Artist : SNIPER : Alan Vega / Marc Hurtado
Album : SAME
Musical style : Jewel of Electro/Indus/Punk/Post-Nuclear
country : U.S.A (Alan Vega)/France (Marc Hurtado)
Note : 97/100
Le nouveau projet Sniper constitue la parfaite osmose de deux véritables monstres sacrés de la scène électronique froide et expérimentale.
Collaboration idyllique entre Alan Vega , Pape electro-punk , et le français Marc Hurtado , activiste de génie depuis déja plus de 30 ans (1977 exactement) et créateur de bijoux industriels et expérimentaux divins.
Sniper est tout simplement un travail d'orfèvre ou ses deux grands noms offrent un véritable chef-d'oeuvre sensoriel et musical inoubliable.
Après une courte intro industrielle qui n'aurait pas dépareillée sur un album de Pan Sonic , le magistral "Bang Bang" surgit de nulle part !
Beats surpuissants (on a la réelle impression de se faire "Sniper" et de se prendre une balle dans la tête à chaque coups de beats , salves minimales destructrices qui exploseraient un Bunker en deux secondes ; Le chant provocateur , scandé de Vega toujours aussi habité éructe sa colère "..Yeah Fucker...Smash ...Get down...Crash ! ....Crucify..."
Oui Sniper est un concept album qui dénonce la folie (sous toutes ses formes) de la société actuelle moderne , souvent violente , hystérique et imposant une dictature de la pensée unique.
"It" calme le jeu après cette furie industrielle de haute-volée et hypnotise de part ses boucles rugueuses , ses rythmes syncopés et sa transe rythmique faussement down-tempo piégée entre rêve et réalité.
Oui la diversité et la qualité des plages sonores est impressionnante , de même que la qualité des lyrics subtilement engagés.
"Juke Bone Done" écrase , compresse , véritable bombe à fragmentation sonore habillée d'éclats synthétiques glacés et d"une rythmique industrielle martelée magnifique !
Un hymne intemporel à la beauté tragique "Saturn Drive Duplex" pointe alors le bout de son nez , hit incontournable à la mélancolie divine , chef-d'oeuvre absolu aux synthés noirs emplis d'une émotion exacerbée vous permettra d'atteindre l'orgasme auditif absolu .
Un parfum de peur primale vous envahira à l'écoute de " Fear ", salves rythmiques chaloupées , sons analogiques lancinants et obsédants sont au rendez-vous et vous séduiront à coup sûre.
"Sniper" morçeau éponyme apparait alors dans une sorte de techno post-nucléaire, apocalyptique , sale et déglinguée rappelant les meilleurs morçeaux du dernier opus solo du dandy punk Vega "Station" , synthés horrifiques en plus :
l'efficacité est là , terrible ! : Entrez dans la transe ultime sur cet hymne saturé de fin du monde , paradoxalement salvateur :)
Pendant les toutes premières secondes de "Criss Cross" , les volutes synthétiques cristallines vous apaiseront mais cela ne durera pas car les incantations ensorcelantes du gourou Vega vous tétaniseront illico presto :)
A danser et à écouter avec son masque à gaz : Sublime .
La marche funèbre " dub-esque " et industrielle , lourde et rampante de "Sacrifice" pénétrera profondément dans vos esprits , véritable morçeau en apesanteur enchanteur.
"Crazy Driver" détruira à haut volume vos enceintes , transe technoïde viciée imparable qui en fera " swinguer " plus d'un ! (à écouter en soirée Dark-Indus pour suer sur le dancefloor ; cela changera des saloperies commerciales sans âme habituelles !)
Véritable mur compact "War" vous nettoiera en profondeur les conduits auditifs avec ses sublimes sons vérolés et boucles glacées râpeuses et délicieuses.
C'est sous l'orage et une forte averse synthétique que démarre " Let The Blood Drip " , mélodie apaisante emplie d'émotions aux coups de foudres analogiques incendiaires.
Pour conclure de façon magistrale et inoubliable , " Prison Sacrifice " reprend le thème du précedent " Sacrifice " mais le transfigure totalement.
La relecture proposée est magique car la prêtresse Lydia Lunch à la voix toujours aussi sexy , froide et rocailleuse accompagne notre " Ghost Rider man " adoré.
Le projet Sniper constitue donc la bouffée d'oxygène ultime qui sort de sa torpeur et de son manque d'originalité la scène industrielle actuelle.
Véritable comète brûlante paradoxalement glaciale (car la queue d'une comète est toujours composée de glace ! renseignez-vous !) , opus de fièvre et de chaos qui revient aussi à des ballades synthétiques ou l'on retrouve le Vega des débuts ou de ses premiers albums solo.
Au total , un écrin sombre et élégant car subtil, composé de treize joyaux alternant entre furie et frisson.
JIM NOIR