J7 : Jeudi 7 juillet 2022
Aujourd’hui nous voulons nous attaquer à d’autres incontournables vosgiens : les lacs et cirques glaciaires autour du Hohneck, point culminant du département des Vosges et troisième plus haut sommet du massif avec ses 1363 mètres d’altitude. Un parcours exigeant, d’une quinzaine de kilomètres avec 750 mètres de dénivelé pour lequel nous espérons être à la hauteur !
Lien vers le parcours envisagé
Depuis notre arrivée, nous avons la chance de profiter de très belles conditions météo avec un temps très ensoleillé et une chaleur sans excès, nous offrant le luxe de ne pas avoir à nous encombrer de gilet ni de coupe-vent. Cependant, ce matin, j’ai mis une petite laine dans la voiture au cas où.
En effet, au fur et à mesure de notre montée en direction de la route des Crêtes et du Hohneck, nous assistons, sur le thermomètre de la voiture, à la chute vertigineuse des températures jusqu’à atteindre 10 degrés au sommet. Or Hervé n’a pas été aussi prévoyant que moi et n’a qu’un tee-shirt sur lui alors qu’un vent à décorner les bœufs souffle sur les crêtes. Même moi, je ne suis pas assez couverte (il aurait fallu un coupe-vent en plus), d’autant que le début de notre randonnée doit se faire en descente.
Vue en direction du sommet du Hohneck (1363 mètres d'altitude) coiffé d'une auberge
Moralité : nous sommes obligés de renoncer ! Retour à la case départ, enfin pas tout à fait, car six kilomètres avant Trois-Epis, nous nous arrêtons à la Croix de Wihr, où j’avais noté une autre boucle intéressante. Nous sommes ici à 800 mètres d’altitude, les conditions de vent et de température sont à présent plus supportables.
Les deux principaux points d’intérêt de ce circuit-ci sont le massif du Grand Hohnack et la ruine du château du Petit Hohnack. A défaut du Hohneck, nous nous retrouverons finalement au Hohnack, Après tout, il n’y a qu’une voyelle de différence ! 😉
Mais attardons-nous un instant sur le monument qui occupe le carrefour de plusieurs chemins de randonnée à la Croix de Wihr. Il rappelle que, le 19 août 1914, cet endroit a été le siège d’une embuscade française, entraînant plus de 200 victimes, 21 tués côté français, 205 tués côté allemand.
Notre itinéraire est marqué de petits points noirs
Après ce moment d’émotion, place à la randonnée, d’abord en direction du Grand Hohnack, un chaos rocheux à 982 mètres d’altitude sur des pentes couvertes de buissons de myrtilles. Hervé s’arrête continuellement pour en picorer.
La légende raconte que le labyrinthe rocheux au sommet du Grand Hohnack abrite le tombeau d’un géant (« Riesengrab ») dont « le corps avait au moins vingt mètres de circonférence » et dont les gémissements seraient toujours audibles dans la vallée.
En explorant attentivement les rochers, on découvre aussi ces étranges cupules, des cavités rocheuses d’origine naturelle auxquelles les habitants de la région ont donné le nom de « cuves aux fées » ou « cuves aux sorcières » (Hexenkessel).
Un géant, des fées, des sorcières ! En tout cas, dans la forêt que nous traversons à présent en direction du lieu-dit Giragoutte, nous avons l’air de petits nains à côté des arbres majestueux.
Cherchez-moi !
Quant aux sorcières, elles étaient très certainement nombreuses dans la région au Moyen-Âge, comme en témoigne la présence d’une tour des sorcières dans l’enceinte du château que nous nous apprêtons à découvrir.
Le château se cache au sommet de cette colline
Perché à 940 mètres d’altitude, bâti en grès rose des Vosges, le château du Petit Hohnack qui était l’un des plus hauts d’Alsace à l’époque médiévale aurait été édifié à la fin du XIe siècle par les comtes d’Eguisheim avant de passer aux mains des Ribeaupierre. Au XVIIe siècle, il perd son intérêt stratégique et Louis XIV le fait détruire. Il conserve malgré tout de beaux restes de nos jours, notamment la tour Ouest encore appelée tour des sorcières.
Après avoir visité la ruine, nous revenons un peu sur nos pas avant de boucler notre circuit en empruntant, jusqu’à la Croix de Wihr, le même chemin qu’hier à vélo.
Un faon déboule soudain des sous-bois, mais le photographe n’a pas eu assez de réflexe pour dégainer. En revanche, ce papillon, plus flâneur, ne lui a pas échappé.
Tabac d’Espagne ?
Retour à midi au bout d’une heure trois quarts de marche. Le pique-nique est dans la voiture, mais comme nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de Trois-Épis, autant le manger confortablement dans notre gîte.
Après la montagne, la suite dans la vallée ? Aujourd’hui nous allons carrément dans la plaine ! Cap sur Colmar pour un petit tour dans le centre historique à admirer ses belles maisons à colombages débordant de géraniums, ses canaux romantiques aux airs de « Petite Venise », le très pittoresque pont sur la Lauch, le quai de la Poissonnerie… Malgré le monde, une agréable flânerie dans la capitale haut-rhinoise !
Maison Pfister datant de 1537
Quai de la Poissonnerie et marché couvert
Depuis le pont sur la Lauch, vue vers les canaux de la Petite Venise
Dans la Grand Rue
Finalement, la contrariété du début de matinée a été vite oubliée, largement compensée par une sympathique balade dans un massif riche en légendes complétée par la visite de la capitale des vins d’Alsace !