Nous avons administré un questionnaire de sondage auprès de 202 femmes afin de mieux comprendre le profil des femmes immigrantes (FI), femmes racisées (FR), femmes monoparentales (FMP) et femmes en situation de handicap (FH). Aux fins de l’analyse, nous avons seulement retenu 177 questionnaires, soit ceux présentant des réponses à l’ensemble des questions posées. Le sondage a été réalisé à partir de la plateforme LimeSurvey. Les répondantes ont été recrutées principalement dans des parcs, bibliothèques et à des arrêts d’autobus. Elles ont été invitées à répondre par elles-mêmes, sans l’aide des auxiliaires de recherche, aux questions sur des tablettes qui leur étaient fournies. Toutes les réponses sont autodéclaratives. Quelques réponses ont été obtenues en administrant le questionnaire en ligne, notamment par le biais des médias sociaux tels que Facebook. La collecte des données s’est effectuée à l’été 2018 et s’est étendue jusqu’à l’hiver 2019.
Nous voudrions insister sur le fait que ces données ont été recueillies en partie aléatoirement (en allant dans les parcs, sorties de métro, arrêts d’autobus, etc.) et en partie de manière volontaire (invitation à remplir le formulaire en ligne). Par conséquent, nos données ne permettent pas de faire des estimations précises ou d’obtenir une représentativité de l’échantillon afin de faire des généralisations statistiques. Néanmoins, elles nous donnent des ordres de grandeur qui nous permettent de comprendre des dynamiques sociales existantes dans nos milieux d’enquête.
Il est également à noter que le sondage a été conduit dans des quartiers que nous considérions habités par des femmes précarisées (voir figure 1). Par conséquent, ces données nous informent sur les conditions des femmes en situation de pauvreté à Montréal. De fait, 42,4 % des répondantes ont un revenu de moins de 20 000 $ et seulement 22 % ont un revenu de 40 000 $ et plus par année.
Nous avons formulé sept blocs de questions (avec 80 sous-questions), concernant : a) le profil socio-économique de la répondante ; b) sa fréquentation du milieu communautaire ; c) la ou les catégorie(s) sociales la touchant directement, soit : handicap, (d) monoparentalité, (e) immigration, (f) racisation. Le septième (g) et dernier bloc de questions concernait l’existence ou non d’un réseau d’aide pour les répondantes. Un bulletin de recherche ultérieur fera le point sur cette question.
La recherche a permis de rejoindre des Montréalaises de 12 arrondissements (sur 19). Parmi ceux qui se démarquent, notons que 34 % des répondantes du sondage habitaient dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ; 12 % dans Rosemont-La Petite-Patrie et 10 % dans Villeray–Saint-Michel.
Les questionnaires ont été disponibles en cinq langues : français, anglais, arabe, mandarin et espagnol. Or, seulement 4 % de nos répondantes ont utilisé une langue autre que le français (88 %) ou l’anglais (8 %).
Notre échantillon est composé de 177 femmes qui ont répondu au questionnaire dans son entièreté. Parmi elles, 80 femmes ne sont ni FI, ni FR, ni FMP, ni FH (voir tableaux 1). En d’autres mots, 45,2 % de notre échantillon n’appartient à aucune des catégories de discrimination et d’oppression retenues pour cette étude, constituant ainsi le groupe témoin ou de comparaison. Notre hypothèse est que l’appartenance à l’une ou l’autre des catégories FI, FR, FMP ou FH entraîne des désavantages sociaux se traduisant par des inégalités de revenus, des inégalités sociales et culturelles. Pour tester cette hypothèse, nous avons comparé les revenus des femmes de chacune de ces catégories avec ceux du groupe témoin (femmes qui n’appartiennent pas à une catégorie des discrimination susmentionnées).
Parmi les 97 répondantes, des femmes s’identifient à une catégorie ou plus (54.8 % de l’échantillon, tableau 1), 54 femmes appartiennent à une seule catégorie (30.5 %), 33 appartiennent à deux catégories et 10 (5,6 %) appartiennent à trois catégories.
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