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Pendant ce temps, Hitler se suicide le 30 avril, dans son bunker de Berlin. La 3e division d’infanterie américaine et la 2e DB, continuent leurs avancées avec pour objectif un symbole, le Berghof à Berchtesgaden. Les Américains arrivent les premiers et prennent position dans le village, mais ils ignorent que la résidence d’été n’est pas le Nid d’Aigle qui lui se trouve 3 kms plus loin et domine le paysage. Après avoir rusé pour devancer les Américains, une quinzaine d’hommes dont Franky avec un groupe de la Nueve du 3e (RMT) Régiment de Marche du Tchad, se mettent en route en fin de matinée. Avec à sa tête le capitaine Touyeras, ils atteignent ce qui reste de la partie visible du Kehlsteinhaus le « Nid d'Aigle ». Les derniers 100 mètres se font en ascenseur, mais son capitaine jugeant que cette entrée peut, être piégée, décide d’escalader la falaise avec sa section. Franky, avec le groupe de la Nueve, se retrouve peu de temps après à 1.800 mètres d’altitude, dans le « nid d'Aigle » du Führer.
Vers 17 h, le capitaine Touyeras s’empare d’un drapeau tricolore remis par un officier français et bientôt les couleurs de la France flottent au vent de la victoire.* Le « Nid d'Aigle » un des dernier symboles du nazisme tombe, le samedi 5 mai 1945.
Les républicains espagnols de la « Nueve » sont également présents dans ces moments historiques. Certains trinquent avec Leclerc et les Américains. Franky et deux de ses camarades préfèrent jeter un coup d’œil dans ce lieu mythique. Ils entrent et ...
Non je ne le savais pas !
Pourtant j'étais passionné d'histoire,
mais on ne l'apprenait pas à l'école.
La colonne Dronne, composée d'éléments de "LA NUEVE" entre dans la capitale dans la soirée. La Nueve, c'est-à-dire la neuvième compagnie de la 2e DB, est commandée par le Capitaine Raymond Dronne, un gaulliste de la première heure et l'un des rares Français de cette compagnie.
A bord d’un véhicule blindé, Franky arrive Porte d’Italie puis Place Nationale ; Place Pinel ; Boulevard de l’hôpital ; Pont d’Austerlitz ; Quai Henri IV ; Quai de l’Hôtel de Ville et Place de l’Hôtel de Ville.
Ce soir du jeudi 24 août 1944, il est 21 h 20 lorsque le « Guadalajara 2 » qui sera plus tard détruit une deuxième fois en Alsace et remplacé par le « Guadalajara 3 », arrive également. Quelques minutes après, un autre half-track « el Ebro » tire les premiers coups de feu sur un nid de mitrailleuses allemandes.
Les Parisiens regardent incrédules ces soldats en uniforme américain, avec des insignes français bien visibles, équipés de matériel U.S. et parlant l’espagnol. Que dire de leurs véhicules américains, portant de drôles de noms étrangers, espagnols en l’occurrence. De plus, pour brouiller davantage les esprits, le half-track « Teruel » arrive à son tour et arbore le drapeau républicain espagnol.
Séparée en deux sections le détachement entre dans Paris par des itinéraires différents. L’une d’elles commandée par Amado Granel arrive ce soir du jeudi 24 août 1944. Pour la vérité historique, l’adjoint du capitaine Dronne, le lieutenant Amado Granell, natif de la province de Valencia en Espagne, est le premier officier des Forces Françaises Libres au sein de la 2e DB de Leclerc, à arriver devant l'hôtel de Ville après être entré dans la capitale encore occupée.
Le lendemain, 25 août 1944, le reste de la 2e DB entre à son tour dans Paris qui grouille d’une multitude de patriotes, combattants improvisés. Après toutes ces années d’occupation les civils veulent aider à foutre les Allemands dehors. Équipés en armes de récupération de toute sorte ils s’aventurent et s’exposent dangereusement. D’autres civils complètement inconscients, restent là, curieux et à peine dissimulés, au milieu des balles qui sifflent, pendant que les alliés aidés par des FFI, réduisent les poches de tireurs isolés.
Le 26 a lieu sur les Champs-Elysées, le défilé de la victoire du général de Gaulle. Certains half-tracks de la Nueve portant les noms des batailles de la guerre civile en Espagne et aux couleurs de la seconde République espagnole, sont à l’honneur et forment l’escorte du général. Ce jour-là, ouvre le défilé une longue bannière avec ces mêmes couleurs de la République espagnole. Elle est immédiatement retirée.
© Tous droits réservés - Texte, F. Montagud... Victimes après la libération, de la course au patriotisme que se livreront les différents courants politiques, ils n’entreront dans l’histoire que très tard…
Trop tard hélas pour la grande majorité !
Je voudrais plein de tristesse, mais avec respect et admiration, rendre un hommage particulier, au dernier survivant de la Nueve,
Monsieur Rafael GOMEZ
qui nous a quitté, le 31 mars 2020, à l’âge de 99 ans.
Ce que n’ont pu faire ses ennemis franquistes ni même les Nazis, le Covid 19, l’a fait.
On ne vous oubliera pas !