À un peu plus de deux heures de Madrid ou de Valence se trouve Cuenca, l’une de ces destinations où l’été se vit entre eau, nature et ciels infinis. Un refuge idéal pour échapper à la chaleur entre plages fluviales, forêts, villages de montagne et nuits traversées d’étoiles filantes.
Ici, l'été a le goût des baignades à la Playeta de Cañamares, des promenades le long des cascades du Nacimiento del Río Cuervo ou des couchers de soleil sur les gorges du Júcar et du Huécar. À seulement 30 kilomètres de la capitale, la « Ciudad Encantada » dévoile l’un des paysages géologiques les plus spectaculaires d’Espagne, tandis que Valeria, cité romaine fondée il y a plus de deux mille ans comme lieu de repos, témoigne d’une longue tradition de destination dédiée à la déconnexion.
La Serranía de Cuenca, en plus d’être un refuge naturel face aux fortes températures, constitue également l’un des meilleurs sites du pays pour l’astrotourisme grâce à ses ciels certifiés Starlight. Entre lagunes aux couleurs irréelles, itinéraires historiques, faune sauvage et villages empreints de tradition, Cuenca offre un été paisible, authentique et profondément connecté à la nature, devenu de plus en plus rare.
Nous vous recommandons de visiter le Parador de Cuenca, un ancien couvent du XVIe siècle situé face aux emblématiques Casas Colgadas. Depuis ce lieu, outre des vues privilégiées sur la gorge du Huécar, il est possible de découvrir la gastronomie la plus authentique de la province, avec des plats traditionnels comme le morteruelo (pâté chaud à base de viande de gibier), l’ajoarriero (préparation à base de morue) ou l’alajú (dessert traditionnel) réinterprétés avec la signature culinaire propre de Paradores.
Certaines escapades naissent sur un coup de tête, d’autres se rêvent et se préparent longtemps à l'avance. Cuenca fait partie de ces villes que l'on découvre souvent grâce aux confidences de quelqu'un déjà conquis par son charme. Car oui, cette ville a le pouvoir de surprendre. Inscrite au patrimoine mondial depuis près de trois décennies, elle demeure pourtant méconnue de beaucoup. Alors, si vous envisagez une première visite, suivez ce conseil : prenez votre temps, gardez l'esprit ouvert et, si possible, offrez-vous un séjour au Parador. Le week-end s'annonce prometteur.
Cuenca ne peut se comprendre sans son paysage. Plus qu’une ville, c'est une aventure verticale où gorges, rivières et ruelles s’élancent comme suspendues au-dessus du vide. Dès votre arrivée, le regard est irrésistiblement attiré par son emblème le plus célèbre : les maisons suspendues. Il n'en subsiste aujourd'hui que trois authentiques, mais elles continuent de fasciner par cette architecture improbable, défiant toute logique. Ce que peu de visiteurs savent, c’est qu’il est possible d’y pénétrer.
Et juste en face, au-dessus de l'impressionnant canyon de la rivière Huécar, se dresse le Parador de Cuenca.
L'ancien couvent de San Pablo, devenu aujourd'hui Parador, se fond si parfaitement dans le paysage qu’on croirait qu’il a toujours été là, attendant patiemment votre visite. Y dormir, c’est remonter les siècles sans renoncer au moindre confort moderne. Chaque espace a son charme et son histoire : le cloître vitré baigné de lumière, la cafétéria aménagée dans l'ancienne chapelle ou encore la piscine panoramique dont, en saison, il est presque impossible de s’y éloigner. De plus, il vient tout juste de rouvrir après d'importants travaux de rénovation.
Depuis le Parador, s’élance l’une des balades les plus emblématiques de Cuenca : la traversée du pont de San Pablo. Mieux vaut ne pas avoir le vertige, car ce pont de fer et de bois s’élève à 40 mètres au-dessus du vide. Il relie l’ancien couvent au cœur historique et offre l’une des vues les plus spectaculaires de la ville. Au coucher du soleil, quand la lumière dorée caresse les façades suspendues, l’expérience devient inoubliable.
Commencez votre promenade par le centre historique et poursuivez jusqu’à la cathédrale, véritable joyau gothique érigé sur l'ancienne mosquée après la Reconquête. L’édifice révèle, au fil des siècles, une superposition fascinante de styles : roman, plateresque, baroque... Mais ce qui impressionne le visiteur se trouve surtout à l’intérieur. Monter dans les hauteurs de sa structure offre une perspective unique sur la nef centrale et sur la plaza Mayor, le cœur animé de la ville.
C'est précisément sur cette place que l'on ressent le pouls de Cuenca. Bordée de petites maisons colorées, de l'hôtel de ville et du couvent de Las Petras, elle invite à une pause : prendre un verre en terrasse et simplement observer la vie qui s’y déroule. À quelques pas, des ruelles sinueuses conduisent aux quartiers de San Miguel ou San Martín, chacun avec sa propre personnalité et son charme.
Parmi les grands plaisirs de Cuenca, ses nombreux belvédères, occupent une place de choix. Du belvédère Florencio Cañas, offrant une vue panoramique depuis le secteur du château, au discret belvédère San Miguel, qui se dévoile discrètement au paysage et procure un instant de silence. Pour une petite randonnée, le Cerro del Socorro se gravite facilement et récompense l’effort par une vue spectaculaire. Quant aux passionnés de photos mémorables, le belvédère Miguel Ángel Troitiño, dédié à l'un des grands artisans de la reconnaissance patrimoniale de Cuenca, est idéal pour immortaliser la ville à vos pieds.
Si vous avez une voiture – ou simplement l’envie de partir à l’aventure – la route jusqu'au Ventano del Diablo ou à la Ciudad Encantada est un excellent plan. Le premier offre un belvédère naturel sur la gorge du Júcar ; le second est un parc géologique où les roches, façonnées par l'eau et le vent, se transforment en animaux, objets ou fantaisies de la nature. Et si votre curiosité n’est pas encore rassasiée, les Caras de Buendía, sculptées dans la pierre au cœur de la forêt, vous arracheront plus d’un sourire émerveillé.
Après tant de balades, votre appétit ne manquera pas de se faire sentir. C'est là que Cuenca révèle une autre de ses grandes richesses : sa gastronomie. Savoureuse, authentique et pleine de caractère. Sur votre table, ne passez pas à côté du morteruelo (pâté chaud à base de gibier), de l'ajo arriero (plat traditionnel à base d’ail et d’autres ingrédients), des zarajos (intestins d’agneau enroulés, marinés et grillés) ou de généreuses migas (plat traditionnel à base de pain sec émietté, frit). Le tout accompagné de fromages manchegos, d'huile d’olive, de vin et de pain comme autrefois. Pour finir sur une note sucrée, laissez-vous séduire par l'alajú, un dessert d'origine arabe mêlant amandes et miel.
Et oui, tout cela peut également se savourer au Parador, où la tradition est soigneusement préservée et revisitée avec modernité. Déguster un repas dans son ancien réfectoire, sous un plafond à caissons en bois, entouré d'histoire et de saveurs, constitue le point d’orgue parfait d'une journée bien remplie. Ici, voyager avec les cinq sens prend tout son sens.
Le voyage commence bien avant de passer la nuit entre ses murs médiévaux : il débute dès le passage de ses tours.
Une entrée conçue pour impressionner… et défendre
Arriver à Alarcón, ce n’est pas simplement entrer dans un village. C’est entrer dans une stratégie militaire d’une remarquable ingéniosité qui, au Moyen Âge, faisait de cette cité une forteresse pratiquement imprenable.
Le parcours s’ouvre sur la présence imposante de la Torre de Armas (Tour des Armes), également appelée Torre del Campo (Tour du Champ), à la fois isolée et vigilante. Elle constituait un premier avertissement : à partir de ce point, tout était sous contrôle.
Un peu plus loin, dans l’étroit passage reliant le village à l'extérieur, se dresse la Torre de Enmedio (Tour du Milieu), ou Torre del Calabozo (Tour du Cachot). Ici, l'accès se resserre, devient plus maîtrisé, plus stratégique.
Rien n'est laissé au hasard. Chaque tour imposait de s'arrêter, de bifurquer, de s'exposer. En cas d'attaque, la progression de l’ennemi se trouvait ralentie, tandis que les défenseurs prenaient l'avantage. C'était de la pure intelligence militaire façonnée dans la pierre.
Bien qu'il s'agisse de l'accès principal, Alarcón disposait d'autres entrées essentielles, venant parfaire un système défensif d’une remarquable sophistication.
Au sud, la Puerta de Chinchilla assurait le contrôle des voies terrestres. Au nord, la Puerta del Río, également appelée Puerta del Pilar, surveillait le passage près de l’eau. Et, à proximité du château, l’évocatrice Puerta de la Traición offrait une issue discrète en cas de siège.
Chaque accès avait sa fonction. Chaque élément s’intégrait dans un dispositif parfaitement coordonné.
Trois remparts… et un château qui domine tout
Mais le plus saisissant arrive ensuite : Alarcón ne possédait pas qu’un seul rempart, mais trois remparts fortifiés successifs, renforcés de tours et parfaitement adaptés au relief rocheux que dessine le méandre du fleuve.
Le résultat : l’un des systèmes défensifs les plus complets de l’Espagne médiévale. Et pour couronner le tout, le château, aujourd’hui transformé en Parador. Cet édifice conserve plus de treize siècles d’histoire : de forteresse préromaine à citadelle arabe, puis bastion chrétien après la conquête de 1184, ses murs ont été les témoins silencieux de siècles d’histoire.
Son imposante Torre del Homenaje (Tour de l'Hommage), visible de loin, ne symbolisait pas seulement le pouvoir : elle constituait aussi le dernier refuge en cas de siège.
Dormir au cœur d'une forteresse royale
Ce qui fascine, c'est que tout ce système défensif demeure vivant aujourd'hui. En franchissant les portes du Parador de Alarcón, vous pénétrez en réalité le dernier maillon de ce dispositif défensif : le cœur même du château. Sa cour intérieure, ses murs de pierre et sa position dominante sur le fleuve Júcar vous placent exactement là où s'arrêtait la défense. Dormir ici, c'est s’immerger dans l'histoire et vivre une expérience tout simplement unique.
Une forteresse conçue en harmonie avec le paysage
Et ce n’est pas tout. Alarcón ne s’est pas édifié uniquement en pierre : la nature y joue un rôle déterminant. Le Júcar entoure la ville en formant une péninsule, de sorte qu’en contrôlant un seul accès terrestre, tout l’ensemble était sécurisé.p>
Un château, trois remparts, plusieurs tours… et un fleuve transformé en douve naturelle. Ce n’était pas seulement de l’architecture : c’était de la stratégie, de l’ingéniosité, une véritable vision du territoire.
La prochaine fois que vous franchirez ses portes, prenez un instant pour vous arrêter. Admirez les tours, les remparts, le paysage. Car vous ne pénétrez pas simplement dans un village : vous parcourez le même chemin qu’empruntaient, il y a des siècles, armées, chevaliers et rois. Et tour après tour, pas après pas, vous comprendrez pourquoi Alarcón semble toujours aussi imprenable.
Parador