J4 : Mardi 7 septembre 2021
Après un déplacement réduit hier, effectué en grande partie sur autoroute, nous nous attendons aujourd’hui à des délais à nouveau plus conséquents pour rejoindre le centre de l’île pour la seconde fois du séjour. Objectif : le parking de la Degollada de La Goleta afin de faire le tour du Roque Nublo, l’un des deux rochers emblématiques de l’île que nous avons déjà aperçu de loin à plusieurs reprises.
Nous comptions sur les coqs pour un réveil matinal. Pas de chance, après leur concert habituel, nous nous sommes rendormis, ce qui nous fait quitter la villa plus tard qu’espéré, à 8 h 30. Il nous faudra plus d’une heure et demie pour couvrir les 60 kilomètres qui nous séparent de la destination.
Heureusement beaucoup de randonneurs sont encore moins matinaux que nous et le parking est encore étonnamment peu rempli à cette heure (10 h 15). Précisons que c’est LA randonnée incontournable de l’île et qu’elle est par conséquent très fréquentée.
La plupart des visiteurs se contentent en général de rallier directement le monolithe. Nous avons choisi, quant à nous, la version décrite dans le guide Rother sous le numéro 1. Considéré comme facile, l’itinéraire est également qualifié de « top ».
Altitude de départ : 1577 mètres.
Nous partons en musique, accompagnés par les accords envoûtants d’une guitare électrique prodigués par un musicien installé au point de départ. A la première intersection, nous laissons la totalité des randonneurs poursuivre directement vers le Roque Nublo pour préférer réaliser seuls et dans le sens antihoraire, un large circuit au pied du fameux rocher avant de l’approcher à la fin.
Le parcours traverse une belle forêt de pins sur laquelle le fameux bloc rocheux règne en maître.
Pourtant, un peu plus loin, à la faveur d’une fabuleuse vue sur le centre et l’ouest de l’île, un autre rocher sacré s’invite lui aussi dans le tableau, Roque Bentayga, entouré d’une large ceinture de canyons. A l’arrière-plan, le haut-plateau d’Acusa dominé par l’imposant massif de l’Altavista.
Une heure plus tard, nous terminons la ronde que nous avions entreprise au pied du Roque Nublo pour nous diriger vers lui. Le paysage devient alors nettement plus minéral.
Mais avant de nous incliner devant le maître de pierre, nous avons d’abord affaire à ses disciples. Le premier est surnommé El Fraile (le frère) en raison de son attitude évoquant un religieux en train de prier. Quant au second, en raison de son seul œil, je le baptise El Cíclope.
Parmi ces mastodontes de pierre, lesquels sont El Fraile et El Cíclope ?
A ce niveau, la masse rocheuse du Nublo surgissant de la pinède semble toute proche.
Pourtant, après avoir franchi une dernière volée de marches, nous sommes tout étonnés de constater qu’il nous reste une immense esplanade à traverser pour atteindre sa base. Le Roque Nublo soigne sa mise en scène et se fait désirer.
Ce doigt rocheux basaltique se dresse telle une gigantesque sculpture à 65 mètres au-dessus de son socle et trône majestueusement sur la caldera de Tejeda. Géologiquement, il s’agit de la relique d’une ancienne cheminée volcanique, rabotée par l’érosion, dont seule la roche la plus dure a été capable de résister aux millions d’années.
A ses côtés, en position accroupie, on reconnaît La Rana (la grenouille).
A son pied, à 1738 mètres d’altitude, on se sent tout petits !
La vue est fabuleuse dans toutes les directions. A travers une fenêtre rocheuse on reconnaît ici le Roque Bentayga, là les massifs montagneux de l’Ouest, jusqu’au bleu de l’océan à l’arrière-plan. Il paraît que par temps clair on peut même y apercevoir le Teide.
Si nous avons eu la chance de profiter du plateau du Nublo en relatif petit comité, ce ne sera bientôt plus le cas. Alors que nous sommes sur le retour, la foule se presse maintenant en nombre en direction de l’emblème de l’île, créant une file ininterrompue de randonneurs avec parfois des bouchons à certains endroits ainsi que des difficultés de stationnement autour du point de départ.
Le Roque Nublo a un succès fou, ce qui est justifié, car c’est vraiment une très belle randonnée, courte, facile, et adaptée à tous. Nous avons été conquis par ce parcours de 4,7 kilomètres et 220 mètres de dénivelé réalisé en 2 heures.
Après ce premier rocher remarquable, nous nous intéressons à un second pour la suite de la journée, à savoir le Roque Bentayga, distant d’à peine 3 kilomètres à vol d’oiseau, 12 kilomètres par la route.
Oui, mais que ce soit par l’un ou l’autre moyen, pas avant d’avoir déjeuné. 😉
Cinq minutes plus tard, au premier carrefour sur notre trajet, nous nous précipitons dans le premier restaurant venu. Mauvaise pioche ! La Casa Melo ne vaut pas un clou !
En dépit de cette expérience décevante, le ventre malgré tout bien rempli, nous sommes maintenant prêts à poursuivre notre thématique « sites sacrés » du centre de l’île.
Objectif Bentayga, cet autre piton rocheux basaltique de même type que le Roque Nublo, culminant à 1400 mètres d’altitude, qui était autrefois un lieu de réunions et de sacrifices pour les Guanches, ce peuple préhispanique vivant dans la région avant la conquête espagnole. C’est également un site archéologique majeur comprenant grottes et parois riches en inscriptions et peintures rupestres.
Son ascension, sur un sentier ancestral de type camino real, nécessite à peine une heure aller/retour mais devant la chaleur écrasante de ce début d’après-midi (plus de 30 degrés et pas d’ombre), nous renonçons. En revanche, nous trouvons dans le petit musée attenant de la fraîcheur et surtout des informations intéressantes sur la vie et la culture des premiers habitants des Canaries.
Depuis le parvis du musée, nous jouissons aussi de perspectives intéressantes sur le Roque Bentayga qui, vu d’ici, a l’air d’un énorme paquebot voguant sur les flots d’impressionnants canyons et communiquant avec son alter-égo le Roque Nublo avec lequel il est parfaitement aligné.
La chaleur ambiante nous donne à cette heure plutôt des envies de baignade. Dans la mer ou dans notre piscine ? Et pourquoi pas les deux ? Mais pour l’un ou l’autre ou les deux, il y a invariablement depuis le centre de l’île une heure et demie de trajet.
Alors c’est reparti vers le littoral via la route GC080 que nous parcourons pour la troisième fois depuis notre arrivée sur l’île. Comme ce sera aussi la dernière, nous en profitons pour faire quelques arrêts afin de mettre dans la boîte quelques paysages parmi les plus spectaculaires de cette route.
La baie d’Arguineguín est retenue pour une baignade en mer. Les eaux sont calmes et la plage de sable noir agréable mais le manque d’ombre nous pousse à lever le camp rapidement pour rejoindre la fraîcheur des abords de notre villa.
Cette journée encore bien remplie, riche en sites emblématiques mémorables, se termine comme tous les soirs dans la piscine.
Distance parcourue dans la journée : 140 kilomètres.