Bien que les organismes communautaires et les groupes de femmes développent des méthodes pour être toujours plus accessibles à toutes les femmes, ceux-ci rencontrent certaines difficultés pour rejoindre certaines femmes.
À cet effet, pour les groupes et organismes visant les femmes en situation de handicap, il semble difficile de rejoindre les femmes sourdes et les femmes ayant des limitations intellectuelles. Ces obstacles ont été expliqués par la différence de culture entre les femmes sourdes et les femmes en situation de handicap ainsi que le soutien – offert généralement par les parents – que les femmes ayant des limitations intellectuelles ont souvent déjà. Malgré toutes ces considérations, les organismes pour les femmes en situation de handicap souhaiteraient davantage les accueillir. Les travailleuses ont également exprimé la volonté d’accueillir davantage de femmes ayant vécu un parcours migratoire, des femmes autochtones, des jeunes femmes ainsi que des femmes issues de la diversité de genre et sexuelle. Les travailleuses souhaitent rendre accessibles les services et activités des organismes pour les femmes de toute orientation, de tout statut, de toute condition et de toute origine.
Les travailleuses ont souligné que parfois ce qui accroche pour l’accessibilité, ce sont les sujets que les groupes et organismes acceptent de traiter et sont ouverts à réfléchir. Lorsqu’il y a des obstacles à parler de la question du racisme et de l’identité des genres, il y a selon elles, des défis pour l’accessibilité de certains types de femmes à ces espaces de solidarité et de soutien. Par ailleurs, les organismes ont souligné les enjeux au niveau de l’accessibilité physique et géographique de leurs locaux. Les lieux dans lesquels se trouvent les organismes ne sont pas toujours accessibles, ils ne sont pas toujours adaptés pour accueillir des personnes en situation de handicap. La localisation des locaux est parfois éloignée et implique donc certains coûts au niveau du transport pour s’y rendre. Ces coûts sont des obstacles pour les femmes en situation de pauvreté. En outre, l’horaire parfois uniquement de jour de certains organismes implique que ceux-ci ne sont pas accessibles pour les travailleuses. Les intervenantes ont également souligné que les femmes exclues du numérique n’ont pas toujours accès à l’information diffusée sur le web. Pour les femmes monoparentales, l’accessibilité aux ressources d’hébergement d’urgence est parfois difficile, car ils n’acceptent pas tous les enfants. Elles sont donc d’autant plus marginalisées. De plus, il est difficile pour elles d’accéder aux logements sociaux qui sont souvent trop petits pour accueillir une famille. Enfin, les organismes étant parfois financés en fonction de la « clientèle » reçue sont parfois moins accessibles à certains types de femmes pour lesquelles, les organismes ne reçoivent pas ou peu de financement, par exemple les femmes demandeuses du statut de réfugiée.
Ce qui est revenu le plus fréquemment au niveau des enjeux d’accessibilité, c’est le manque de ressources des organismes pour répondre aux besoins, qui sont criants. À cet effet, plusieurs organismes ont mentionné qu’ils avaient un effectif d’une seule personne salariée devant répondre aux multiples demandes. Par ailleurs, il est ressorti que la survie de leurs organismes était souvent menacée. Cette situation a un impact considérable sur l’accessibilité des services répondant le plus aux besoins des femmes, par exemple le soutien individuel qui demande plus de temps et de ressources.
«Ça ce sont des choses qui peuvent avoir un grand impact [le soutien individuel auprès des femmes en situation de handicap], mais c’est ironique parce que c’est une des choses qu’on fait le moins parce que on n’a pas beaucoup de ressources. On a qu’une employée, donc souvent c’est très crève-cœur à ce niveau-là. C’est un volet qu’on veut développer pour pouvoir avoir plus d’aide au niveau du soutien individuel. »
«Intervention individuelle on en ferait plus si on avait plus de ressources humaines et financière. Il y a des femmes, la seule façon de les rejoindre c’est d’aller chez elles.»