Date de publication : 9 déc. 2014 08:35:49
Nous avons rencontré Michèle Nguyen, écrivain, comédienne, conteuse, à la médiathèque de Lanouaille.le 26 novembre.
Michèle Nguyen nous a expliqué qu'il n'y a pas besoin de diplôme pour écrire. Tout le monde peut le faire. Elle écrit des récits de vie. Elle part de ses souvenirs d'enfance et elle y ajoute des choses imaginaires. Elle a envie de faire connaître au public ce qu'elle a vécu quand elle était petite. « Vy » est son premier spectacle jeune public. Avant la naissance de sa fille, elle n'écrivait et ne jouait ses spectacles que pour les adultes. Avec sa fille,elle a pris confiance pour jouer devant des enfants.
Michèle Nguyen a suivi les cours d'une école de théâtre belge où on lui a demandé non pas de jouer des personnages mais d'être soi-même, de savoir qui on est et de se raconter. Raconter, c'est le travail du conteur.
Ecrire sur son enfance la libère. Elle avait besoin d'enlever les couches de protection contre la douleur, les blessures et certaines émotions, pour parler de son enfance. Quand les douleurs ont été libérées, ce n'est plus grave. C'était le bon moment pour qu'elle en parle. L'histoire voulait sortir d'elle, elle n'a pas choisi. Elle essaie de parler de ses anciennes blessures mais en y ajoutant de l'imaginaire.
Michèle Nguyen trouve l'inspiration à partir de ce qu'elle perçoit de tous ses sens : en voyant, en sentant, en touchant, en écoutant.
Michèle Nguyen est née en Algérie d'un père vietnamien et d'une mère belge. Quand elle était petite, Michèle Nguyen a été recueilli avec ses frères et sœurs par sa grand-mère qui était raciste et les traitait de « jaunes ». Michèle a un mauvais souvenir du jour ou la grand-mère a coupé les grands cheveux de sa sœur aînée. Par contre, elle voulait faire de la danse et sa grand-mère a accepté. C'était la première fois qu'elle se retrouvait devant un grand miroir et quand elle a suivi les mouvements de la professeur, elle les faisaient comme si elle avait toujours fait ça : c'était un grand bonheur.
Michèle Nguyen n'écrit pas de poésie mais son écriture est très poétique. Elle écrit seule, sans aide. Elle n'écrit pas pour les autres même si elle peut les aider ou corriger.
Elle écrit à l'ordinateur parce qu'elle nous a dit que son écriture manuscrite n'est pas très bonne. De plus, elle a appris à écrire à la machine sans regarder et avec tous ses doigts.
Sur scène, Michèle Nguyen n'a pas le trac et pourtant elle nous avoué être très timide. C'est comme être dans sa maison, dans un autre monde, son univers. Elle dit qu'elle aime ce métier parce que ça la libère de tous ses problèmes et ça lui apporte beaucoup de plaisir.
Avant de monter sur scène, elle prend une heure pour s'échauffer, s'étirer, faire sa « gym ».
Elle utilise dans le spectacle « Vy » une marionnette qui la représente enfant.
Pour faire bouger la marionnette, elle tient un bâton qui peut tourner. Pour que la marionnette soit vivante, il faut que ses yeux soient mobiles (nous l'avions pratiqué l'an passé avec Mickaël Wachniki). Son ami qui a fabriqué la marionnette, l'a peinte en jaune pour montrer un enfant asiatique. Quand elle a vu la marionnette, elle a été surprise, elle était contente et elle a écrit l'histoire très vite, en deux nuits.
Après, il lui a fallu apprendre à manipuler la marionnette et le metteur en scène s'occupait trop de la marionnette et pas assez d'elle.
La lumière est importante dans ce spectacle pour amener les émotions des spectateurs. Selon que le plateau est entièrement éclairé ou que la conteuse est juste dans la lumière, on n'a pas le même effet et le spectateur ne réagit pas pareil.
Merci à J. Poltorak pour les photos
http://www.sudouest.fr/2014/11/26/michele-nguyen-et-les-enfants-1748915-1893.php