J3 : Lundi 31 janvier 2022
Notre propriétaire nous a indiqué la possibilité de relier Montbardon à Château-Queyras par une piste forestière et pense que l’itinéraire est praticable sans raquettes. Nous laissons par conséquent la voiture au parking et partons à pied (sans emporter notre matériel) dès 8 h 30.
Dès le début, il nous faut contourner un grand champ de neige complètement verglacé puis continuer à slalomer entre plaques de glace et plaques de terre jusqu’à trouver une épaisseur de neige plus conséquente mais néanmoins tassée, ce qui nous permet effectivement de nous passer de raquettes.
A cette heure, tout le trajet se fait à l’ombre et dans la forêt. La vue est par conséquent limitée hormis le passage à proximité de ces imposantes colonnes rocheuses surgissant entre les pins.
A défaut de vues, notre attention se focalise davantage sur le sol, sur la neige qui la recouvre et qui prend différents aspects. Les Inuits auraient, dit-on, plusieurs dizaines de mots pour nommer la neige. Comment appelleraient ils cette texture en écailles ?
L’observation attentive de la neige permet aussi d’y voir de nombreuses traces d’animaux, notamment d’ongulés comme les chamois dont nous n’avons pas seulement aperçu les marques mais que nous avons aussi croisé en vrai.
En effet, dès la lisière de la forêt, nous sommes tombés sur un troupeau d’une vingtaine de chamois, habitués des lieux au dire de notre hôtesse. Nous en verrons encore d’autres à plusieurs reprises à l’aller comme au retour, mais plutôt des individus isolés, déboulant des bois en quelques bonds. Le photographe n’a jamais été assez réactif pour les mettre dans la boîte !
D’une observation à l’autre, nous finissons par nous rapprocher de Château-Queyras. Les contours de l’emblématique forteresse se profilent déjà au bout de la piste.
Quelques mots sur le fortin : installé sur un verrou glaciaire, cet ancien château-fort construit au XIIIe siècle et remanié au XVIIe siècle par Vauban est un nid d’aigle de près de 2000 m2 de bâti appartenant de nos jours à des propriétaires privés. Il a servi de décor à des films d’époque, notamment « Le Bossu ».
Malheureusement, à cette heure, le château est encore dans l’ombre. En y repassant en voiture dans l’après-midi, nous réussirons à l’immortaliser au soleil.
Quand la piste rejoint celle montant vers le sommet Bûcher, nous décidons de faire demi-tour. Retour à Montbardon à l’issue d’un parcours de 11 kilomètres aller/retour en un peu plus de trois heures avec un dénivelé de 181 mètres. L’avantage de cette balade, c’est qu’elle était à notre porte et qu’elle nous a permis de jolies rencontres animales, sinon elle n’a pas beaucoup d'intérêt.
En dehors de quelques courses à Château-Ville-Vieille, nous passons la fin de l’après-midi à l’abri, en raison des prémices d’un fort coup de vent annoncé par Météo France, principalement sur l’arc méditerranéen mais susceptible de toucher certaines vallées des Alpes du Sud.
Alors que le vent souffle sur les crêtes, il n’y a pas mieux qu’un petit bain à 32 degrés dans la piscine du gîte, n’est-ce-pas ?