Ciel des étoiles fixes
Ôtant les yeux du rétro-éclairage
Des écrans infernaux et leurs mirages
Le cœur guéri, Camille se dresse
Sur des nuées enchanteresses
Il traverse sans écouteurs
Et sans éclat de moniteur
Pour la première fois
Son quartier, l’air pantois
Et laisse les frémissements de l’air jouer du tambour
Qui sont rejoints par des sifflements d’oiseaux du faubourg
Les sons de la rue
Les discussions
Les voix d’inconnus
Jouent à l’unisson
L’hymne de la ville
Est une chanson
Qui progresse au fil
Des conversations
Les caniveaux sont pleins d’essence et de pisse d’hier
Qui s’évapore dans le passé et retourne à la terre
Sur les strates des jours éteints retombe l’atmosphère
Recomposer avec leurs cendres une nouvelle ère
Pas à pas
Remontant l’allée
Chaque être qu’il voit
Est plus familier
Camille se sent
Tout à coup bien con
D’avoir tué tout c’temps
Seul dans un cocon
Tout ce qu’il faut finalement, ce n’est pas du temps pour soi
Mais avant tout du temps pour nous, du temps pour qu’on se voie
Entre les bruits et les regards des âmes passagères
Camille sent de nouveau la vie dans sa chair
Les yeux des autres l’encerclent et font
Concerts de mots émis sans sons
Jeune étranger, regarde-nous
Rejoins l’étreinte des yeux doux
Des gens paisibles et amoureux
De voir le monde jouer autour d’eux
On est saoul des autres
On est sûr des autres
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