Les îles de Kos et de Rhodes possèdent chacune leur caractère mais toutes deux offrent à l'amateur d'histoire et de culture le plus beau patrimoine des îles du Dodécanèse. Elles comptent parmi les fleurons du monde hellénique. A Rhodes, le Colosse, l'une des sept merveilles du monde, annonce l'approche de l'île aux navigateurs alors que sur les hauteurs de Kos, patrie d'Hippocrate, près du sanctuaire d’Asclépios, est inventée la médecine moderne. Plus tard, au temps de l'Empire byzantin, elles se couvrent d'églises et de monastères avant qu'au début du XIVe siècle les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean, chassés de Chypre, fassent de Rhodes la capitale de leur Etat et de Kos un bastion de la guerre qu'ils mènent contre les Turcs. En 1522, ces derniers en font finalement la conquête après un siège de six mois conduit par Soliman le Magnifique. Aujourd'hui, ces deux perles du Dodécanèse n'attendent que votre visite, à la croisée des influences grecques, byzantines, occidentales et ottomanes.
Les points forts
La découverte de deux îles du Dodécanèse au riche patrimoine
L’Asclépiéion de Kos, patrie d'Hippocrate
Le charme du village de Kephalos à l'ombre de sa forteresse vénitienne
La prestigieuse ville médiévale de Rhodes
Le palais des Grands Maîtres, reflet de la puissance des chevaliers
Le temple d’Athéna Lindienne, surplombant sur la mer Egée
L'ancienne cité d'Ialyssos
Le chronoguide Grèce
J 1 - Samedi 10 octobre 2026 Paris – Kos
Vol pour Kos dans la matinée.
L'île de Kos est située au nord-ouest de Rhodes, entre les péninsules de Cnide et d’Halicarnasse. Elle est célèbre grâce à Hippocrate qui y naquit vers 460 et y fonda la première école de médecine qui fit la fortune de l'île, mais ce fut également la patrie du peintre Apelle.
Déjeuner inclus à notre arrivée.
Nous débuterons ensuite notre visite de Kos par une promenade dans son centre historique reconstruit après le séisme de 413/412 av. J.-C. en suivant un plan géométrique rigoureux. Autour de l'agora, bien délimitée, différents temples ont été identifiés, dont celui d'Aphrodite Pandemos, daté du IIe siècle avant notre ère. Il était de forme rectangulaire, contrairement au temple d'Héraclès, trapézoïdal.
A proximité des thermes centraux, l'immense Maison Romaine occupait une insula entière. Ce que l'on voit aujourd'hui, ce sont les vestiges d'une riche demeure patricienne datant du IIIe siècle de notre ère, avec des luxueux pavements de mosaïque.
De l'extérieur, le château de Neratziá impressionne par sa double enceinte du XVIe siècle. Il était le bastion des chevaliers de Rhodes dans l'île.
Dîner libre. Nuit à Kos.
J 2 - Dimanche 11 octobre 2026 Kos
A la mort d'Hippocrate, fut élevé l'Asclépiéion, à la fois sanctuaire dédié au dieu Asclépios et centre de soins gardant la trace de son évolution sur près d'un millénaire. Ses terrasses superposées dessinent encore aujourd'hui un chemin initiatique jusqu'au saint des saints où le malade pouvait espérer trouver la guérison : le grand temple dorique d’Asclépios, copie du temple d’Épidaure, entouré de portiques.
Après le déjeuner inclus, nous nous éloignerons de la capitale pour découvrir d'autres richesses de l'île.
La forteresse d’Antimachia fut édifiée par les Hospitaliers de Saint-Jean, au XIVe siècle. Ses impressionnantes murailles, renforcées de bastions circulaires, résistèrent longtemps aux assauts des Ottomans.
Les ruines de la basilique paléochrétienne d’Agios Stefanos jouissent d'un site admirable, les pieds dans l'eau. Nous nous promènerons ensuite dans le village voisin de Kefalos, veillé par une ancienne forteresse vénitienne, parsemé de maisons traditionnelles et de moulins à vent.
Enfin, nous visiterons le site hellénistique d’Astypalea. Première capitale de l'île, on y a mis au jour les vestiges d'un théâtre et d'un temple sans doute dédié à Déméter.
Dîner libre. Nuit à Kos.
J 3 - Lundi 12 octobre 2026 Kos – Rhodes
Avant de quitter Kos nous visiterons son musée archéologique. Il est de taille restreinte mais donne une excellente image de la richesse de l'île, avec ses mosaïques et une remarquable collection de statues ramenées des différents sites de l'île.
Après un déjeuner libre, nous prendrons un ferry qui nous amènera à Rhodes en fin d'après-midi.
D’abord siège d’un comptoir crétois, l’île de Rhodes devint un royaume indépendant dès l’âge du bronze tardif. Conquises par les Doriens, les trois cités de Rhodes, Lindos, Ialyssos et Camiros, se livrèrent au commerce dans toute la Méditerranée et fondèrent de nombreuses colonies en Italie, Sicile, Espagne…
Dîner inclus. Nuit à Rhodes.
J 4 - Mardi 13 octobre 2026 Rhodes Lindos - Asklepios - Kamiros
Située sur la côte orientale de l'île, Lindos est un des sites les plus pittoresques de Rhodes. Des ruelles blanches montent à l'assaut d'une forteresse médiévale – le palais du Gouverneur construit au XVe siècle – avant de déboucher sur le plateau battu par les vents, surplombant les eaux turquoises de la mer Egée. C'est là que s'élèvent les vestiges du temple d’Athéna Lindienne de style dorique, reconstruit après l’incendie de 342 avant notre ère. On y accède encore par des propylées monumentaux, avec escalier central et portique à deux ailes en retour dont on a relevé quelques colonnes. Dans la partie basse du sanctuaire antique, une petite esplanade abrite une exèdre taillée dans le rocher. Dans le village, de belles maisons des XVIe et XVIIe siècles voisinent l’église médiévale de la Panaghia.
Déjeuner inclus.
Nous gagnerons le village d’Asclépios, intéressant par son site et son église byzantine de la Dormition-de-la-Vierge, l’une des plus anciennes de l’île de Rhodes. Ses murs intérieurs entièrement recouverts de fresques d’une grande force expressive constituent de véritables récits illustrés des épisodes bibliques et des premiers temps de l’Église.
Nous traverserons ensuite l'île pour rejoindre Camiros, qui a conservé un quartier d’habitations hellénistiques ; l’acropole n’était pas fortifiée. Subsistent quelques fondations du temple d’Athéna, au nord de l’acropole une grande citerne (VIe-Ve siècles av. J.-C.), et, surtout, à l’ouest de la colline, un portique de 200 mètres de longueur avec deux rangées de colonnes doriques, les vestiges du temple d’Apollon Pythien et une grande fontaine.
Dîner inclus. Nuit à Rhodes.
J 5 - Mercredi 14 octobre 2026 Rhodes
Cité antique prospère, comme l’atteste le célèbre colosse qu’elle fit édifier en 292 avant notre ère par le sculpteur Charès de Lindos, Rhodes devint port franc à l’époque romaine. Byzantine avant de tomber aux mains des Sarrazins, elle fut reconquise lors des croisades avant de devenir la place forte des hospitaliers de Saint-Jean au XIVe siècle, qui ne cédèrent à la pression ottomane qu’en 1523.
Toute corsetée de remparts, Rhodes est profondément marquée par l'héritage des Hospitaliers, qui y trouvèrent refuge après leur départ de Terre sainte. C'est ce que nous découvrirons en arpentant la vieille ville de Rhodes (Unesco) le long de la rue des Chevaliers, merveilleuse incarnation de l'atmosphère de la cité médiévale, avec ses pavés soigneusement joints et les auberges gothiques des nations qui la bordent.
Le palais des Grands Maîtres dresse encore sa masse formidable au cœur de la vieille ville et témoigne du pouvoir exercé de 1308 à 1522 par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Bien qu'en partie détruit en 1851 par l’explosion d’une poudrière oubliée là par les Ottomans, il laisse toujours apparaître son dispositif défensif et les appartements des grands maîtres grâce à une méticuleuse restauration menée d’après les plans originaux de 1937 à 1939, lors de l’occupation de l’île par l’Italie.
Autour de la rue Sokratous, nous nous promènerons dans l'ancien quartier turc. Nous croiserons des mosquées qui attestent de la longue présence ottomane dans la ville et dans l'île.
Déjeuner libre.
Poursuivant notre promenade, nous arriverons au musée archéologique installé dans l’hôpital des Chevaliers. Le palais a été très restauré à l’époque italienne, mais l’ensemble est impressionnant. Le musée expose à la fois des souvenirs de l’époque des chevaliers (pierres tombales notamment) et des objets trouvés lors des fouilles effectuées dans les cités antiques de l’île de Rhodes : céramiques provenant des tombes d’Ialyssos, objets de Camiros ; dans le réfectoire, stèles d’époque romaine ; dans la salle archaïque, deux kouroï en marbre provenant de Camiros. Rhodes a été le centre d’une remarquable école de sculpture.
Dîner libre. Nuit à Rhodes.
J 6 - Jeudi 15 octobre 2026 Rhodes - Ialyssos - Paris
Nous gagnerons ce matin l’acropole de la ville antique de Rhodes, pour remonter aux origines de la capitale de l'île. Construite à partir de 408 avant J.-C. sur le mont Smith, elle ne fut jamais enrichie ni transformée et a gardé sa structure originelle, témoin de l'importance du port antique. Nous y découvrirons un odéon, un temple consacré à Apollon pythien, un nymphée composé de quatre grottes artificielles, lieu de plaisir et de détente, et un stade bien conservé. Tout en haut : les restes des temples d'Athéna et de Zeus mais aussi une superbe vue sur la ville et la mer...
Déjeuner inclus.
Située à moins de dix kilomètres de l'aéroport de l'île, sur le plateau du mont Filérimos, Ialyssos fut célèbre pour son temple d’Athéna Polias – dont subsistent les fondations – de style dorique avec six colonnes sur les petits côtés. Une basilique paléochrétienne s’est établie à l’emplacement du temple au Ve siècle. Les fortifications byzantines furent également bâties en utilisant des blocs et des colonnes du temple.
Bibliographie
Jean-Claude Cheynet.
Byzance. L'Empire romain d'Orient. Armand Colin, Paris, 2015.
Louise Bruit Zaidman et Pauline Schmitt Pantel.
La Religion grecque. Dans les cités à l'époque classique. Armand Colin, 2015.
Jacqueline de Romilly.
Homère. PUF, Paris, 2019 (réédition). (Que sais-je ?)
Jean-Nicolas Corvisier.
Les Grecs et la mer. Belles Lettres, Paris, 2008. (Realia)
Bertrand Galimard Flavigny.
Histoire de l'ordre de Malte. Perrin, Paris, 2010.
Alessandro Barbero.
Le divan d'Istanbul : Brève histoire de l'Empire Ottoman. Payot, 2013.
Claude Orrieux et Pauline Schmitt Pantel.
Histoire grecque. PUF, 2016.
Bernard Holtzmann et Alain Pasquier.
Histoire de l'art antique - L'art grec. RMN, 2011. (Petits Manuels de l'Ecole du Louvre)
Jacques Lacarrière.
Dictionnaire amoureux de la Grèce. Plon, 2001.
Jannic Durand.
L'art byzantin. Pierre Terrail, 1999.
Guides
Collectif.
Guide Voir Îles Grecques, avec la Crète et Athènes. Hachette Tourisme, Paris, 2019. (Guides Voir)
collectif.
Guide Vert Iles grecques et Athènes. Michelin, 2019. (Guides touristiques)
Pierre Cabanes.
Petit atlas historique de l'Antiquité grecque. Armand Colin, Paris, 2016.
Guide Evasion Iles Grecques. Hachette, 2016.
Cartes
Carte Michelin Grèce. 1/700 000. Michelin, Paris, 2012.