cette réalisation fut terminée le 7 février 1892, sous le mandat de Mr SAUBOUA, grâce à un emprunt de 26946 F auprès du Crédit Foncier.
 
 
 
 
La mairie et les écoles en 1910.
 
 

L’école communale des filles en 1920 :

 

« Les élèves, âgés de 5 à 12 ans, venaient parfois de fort loin à pied, cinq kilomètres, chaussés de sabots de bois et l’hiver encapuchonnés dans de grandes pèlerines de laine épaisse.

 

Tous les élèves étaient vêtus de tabliers noirs, ceux des filles étaient ornés de cols en dentelle fournis par le photographe uniquement le jour de la photo...

 

L’arrivée à l’école était suivie d’une méthodique mise en rang avec contrôle systématique biquotidien de la propreté des oreilles , ainsi que des mains sur les deux faces.

 

L’école des filles, quoique dans le même bâtiment, était séparée de celle des garçons par un mur au milieu  de la cour.
 

La première matière étudiée chaque jour par la trentaine d’élèves  était la morale, ou instruction civique, suivie de grammaire, calcul mental, arithmétique ou géographie, selon le programme établi par les instituteurs, Mr et Mme DUBOURG.

 

Le diplôme sanctionnant la fin de la scolarité était le certificat d’études primaires, qui équivalait pour l’époque à ce que représente la valeur du Baccalauréat de nos jours.

 

Les punitions corporelles étaient inexistantes, mais les lignes et les verbes étaient monnaie courante.

 

Ardoises et crayons d’ardoise pour le brouillon, cahiers et portes plumes à encre violette étaient les outils indispensables.

 

La cantine n’existant pas encore, les élèves qui demeuraient trop loin pour rentrer manger chez eux emportaient un casse-croûte vite avalé sous le préau ou bien dans les salles de classe en cas de mauvais temps.

 

L’heure du retour au domicile devait être avancée les soirs d’hiver pour les élèves habitant loin du bourg, afin de leur permettre d’arriver avant la nuit : les moins chanceux d’entr’eux redoutaient plus que tout chaque petit bruit de la forêt. Leur imagination galopante leur faisait en effet transformer chaque petit animal courant dans les feuilles mortes en bête féroce prête à les dévorer… »

 

(Propos recueillis le 15 mars 2001 auprès de Mme Germaine CRONER, 90 ans,  par Laure TAUZIN, 12 ans, pour un exposé scolaire ).

 

 

En 1956, une centaine d'enfants fréquentent l'école ; en 1957, sous le mandat de René LALANNE, est décidée la construction d'une troisième classe destinée aux plus jeunes, pour un coût de 2 997 948 F.

Une seconde classe primaire est ouverte en octobre 1958 à l’école des filles. On trouve alors un directeur de l’école des garçons, une directrice de l’école des filles, et une institutrice adjointe. Malgré leur dénomination, les classes sont mixtesEn 1960 est effectué l'achat du terrain contigu pour agrandir la cour de récréation.

En 1961, le Maire propose que la commune prenne en charge la gratuité des fournitures scolaires, à l’exception des livres.  

 En 1962, la baisse brutale des effectifs amène la fermeture de cette troisième classe, tant attendue quelques années auparavant. L'école devient mixte avec un seul poste de direction, et l’école des filles se transforme en cantine après quelques aménagements. 

En 1977, livres et fournitures sont gratuits pour les élèves.
 
La cour de l'école en 1980
 

En 1993, création d’un poste d’assistante maternelle auprès des plus jeunes.

Suivant un projet élaboré en 1995, les travaux de réhabilitation des bâtiments communaux de l'ensemble mairie-école débutent en 1997, sous le mandat de Alain DULOU, maire.

Réhabilitation  de l’ancienne classe des petits, le restaurant scolaire, aux locaux agréables, et clairs, avec cuisine équipée aux normes de sécurité en vigueur, est inauguré à la rentrée de septembre 1997, et aura coûté 1 100 000 F.

La rentrée 1998 voit nos enfants investir un groupe scolaire fonctionnel dans sa totalité, avec deux salles de classe, une salle d' activité pour les tout petits, une entrée et des sanitaires.

En 1999, faute de candidature au nouveau bureau de l'association Cantine Scolaire de Léogeats, la dissolution de celle-ci est prononcée, et le restaurant scolaire municipalisé.

Cette année là, dans le cadre du développement des technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement, les enseignants de Léogeats établissent un projet. Celui-ci, accueilli favorablement par l'Inspection Académique et la municipalité, voit l'informatique s'installer au sein de l'école avec l'arrivée de trois postes : deux pour les "grands" et un pour les "petits", support de travail pleinement intégré dans les méthodes d'enseignement actuelles.

Durant les travaux, la mairie est déplacée dans la salle polyvalente. La réouverture au public de ses locaux a lieu en mars 2000.
 
Depuis 2000, les effectifs du RPI Budos/Léogeats sont en progression régulière. Ce qui a entraîné à la rentrée 2006, d'une part la création d'une troisième classe sur la commune de Léogeats,d'autre part la réorganisation du RPI sur le plan pédagogique : les deux classes de maternelle et le CP se trouvent à Budos, les CE1 CE2 CM1 CM2 à Léogeats. Ainsi ont été mis en place des échanges de services entre les classes. A signaler aussi, l'installation de la BCD et de l'atelier informatique à l'étage du groupe scolaire. Les nouveaux locaux ont été inaugurés par Cédric Pujol, maire, au mois d'avril 2007.
 
 
Les bâtiments communaux en 2004.
 
 
 
PERLES D'ECOLIERS
 
 

Voici quelques unes des meilleures perles produites sur les bancs léogeatais, et rapportées par Nicole DURAND, Directrice de l'Ecole Communale de 1965 à 1997.

 

Histoire :

                            Saviez-vous que du temps des Romains se déroulaient des combats de "radiateurs" ...

                            Avez-vous entendu parler de l' "excursion" de Louis XVI sous la guillotine : il n'en est jamais revenu ...

Géographie :

                            Les deux grandes plaines fertiles du Bassin Parisien sont la "Brosse et l'Habit"...

                            Les eaux des lacs , des étangs et des mares sont des "eaux sèches"...

Français :

        Conjugaison : La maîtresse : " Papa se lave, c'est quoi comme temps ? "  Un élève : " C'est dimanche, Madame ! "

        Vocabulaire :  Dans les prisons on met les voleurs dans des "cageots" ...

                               La soeur d'un élève a été victime de l'épidémie de "vermicelle" ...

                                Le "mirador" est une race de chien.

                                Papa conduit sa voiture au garage pour la faire "engraisser"...

                                Le canard et sa cane promènent leur "canon", pendant que le loup cherche sa "loupe"...

                                On risque d'attraper un "parasol" si l'on reste trop longtemps au soleil sans chapeau...

                                Pour ne pas s'écraser au sol avec son avion, le pilote saute avec son "parasol"...

Sciences :

                            La maîtresse : "  Donnez moi le nom d'un os se terminant par UR " L'élève : " La  ferrure, Madame ! " 

                            " Quel est l'os essentiel du bas du tronc ? " " Le bassin avec le public ( pour pubis ), Madame !" 

Maths :               La maîtresse : " Les différentes unités de mesure de longueur sont le kilomètre, l'hectomètre, le décamètre, le  mètre, le décimètre, le centimètre et le millimètre".    

                            L'élève : " Eh, Maîtresse ! Vous oubliez le diamètre ! "...