J7 : Vendredi 4 février 2022
Et si on se libérait de la contrainte des raquettes en choisissant un lieu de randonnée à une altitude plus basse ? C’est avec cet objectif que nous nous rendons ce matin à Guillestre, plus précisément sur le plateau du Simoust (1050 mètres d’altitude). Ce n’est plus exactement le Queyras, mais le… Guillestrois.
Je « bricole » alors un itinéraire dont le début est inspiré d’un parcours décrit dans Si belle la terre, tandis que la suite par « la rue des masques » est tirée d’un ouvrage prêté par notre propriétaire. Ce terme énigmatique désigne un étroit canyon flanqué de hautes parois, objet de nombreuses légendes.
Voici ce que ça donne sur une carte…
C'est le tracé marqué de points roses et bleus !
En plan B, si le sentier des masques était impraticable, j’ai noté la possibilité de longer la rive droite du Guil jusqu’au pont du Simoust avant de remonter sur le plateau.
Il n’y a plus qu’à essayer !
Pour commencer, nous longeons le bord du plateau de Simoust dominant le Guil en rive gauche. Merveilleuse vue sur les hameaux d’Eygliers avec, en toile de fond, le massif des Ecrins.
Habitués à trouver du gui plutôt dans les feuillus, nous sommes étonnés d’en voir ici, en grande quantité, dans les pins.
En poursuivant, le regard porte sur la place forte de Mont-Dauphin, une citadelle fortifiée construite par Vauban sur un éperon rocheux à la jonction des gorges du Guil et de la vallée de la Durance, endroit stratégique par excellence, idéal pour observer l’ennemi.
A ce stade, nous passons aussi le long du canal de La Chalp, un canal d’arrosage à sec à cette époque-ci de l’année mais qui à d’autres périodes, outre sa fonction d’irrigation, forme une impressionnante cascade dégringolant du haut de la falaise comme décrit… ICI
Nous avons jusqu’ici profité d’un très bel ensoleillement sur un chemin vierge de neige mais quand celui-ci plonge dans les bois sous la falaise, nous retrouvons à l’ombre des plaques de glace résiduelles de plus en plus nombreuses, notamment en direction de la rue des masques. De peur que le sentier ne devienne complètement impraticable, nous préférons ne pas nous engager davantage et actionner le plan B. Comme la partie la plus étroite du fameux canyon se trouve tout près de notre lieu de stationnement, nous avons encore l’espoir de pouvoir y jeter un coup d’œil à la fin.
Nous poursuivons alors notre descente jusqu’au pont « magique ». Nous n’avons pas essayé mais il paraît qu’en frappant sur sa rambarde avec un bâton l’on obtient plein de sons intéressants !
Après avoir traversé le pont, nous prenons la piste carrossable en rive droite du Guil, au pied des fortifications de Mont-Dauphin qui abritent aussi un site d’escalade réputé. Un instant, nous avons cru y voir évoluer notre fils (mêmes couleurs de pull et de pantalon et amateur de grimpe) 😉
Un peu plus loin, nous passons au pied d’une curiosité géologique remarquable, un gigantesque avant-bras façonné par l’érosion, baptisé « Main du Titan ».
Pour retourner sur le plateau, il faut maintenant retraverser le Guil, ce qui est possible par le pont du Simoust. Ensuite, la remontée dans la forêt se fait un peu au jugé, en évitant au maximum les plaques de verglas. Au passage, nous dénichons l’une des rares fleurs à s’épanouir à cette saison. Heureusement que nous n’y avons pas plongé le nez, car c’est un hellébore… fétide. 😉
Le dernier raidillon avant le parking est aussi le plus délicat à franchir, ce qui nous fait définitivement renoncer à jeter un coup d’œil à la rue des masques, le passage étant complètement impraticable. Il faudra revenir à la belle saison !
Pour le moment, c’est l’heure de pique-niquer. Comme hier, une belle aire installée au soleil nous invite à passer à table, bercés par le doux bruit d’eau de la fontaine voisine, tout en faisant le bilan de cette très belle randonnée de 6 kilomètres faite en 2 h 20 avec un dénivelé de 175 mètres.
Et maintenant quel est le programme ?
Pour cette dernière après-midi, après avoir déjà parcouru trois des quatre vallées du Queyras, il nous manque la dernière, la vallée du Cristillan abritant le village de Ceillac.
Pour l’atteindre, nous suivons une nouvelle fois l’une de ces routes incroyables du Queyras, un ruban d’asphalte spectaculaire, penchant tantôt côté mélèzes, tantôt côté pins sylvestres, en une succession de virages nous laissant tout étourdis à l'arrivée sur le vaste plateau d’altitude (1640 mètres).
Nous ignorons le village de Ceillac ainsi que son espace nordique pour filer tout droit jusqu’au Pied de Mélezet. J’y ai repéré une courte balade (n° 11 sur la carte de la station de Ceillac) à faire en raquettes que nous décidons de réaliser sans, car l’itinéraire est damé.
Il rejoint la Cime du Mélezet. Ne cherchez pas de sommet, il s’agit simplement d’un lieu-dit regroupant quelques rares maisons dont le refuge de la Cime.
Nous dépassons le hameau mais, bientôt rattrapés par l’ombre, nous revenons rapidement sur nos pas pour nous réchauffer au refuge d’un bon bol de chocolat chaud.
Voici par conséquent les dernières images que nous garderons du Queyras et de ses vastes espaces sauvages et préservés. Dernière soirée douillette dans notre gîte, demain les vacances sont (presque) finies.