Selon les besoins des enfants, le type d’activités proposées, les cibles d’apprentissages choisies, le matériel utilisé et le mobilier disponible, la position proposée à l’enfant pourra varier, et surtout au préscolaire, elle devrait varier! Il demeure important de bien connaitre les principes de base guidant un bon positionnement et les avantages et inconvénients des différentes positions que nous pouvons proposer aux enfants au préscolaire pour ainsi être conscient et cohérent au niveau de l'environnement qui leur est proposé.
C'EST QUOI UNE POSITION ERGONOMIQUE ET POURQUOI C'EST IMPORTANT?
Une position ergonomique permet de limiter la fatigue et le besoin de bouger, car elle diminue l’effort musculaire au niveau du tronc ainsi que les compensations par des postures inadéquates. Elle favorise donc l’attention, l’éveil, l’écoute et la disponibilité de l’enfant, et ce, sur une plus longue période.
Lorsque la position est ergonomique, elle permettra aussi de stabiliser les épaules et ainsi libérer les membres supérieurs pour les manipulations, ce qui a un impact direct sur la mobilité des doigts et la précision dans toutes les activités de motricité fine. Sans stabilité proximale (tronc et épaules), il ne peut y avoir de stabilité distale (main et doigts). Sans stabilité distale, il ne peut y avoir de mobilité et de précision distale.
QUELLES POSITIONS DE JEU PROPOSER ET COMMENT LES RENDRE ERGONOMIQUES?
Selon les besoins des enfants ainsi que les objectifs développementaux et/ou d’apprentissages, plusieurs positions de jeux seront très pertinentes et favoriseront la réalisation des activités ou encore le développement d’habiletés.
LA POSITION COUCHÉE AU SOL en appui sur les coudes permet de renforcir le tonus au tronc et de travailler les épaules. Un bel avantage, mais aussi un beau défi pour les enfants donc n’hésitez pas à leur proposer des micro-pauses durant une période de jeux ou un coloriage. Par exemple, travailler 2 à 3 minutes dans cette position, faire une pause et recommencer. Progressivement, augmenter le temps où l’enfant maintient la position couchée sur le sol en appui sur les coudes. Il est aussi intéressant de proposer cette position dans des moments, par exemple au rassemblement, où il n’y a pas d’autres exigences (ex: le coloriage) qui est demandé.
LA POSITION ASSISE AU SOL est tout indiquée pour du jeu libre évidemment, mais pourquoi ne pas la mettre à profit dans d’autres tâches de motricité fine ou de découpage simple, par exemple. Sans appui au niveau du dos, l’enfant travaille davantage son endurance.
Il est important de se souvenir que peu importe la position de jeu (et de causerie!) adoptée, celle-ci devrait être proposée pour une durée d’environ 15 à 20 minutes consécutives maximum.
Et le mobilier flexible dans tout ça? Voici certains points à ne pas négliger si vous souhaitez l’introduire dans votre classe :
Peu importe le type de mobilier, limiter l’utilisation pour une PÉRIODE MAXIMALE DE 15 à 20 MINUTES par heure afin de limiter l’effort musculaire et favoriser un fonctionnement optimal. Cette recommandation s’adresse bien sûr aux bancs oscillants, mais également à tous les autres types d’assises (ex: coussin gonflable de type Movin Sit ou Disco’sit).
Le mobilier flexible est utilisé afin d’aider l’enfant à maintenir une bonne posture en tenant compte de ses besoins sensoriels, et ce, sans dépenser trop d’énergie pour y parvenir. Si ce n’est pas le cas, retirer le matériel de positionnement flexible.
Porter attention aux signes de fatigue musculaire ou d’inconfort: un enfant affaissé sur sa surface de travail, qui a la bougeotte ou qui se réajuste sans cesse.
Toujours s‘assurer que peu importe l’assise, l’enfant dispose d’une surface stable particulièrement lorsqu’il réalise des activités avec le crayon et d’autant plus lorsqu’il présente des difficultés motrices, attentionnelles ou autres.
Bien que la position assise à table n’est pas celle à privilégier nécessairement à la maternelle, elle est pertinente et nécessaire pour certaines tâches donc voici les principes de base concernant la position assise :
POURQUOI ON PRIVILÉGIE UN DOS DROIT PLUTÔT QU’UN DOS APPUYÉ?
Lorsque la chaise est trop profonde, l’enfant ne sera pas en mesure d’appuyer ses pieds au sol et de conserver les angles de 90 degrés au niveau des hanches, des genoux et des chevilles.
Le fait de s’asseoir au fond de la chaise pour un élève dont le mobilier n’est pas adapté à sa taille crée une instabilité au niveau de la posture ainsi qu’une fatigue qui avec le temps, provoquent une bougeotte, une perte d’intérêt, des difficultés à l’écriture, etc.
Lorsqu’il utilise le crayon, demander à l’élève de s’asseoir au fond de la chaise peut limiter certains mouvements nécessaires au niveau des omoplates et des épaules.
Lorsqu’il y a un appui du dos, il peut également y avoir un relâchement de la musculature du tronc, ce qui a un impact également sur la stabilité de l’épaule et donc sur la motricité fine.
Lorsqu’il y a un appui du dos, il arrive également que le bassin glisse sur la chaise, ce qui empêche le maintien de l’angle de 90 degrés au niveau des hanches.
Dans un monde idéal, il faudrait offrir du matériel ajusté à la taille des élèves du préscolaire. Toutefois, ce n’est malheureusement pas toujours réaliste dans un contexte scolaire. Il s’agit donc être conscient que le mobilier n’est possiblement pas idéal pour l’enfant et que certains impacts auront lieu, et ce, plus particulièrement chez les enfants avec une immaturité au niveau de leur développement moteur.
Attention! Il est important de s’assurer d’un bon positionnement assis en septembre, mais également en cours d’année scolaire, car les enfants grandissent et le mobilier pourrait ne plus être très bien ajusté! Il peut donc être judicieux de s’indiquer des moments précis à l’agenda pour en faire la vérification (ex: retour des Fêtes, retour de la relâche scolaire).
Le mobilier n’est pas ajustable? Pas de panique, on s’ajuste!
En observant les besoins des différents enfants de la classe, il est souvent possible d’échanger des chaises entre chacun ou de proposer une table plus haute aux enfants de plus grande taille. Des échanges de chaises avec les élèves de 1ière année ou encore de la maternelle 4 ans peuvent même parfois être envisagés!
Afin de s’assurer que l’enfant ait les pieds en appui, pensons à ajouter un repose pied (ex : pièces de casse-têtes en mousse empilées, boite de carton lourde, gros livre ou vieux dictionnaire, etc.) ou encore d’ajouter une bande élastique à la table ou à la chaise.
Un coussin de positionnement (de type movin’sit ou disco sit) peut permettre de rehausser une assise, mais attention de ne pas le proposer pour des activités de plus de 20 minutes.
SOURCES :
Encadrer l'introduction et l'utilisation d'un outil sensoriel : Une démarche métacognitive pour soutenir les élèves. ASRSE
Josiane Caron Santha, ergothérapeute.