J6 : Mercredi 6 juillet 2022
Aujourd’hui pas de rando mais du… vélo ! Trois-Épis abrite depuis 2005 le siège social de la succursale française de Canyon, cette entreprise allemande leader de la vente de vélos sur Internet qui a également aligné une équipe au Tour de France féminin. Ils ont ouvert depuis peu une boutique de location de VTT électriques jumelé avec le « Canyon Café », en bordure de la D11.
C’est là que nous avons loué nos montures après avoir discuté des modalités de parcours avec le responsable. Nous faisons habituellement un peu de VTT (tranquille) dans les bois autour de chez nous, mais le VTT électrique est une première. Nous souhaitons éviter les routes au maximum sans évoluer dans des terrains trop difficiles quand même. Le loueur nous propose d’abord un circuit dans le vignoble mais, en raison des températures toujours plus élevées dans la plaine qu’en montagne, nous préférerions rester davantage en altitude. Il nous dit avoir un parcours d’environ 25 kilomètres qui devrait nous convenir. Il enregistrera le tracé dans un petit GPS fixé sur le vélo d’Hervé. Notons que nous sommes les premiers (début de saison oblige) à expérimenter ce dispositif.
Le vélo est choisi en fonction de nos poids et taille. J’hérite d’un Neuron (pour les connaisseurs) dont la pub vante « la puissance d’explorer » et Hervé d’un Torque, « une bête en descente ». Avec de tels qualificatifs, je ne sais pas si nous devons nous réjouir ou nous inquiéter. 😉
Neuron
Torque
Allez, assez parlé, roulons ou plutôt attaquons directement la pente devant l’Eglise Notre-Dame, suivie d’une première incursion dans les bois pour tester la bête qui en a effectivement sous la pédale en montée. Mais quand il s’agit de redescendre sur un étroit sentier pentu en direction des Evaux, nous faisons moins les malins. Moi, je préfère pousser ma monture.
Notons que le GPS est tout petit, qu’Hervé a parfois du mal à le décrypter (heureusement il émet une alerte quand on se trompe) et comme nous sommes hyper concentrés nous omettons de réellement nous repérer sur le terrain.
J’ai quand même remarqué qu’après Les Evaux nous avions rallié Giragoutte, puis le massif du Hohnack (à ne pas confondre avec Hohneck) que nous avons contourné jusqu’à la Croix de Wihr. En réalité, ces détails nous reviendront véritablement quelques jours plus tard quand nous y passerons à pied. A partir de la Croix de Wihr, nous nous lançons dans une interminable descente. Moi qui déteste les descentes, j’ai gardé les mains sur le frein en permanence jusqu’à avoir des crampes aux poignets à en pleurer.
Je pensais pouvoir trouver un peu de répit en arrivant dans la vallée, sans doute à Zimmerbach (à moins que ce ne soit Walbach), mais dans le village j’ai failli me prendre la portière d’une voiture. Bref, j’ai échappé de peu à l’accident. Ensuite, la route (ouf ! un peu de bitume) nous conduit à l’entrée de Turckheim. Je pensais alors avoir fait le plus dur. Pas vraiment !
Car il faut maintenant remonter jusqu’aux Trois-Épis, soit plus de 400 mètres de dénivelé à avaler, sur un itinéraire complètement inapproprié pour nous, un chemin très étroit, très pentu et très caillouteux où l’on n’arrive plus à se remettre en selle une fois les pieds par terre. Même à pied je n’aurais pas aimé passer par là, alors en poussant un VTT électrique, vous imaginez la galère !
A moitié route, nous réussissons à regagner l’asphalte de la D11. C’est la délivrance même s’il reste encore près de quatre kilomètres à parcourir, d’après la borne sur le bas-côté, mais dans ces conditions l’électrique fait le boulot.
Au bout de trois heures, nous arrivons enfin chez le loueur, complètement exténués et refroidis par cette expérience sur un circuit beaucoup trop ambitieux pour notre condition physique et notre âge. Il aurait fallu évoluer uniquement sur des pistes et routes forestières, pas sur des chemins aussi cahoteux. En revanche, la batterie est loin d’être déchargée, il reste 2/5 barrettes à Hervé, et 3/5 barrettes en ce qui me concerne.
Retour au gîte pour soigner nos écorchures (au genou pour l’un, au coude pour l’autre) et nous rasséréner avec un bon repas. Puis, afin ne pas nous laisser abattre, nouvelle sortie en milieu d’après-midi. A vélo ? Ah non, en voiture ! Direction Eguisheim, pour apprécier en toute tranquillité le cachet pittoresque de ce village classé parmi les plus beaux de France.
Dès le départ, nous sommes invités à entrer dans la ronde, les ruelles de la petite cité médiévale s’enroulant en cercles concentriques autour de son château. Nous nous laissons entraîner à la découverte de ses plus beaux quartiers et de ses plus anciennes demeures.
Ancienne cour domaniale de Kybourg-Brunswick datant du XVIIe siècle
Ancienne cour domaniale d'Unterlinden datant du XVIe siècle
Voilà qui clôt en douceur une journée dont le début a été plutôt douloureux mais dont nous garderons assurément un souvenir impérissable ! Une fois encore, le thème « crêtes vosgiennes et villages alsaciens » a été parfaitement respecté.