J3 : Dimanche 3 juillet 2022
La voie mythique qui traverse le massif vosgien porte le nom de « route des Crêtes ». Créée à l’occasion de la Première guerre mondiale afin de faciliter les mouvements de troupes et de ravitaillement de l’armée française, elle suit la ligne des crêtes sur près de 80 kilomètres, du nord au sud, du col des Bagenelles (au sud-ouest de Sainte-Marie-aux-Mines) jusqu’à Cernay, près de Mulhouse. Tout au long de son ruban d’asphalte, des paysages époustouflants de forêts de sapins, de dômes arrondis, de pâturages et de lacs secrets. Un paradis pour les randonneurs ! Parmi les points d’intérêt les plus fréquentés : le Hohneck, le col de la Schlucht, le lac Blanc, le Markstein, le Grand Ballon… des destinations dont certaines sont à notre programme dans les jours à venir. Aujourd’hui, j’ai préféré consacrer la matinée à un massif un peu à l’écart des grands sites de randonnée classiques très fréquentés, surtout que nous sommes dimanche.
A ce titre, j’ai choisi le massif du Brézouard qui offre un caractère sauvage et quelques beaux points de vue qui le rendent tout aussi intéressant que les autres. J’ai retenu un itinéraire en boucle au départ du col des Bagenelles, c’est-à-dire à l’extrémité nord de la route des Crêtes, inspiré de cette trace publiée sur Visorando dont nous avons modifié le sens et l’ordre des étapes. Car en réalité le parcours se présente sous la forme d’un huit étiré et déformé ou d’un papillon ayant une aile plus grande que l’autre😉. Cela signifie qu’il est possible d’enchaîner chacune des deux boucles dans un sens ou dans l’autre.
Commençons par la grande boucle de notre huit en suivant le GR5 jusqu’à la place Arthur. Il nous fait cheminer dans une belle forêt de sapins, égayée ici ou là par les couleurs éclatantes, pourpre des digitales, ou jaune des grandes lysimaques.
Digitales
Lysimaques
Dans un virage, une trouée dans la forêt ouvre une large fenêtre sur quelques fermes isolées dans la campagne environnante.
Nous nous écartons très provisoirement du GR pour prendre un sentier parallèle passant devant le refuge du ski-club de Sainte-Marie-aux-Mines et juste après, devant une fresque de mosaïque réalisée durant la première guerre mondiale par un bataillon d’infanterie allemand, protégée par un grillage. Une petite piqûre de rappel pour ne pas oublier que ces montagnes, aujourd’hui si paisibles et si accueillantes, ont été le théâtre de terribles affrontements dans le passé !
Retour sur le GR5 qui débouche peu après dans une vaste clairière : Place Arthur (alt. 1077 m).
Ici se trouve le nœud central de notre huit. Nous avons à nouveau un choix à faire et optons pour l’enchaînement Grand puis Petit Brézouard (plutôt que le contraire). Cette option nous vaut une ascension raide sur un sentier très pierreux mais qui, à la réflexion, se prête finalement plus volontiers à la montée qu’à la descente. Magnifique forêt subtilement éclairée par un rayon de soleil ! Hervé est impressionné par la taille et le port majestueux des épicéas.
A 1229 mètres, le Grand Brézouard, noyé dans la végétation, pourrait presque passer inaperçu s’il n’y avait une pancarte pour le matérialiser. En revanche, le Petit Brézouard (1205 mètres), au sommet d’une crête pelée (après une tempête, celle de 1999 ?) est plus facilement identifiable. Entre les deux, le col est occupé par un refuge. A l’arrière-plan, on distingue les pistes de ski de la station des Bagenelles. En se tournant vers l’ouest on aperçoit la ville de Saint-Dié-des-Vosges. Également une vue en direction de l’est vers Colmar et la Forêt-Noire.
De retour à la place Arthur, nous refermons la plus petite boucle de notre huit.
Reste à terminer la plus grande des deux boucles en nous dirigeant vers le chalet des Amis de la Nature de Munster où des bénévoles sont déjà en train de s’affairer à préparer le repas, dimanche oblige, pour les membres sans doute attendus en nombre pour midi. Certains sont de corvée de patates. L’endroit est sympa, mais nous ne sommes pas membres ! Un peu plus loin, l’auberge du Haïcot aurait pu être une alternative mais elle est fermée. Tout autour, c’est le royaume de la brimbelle (ou myrtille sauvage). Quelques cueilleurs sont déjà à l’œuvre dans ces pentes bien fournies. Nous en picorons quelques-unes, nous aussi, histoire de nous ouvrir l’appétit.
Entre le Haïcot et le col des Bagenelles, la fin du parcours se fait sur le bitume. Pas très excitant mais finalement reposant. Cela ne nous a pas empêchés de dénicher cette très belle orchidée.
Orchis tacheté = Dactylorhiza maculata
Nous sommes de retour au parking au bout de 3 heures après avoir parcouru 11 kilomètres et 363 mètres de dénivelé. En cette fin de matinée, il commence à y avoir un peu plus de monde. Nous avons bien fait de venir tôt, ayant ainsi pu apprécier en toute tranquillité ce très joli circuit en dehors des sentiers battus.
La priorité à cette heure (bientôt midi) est de trouver où déjeuner. Pour faire simple, nous décidons de rallier le village de Kaysersberg, à moins de trente minutes, où nous sommes sûrs de trouver notre bonheur.
Nous connaissons déjà Kaysersberg pour avoir visité son marché de Noël en décembre 2017 et déjeuné dans l’un des restaurants de la petite cité. Nous aurions d’ailleurs bien aimé manger au même endroit mais avons un peu de mal à nous repérer et à reconnaître les lieux, d’autant que nous sommes arrivés cette fois par le nord. Nous retrouverons le fameux restaurant plus tard, il était fermé, donc pas de regrets.
Entretemps, nous choisissons l’auberge « Bratschall Manala » (ce qui signifie bonhomme en pain d’épice, en alsacien), déjà bien remplie. Un bon indice ! D’après ce que nous entendons, il y a bien sûr des touristes mais aussi des habitués, ce qui est à nouveau un bon signe. Nous avons choisi parmi les spécialités locales une tarte à l’oignon pour moi et un rösti au bleu des Vosges pour Hervé. Pour finir un café gourmand. Simple et bon !
Après un tel repas, nous n’avons pas la force de faire grand-chose, surtout que la température en ce début d’après-midi (29 degrés) incite plutôt à rechercher la fraîcheur. Alors, quelques photos dans les rues de Kaysersberg et hop direction Trois-Épis où le thermomètre affiche trois degrés de moins. Cool !
Petite balade en fin d’après-midi : du jardin du bien-être, sur le chemin du Galtz, à la roseraie du centre.