Vous trouverez ici le pdf du texte édité au Mercure de France en 1968 et non réédité depuis. L'ouvrage est demeuré extrêmement populaire en Italie. Livre de chevet de nombres d'enseignant·es transalpin·es encore aujour'dhui, il a été réédité là-bas en 2017 chez Libreria editrice Fiorentina dans une version enrichie des réactions de la presse au moment de la publication initiale (1967) et 25 ans plus tard.
The English Translation is available here.
Quelques extraits choisis:
" Barbiana quand j'y arrivais, n'avais pas l'air d'une école. Ni chaire, ni tableau noir, ni bancs. Rien que des grandes tables autour desquelles on faisait l'école et on mangeait. Il y avait qu'un seul exemplaire de chaque livre. Les gars* se serraient autour. C'est à peine si on s'apercevait qu'il y en avait qui étaient un peu plus grands et qui enseignaient aux autres. Les plus âgé de ces maîtres avait peut-être seize ans, le plus petit douze et il me remplissait d'admiration. (...) Et puis tout en enseignant, j'apprenais bien des choses. Par exemple, j'ai appris que le problème des autres est pareil au mien. La politique ça consiste à s'en sortir tous ensemble, l'avarice à s'en sortir tout seul."
* note des auteur·es du site: les paysans locaux n'avaient pas souhaité envoyer leurs filles à Barbiana ce que le livre déplore.
" Je sais bien moi aussi que Gianni ne sait pas s'exprimer. Frappons-nous la poitrine car on est tous coupables. Mais vous les premiers qui l'aviez foutu à la porte l'année précédente. C'est une belle méthode que vous avez là.
Du reste il faudrait s'entendre sur ce que c'est que la langue correcte. Ce sont les pauvres qui créent les langues et qui ne cessent de les renouveler de fond en comble. Les riches les cristallisent pour pouvoir se payer la tête de ceux qui ne parlent pas comme eux. Ou pour les recaler. (...) "Tous les citoyens sont égaux sans distinction de langue." C'est la Constitution qui l'a dit en pensant à lui.
Mais vous respectez plus la grammaire que la Constitution. Et chez nous non plus Gianni n'est plus revenu.
Mais nous, on ne se résigne pas. On le suit de loin. On a su qu'il n'allait plus à l'église ni à éa section d'aucun parti. Quand il a du temps libre il suit la mode comme une marionnette bien dressée. Le samedi au bal, le dimanche au stade.
Vous ne savez rien de lui, vous ne savez même pas qu'il existe."