Égérie de Sonic Youth et de Richard Kern, performeuse redoutable, parfois obscure et provocatrice, on n’aurait presque pu se souvenir de Lydia Lunch qu’à travers ses collaborations avec ces derniers ou aux côtés d’autres formations adulées comme Birthday Party et Einstürzende Neubauten.
Mais l’histoire en fut autrement et se poursuit sous de flamboyants augures, affirmant son statut d’icône No-Wave auprès des nouvelles générations qui ont pu la (re)découvrir sous les traits du projet Big Sexy Noise, dont la rage et le succès ont retenti sur la scène rock indé en 2009.
Poétesse et écrivain rock déjà consacrée, connue pour son « spoken word » à mi-chemin entre le punk, Burroughs, Artaud, et autres incantations scandées, Mrs Lunch considère 13 13 comme un véritable document revenant sur sa fuite de New York pour la fausse promesse d’un été sans fin s’étant avéré lui aussi bien inquiétant.
Le souvenir des crimes et rituels sanglants qui se sont radicalisés sur les côtes californiennes en 1980 en plein revival glamour «brushé» et clinquant.
Sans doute les héritiers de la Manson family, avec le pendant West Coast de American Psycho...
La face sombre du rêve américain, véritable cliché en soit avec ses acteurs sur le retour et ses hippies satanistes ; constat authentique toutefois, vécu et éprouvé sous le regard d’une lucidité iconoclaste qui livre cet album en pleine apogée Reagan.
Sorti en 1982, ce recueil condense à sa manière le style de la chanteuse et pianiste de cet opus, mené par une voix rock et un lyrisme glacial et baroque détonnant.
Une rage et un romantisme ambivalents qui annoncent à leur manière bien des œuvres sorties lors des deux prochaines décennies, de The Cure au Hole de Courtney Love, en passant évidemment par une certaine Siouxsie Sioux.
Steven Severin et Murray Mitchell, respectivement bassiste et roadie des Banshees la rejoignent d’ailleurs sur scène lors de sa tournée de 1981 précédant la sortie de ce second album signé sous son nom après un Queen of Siam déjà remarqué pour son habile sensibilité.
Un enchantement qui transporte cet album au gré d’atmosphères tragiques et épiques, toujours tiraillées entre l’érotisme et des thématiques reliées à la pornographie sociale de notre époque.
Le Son du Maquis a l’honneur de se voir confier cette mission : offrir la première véritable réédition de ce chef d’œuvre post-punk de 1982.
Voici donc 13 13, souvent considéré comme le meilleur album de cette autre «mother superior», désormais disponible en CD et à nouveau en vinyle.
Un projet réalisé sous l’œil avisé de l’artiste qui a souhaité rester fidèle à l’âme initiale de cette oeuvre marquante de la culture rock et artistique de ces années de vagues froides.
CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR ALLER SUR LE SITE OFFICIEL DE LYDIA LUNCH !