J2 : Dimanche 30 janvier 2022
Pour cette première journée, entre plusieurs propositions, nous optons pour le parcours menant aux chalets de Clapeyto.
Le départ se fait sur la commune d’Arvieux, depuis l’espace nordique au bout du hameau de Brunissard, au pied du col d’Izoard. Il nous faut à peine une petite demi-heure pour rallier le lieu. En passant, nous découvrons la petite station familiale de La Chalp où quelques pistes permettent aussi de pratiquer le ski alpin.
Le soleil est déjà au rendez-vous dans la vallée, notre choix est donc payant. La neige laisse un peu à désirer mais nous emportons nos raquettes au cas où.
Dans un premier temps, l’itinéraire emprunte une route, carrossable l’été, balisée et damée l’hiver pour la pratique de la raquette sous la dénomination de « Combe La Roche ». Rejoints par quelques skieurs de randonnée, nous passons dans une belle forêt de pins, coupons à plusieurs reprises les pistes de ski de fond, traversons un espace occupé par un camping en saison avant d’atteindre le parking d’été.
En levant les yeux, nous découvrons sur les hauteurs quelques-uns des pics cargneuliques de la Casse déserte, ce lieu très particulier sur la route du col d’Izoard, que nous aurons l’occasion d’évoquer ultérieurement.
En baissant les yeux, nous réalisons que la neige devient de plus en plus verglacée et qu’il serait sage de chausser nos raquettes, surtout pour éviter de glisser. A ce stade, de petits crampons sous les chaussures auraient sans doute été plus adaptés !
Quelques lacets serrés nous hissent au-dessus de l’étendue de Pra Premier, en longeant les falaises au pied du pic de Beauduis, jusqu’aux premiers chalets d’alpage de l’Echayllon, où la hauteur de neige est à présent plus significative. Si l’on ne veut pas s’enfoncer dans l’épaisseur de neige quand on n’a pas de raquettes, il vaut mieux rester strictement sur la trace.
Nous traversons l’estive enneigée au milieu des chalets. Un dernier raidillon pour franchir une gorge, un coup d’œil au passage sur les sommets, sublimes, avant que n’apparaisse un nouvel alpage !
Devant nous, une petite vingtaine de chalets en bois de mélèze, posés dans le cirque de Clapeyto dominé par le pic de Challanches (2779 mètres) et bien orientés côté soleil, avec vue sur le col d’Izoard. Habités autrefois durant l’estive (de début juillet à fin septembre), ils ont été progressivement rénovés pour servir de résidences secondaires.
Il est presque midi. Nous recherchons un coin à l’abri du vent, propice à une pause pique-nique. L’endroit est tout trouvé devant le pas de porte du « Cadeït » qui indique aussi que l’on se trouve ici à 2220 mètres d’altitude.
C’est le moment idéal pour s’intéresser à quelques menus détails, en particulier les fleurs séchées ornant certaines façades, censées servir de porte-bonheur et de protection.
Ces Carlines acaules servent aussi de baromètre, les plantes voyant leur capitule se refermer à l’approche du mauvais temps. Elles gardent cette propriété, même séchées. Aujourd’hui, à les voir, le beau temps est garanti, ce qui est une bonne nouvelle pour la suite.
En effet, nous ne comptons pas rebrousser chemin par le même itinéraire mais réaliser une grande boucle en passant par Le Collet. Cette variante n’est possible, aujourd’hui, qu’à condition d’être muni de raquettes. Un couple, ayant tenté l’option seulement équipé de petits crampons sous les chaussures, a dû renoncer et revenir sur ses pas.
Depuis les derniers chalets de Clapeyto, nous grimpons par conséquent en direction d’un passage à 2276 mètres. Là-haut nous contournons un petit lac gelé, en croisant plusieurs groupes de skieurs de randonnée se dirigeant manifestement vers le col de la Rousse.
A partir de là, nous amorçons la descente, d’abord raide au pied de la crête de la Mayt, puis de plus en plus douce en direction du lieu-dit Le Collet, impressionnés par la silhouette majestueuse du pic de Beauduis, face à nous, qui tranche avec l’apparente fragilité des quelques mélèzes en bordure de sentier.
Nous retrouvons l’itinéraire initial peu après l’Echayllon et terminons notre parcours comme commencé.
Arrivée au parking vers 14 h 30 au terme d’une boucle de 10 kilomètres parcourus en 4 heures (sans les pauses) avec un dénivelé de 550 mètres.
Juste à côté, la terrasse du « Jamberoute » est bienvenue pour un petit noir. A entendre les commentaires des clients du restaurant, c’est aussi une adresse à retenir pour un futur déjeuner. C’est noté !
Pour le moment, cap sur le village de Saint-Véran dans la vallée des Aigues, l’un des trois autres axes du territoire, afin de vérifier si sa notoriété est méritée.
A l’entrée du village, les visiteurs sont priés de se garer et de poursuivre la découverte à pied.
Vue du village depuis le parking des visiteurs
La majorité des maisons datent du XVIIe et XVIIIe siècle et ont été rénovées par leurs propriétaires avec la volonté de préserver leur charme et leur authenticité. Un ensemble de photographies anciennes de grande taille en noir et blanc datant du début du XXe siècle, réparties dans différents quartiers, témoignent de l’immuabilité des lieux.
Ces images sont le fruit du travail de Hippolyte Müller, un nom qui ne nous est pas inconnu car attribué à une rue de Grenoble et pour cause ! Hyppolyte Müller a été le conservateur du Musée Dauphinois de Grenoble au début du XXe siècle, il a notamment racheté de nombreux meubles et décors aux artisans et habitants de Saint-Véran. Le cœur du village a même été reconstitué à l’occasion de l’Exposition internationale de la Houille Blanche et du Tourisme de 1925 à Grenoble.
Voyez ce comparatif très éloquent…
1924
2022
Le village de Saint-Véran continue à défendre ses valeurs encore aujourd’hui. En 2012, la construction d’un complexe hôtelier avait suscité quelques polémiques. Finalement, l’ensemble construit dans le respect de l’architecture traditionnelle s’intègre parfaitement au décor.
Bref, on a eu un coup de cœur pour Saint-Véran !
C’est sur cette réflexion que se termine cette première belle journée partagée entre une randonnée dans un magnifique cirque enneigé et la déambulation dans le village le plus haut d’Europe, également l’un des plus beaux de France.
Sur le trajet du retour, impossible de rater le rond-point de l’Artisanat et ses boutiques de spécialités régionales. A la boulangerie des Cimes, nous ne pouvons résister à l’amandine aux myrtilles, qui ne sera que la première d’une longue série. 😉