Il y avait également en activité des mines d’argile réfractaire ou carrières souterraines, qui étaient en activité au 19e siècle.
Elles étaient exploitées par des Bagnolais ; monsieur B…., cafetier, place du Bourneuf et monsieur R….., habitant 6, route de Nîmes. Ils employaient surtout de la main d’œuvre étrangère dans des conditions plutôt précaires, si l’on en juge par les différents témoignages écrits de l’époque et dont nous vous donnons un exemple ci après.
Cl. de Castelnau, ingénieur des mines vient à Saint-Michel, contrôler les installations. De retour à Alès il écrit aux responsables, il fait part de ses réflexions à monsieur B…. en ces termes ; « Je vous confirme les recommandations que je vous ai fait le 14 de vive voix. Veuillez faire boiser votre puits des carrières souterraines de Saint-Michel-d’Euzet, du haut en bas ; il est aussi nécessaire de multiplier les anneaux en fer qui sont déjà posés et de les relier l’un à l’autre par des barres de fer méplat.
Le câble par lequel je suis descendu dans les travaux est, au moins sur une partie, de sa longueur, en mauvais état, il est nécessaire de porter remède immédiatement à cet état de choses…
Enfin vous devez, comme je vous l’ai dit vous conformer exactement aux prescriptions du décret du 4 septembre 1879 que vous avez complètement méconnu jusqu’à ce jour, soit en ce qui concerne vos déclarations soit en ce qui touche aux accidents. »
Monsieur l’inspecteur n’épargne pas non plus l’autre exploitant ; " La visite que j’ai fait de vos carrières, etc … m’a permis de constater le peu de solidité du puits n° 5 et les dangers qu’il y aurait à y travailler en l’état. … Vous êtes en contravention pour ne pas vous être conformé au titre premier du décret portant règlement des carrières du Gard etc…
Enfin j’attire votre attention sur les obligations auxquelles vous soumet ce même décret lorsqu’un accident arrive dans vos travaux. Vous êtes à cet égard plusieurs fois en contravention puisque plusieurs accidents, peu graves il est vrai, y sont survenus."
Les compagnies ou les propriétaires qui exploitaient ces mines possédaient leur personnel, aussi il semble que le village ne fournissait pas ou très peu, la main d’œuvre pour descendre dans les mines. Les Saint-Michelois faisaient plutôt le transport de la production, lorsque celle-ci était triée. Certains habitants travaillaient leurs terres le jour et faisaient le transport la nuit. Ils faisaient le voyage en charrette jusqu’à Bollène par n’importe quel temps, puis s’en retournaient à la lueur pale de leur lanterne, souvent sous la pluie et le froid. Que dire de ceux qui travaillaient sous terre, ainsi que les chevaux, ces pauvres bêtes qui ne sortaient jamais.
Une chose est sure, le sous-sol au centre de la commune en lisière de la forêt, ressemble paraît-il à un gruyère. Des kilomètres de galerie, témoignage de gens courageux et d’un passé révolu, demeurent depuis leur abandon, dans le silence des profondeurs.
Les couches de lignite présentes dans la commune sont la conséquence directe de ces mers qui ont envahi le territoire voici des millions d’années, à l’époque du carbonifère, puis au tertiaire. Recouverte et tuée par cette eau salée, la végétation luxuriante qui dominait le paysage, fut, rassemblée en de gigantesques dépôts. Le processus de sédimentation et de transformation s’est poursuivi après que la mer se soit retirée, donnant pour résultat, la formation de strates de lignite dans le sous-sol.
Depuis for longtemps l’homme a cherché à récupérer ces richesses enfouies, témoignages de l’existence d’une végétation qui vécu à une autre ère
La commune conserve donc dans son paysage des vestiges d’anciennes mines d'argile réfractaire et de lignite. Il est clair qu’en matière de richesse on peut trouver mieux, car cette variété de charbon demeure un combustible médiocre, même si on y trouve une teneur en carbone plus importante que dans la tourbe.
Conséquence de la présence de ce lignite, Saint-Michel possède dans les profondeurs de son sous-sol, des mines abandonnées.