Mercredi 30/04/14, J7, J1 canoé
Cette fois encore nous sommes les seuls clients pour la navette : un gros 4X4 et une grosse remorque chargée d’un unique canoé rien que pour nous. 2 chauffeurs dont un à l’haleine bien chargée dès cette heure matinale s’est heureusement cantonné au siège passager. C’est un peu le bazar chez Tag a Long, au propre comme au figuré mais nous arrivons comme prévu à Ruby Ranch après 1h20 de route + piste.
Tag fournit le canoé, 3 pagaies (1 de secours), une écope, des gilets de flottaison et des toilettes portables (obligatoires) en oubliant le siège qui semble aller avec dont nous ne soupçonnions pas l’existence et qui nous sera réclamé 1 semaine après notre retour avec demande d’autorisation de prélever 150 $ sur la CB. Inutile de dire que mon sang n’a fait qu’un tour, d’autant que les gilets fournis étaient trop petits (pas d’essai à Moab, on s’en est rendu compte au bord de la Green River au moment de les enfiler). Pas très pro tout ça ! Bref, je me suis fâchée et à ce jour pas de débit sur la CB.
Penser à prévoir des bouts pour amarrer le bateau car chose incroyable ils n’en fournissent pas …
Heureusement nous avions le nécessaire, ainsi que 2 bidons et 2 sacs étanches.
Pour enfoncer le clou, je peux dire que les gens récupérés au terme de leur périple par Tex la veille disposaient de tout le matériel nécessaire fourni par l’outfitter.
A bon entendeur…
Bref…tout va bien, il fait beau, le vent vient du nord (nous allons vers le sud), la rivière est puissante mais sans rapide alors contrairement à notre habitude nous nous passons sans trop de scrupules des gilets, trop petits de toute façon. Eau très fraîche tout de même ! La Green River est alimentée par la fonte des neiges et son niveau est assez haut actuellement, avec un bon débit, nous ne devrions pas avoir à trop pousser sur les pagaies, cool !
A 10h nous sommes sur l’eau, entre 2 rives assez champêtres
même si nous devinons à l’horizon les premières falaises rouges.
Il y a pas mal d’oiseaux, difficiles à capturer avec mon 24-105…rien de très exotique pour nous qui vivons dans une région pleine d’oiseaux aquatiques, mais tellement dépaysant après ces quelques jours de désert.
On commence par la zone des hirondelles dont les nids ne sont pas encore (ou plus ?) occupés
C’est très amusant de se laisser glisser au plus près de ses falaises rouges, sans donner un coup de pagaie, à une allure que nous estimons à environ 5 à 7 km/h.
La descente prévue jusqu’à Mineral Bottom fait 45 miles et nous disposons d’un peu plus de 3 jours puisque nous avons RDV à 10h du matin le dernier jour.
Ici il n’y a pas grand-monde sur l’eau (nous verrons en tout une dizaine d’autres canoés en 4 jours) et il y a de la place !
Quelques couples d’oies sauvages croisent dans le secteur, toujours précédées d’un vacarme assourdissant qui résonne entre les hautes parois du canyon, c’est très impressionnant la 1ère fois. On s’attend à voir débouler toute une escadrille de volatiles alors qu’un seul couple est à l’origine de tout ce raffut !
Les endroits propices au bivouac ne sont pas si nombreux car le niveau de la rivière est assez haut, noyant nombre de bancs de sable.
Cet endroit semble être un bon coin,
avec de la place pour se dégourdir un peu les jambes mais il est déjà occupé alors nous poursuivons sur un bon rythme histoire de nous réchauffer car le vent du nord est glacial.
A la faveur d’un méandre qui décrit quasiment un 360° il nous faut souquer ferme pour avancer en dépit de l’aide du courant.
Après 3 ou 4 h sur l’eau, le temps devenant franchement menaçant (contrairement aux prévisions météo, une fois de plus complètement erronées, qui nous ont fait renoncer à prendre nos pantalons de pluie) nous estimons avoir parcouru une distance suffisante pour aujourd’hui et nous nous faufilons dans un petit canyon adjacent.
Haut niveau d’eau aidant, celui-ci est navigable et nous le remontons sur quelques dizaines de mètres jusqu’à trouver un endroit propice au bivouac, à l’abri du vent avec vue sur un joli petit canyon rouge. Nous avons parcouru 17 miles pour cette première journée.
On monte la tente à toute vitesse, puis le tarp, juste avant une averse finalement ridicule, qui humecte à peine le sol. Puis le soleil revient et l’atmosphère redevient agréable.
On goûte vers 16h d’un bon beefsteack grillé au feu de bois (je ne suis pas carnassière du tout sauf dans ces circonstances !) assorti de crudités. La croisière gastronomique a commencé…
Nous faisons le point et réalisons que pour occuper les 2 journées à venir, compte-tenu du débit si rapide de la Green River, nous allons devoir saisir toutes les opportunités d’exploration des rives et devoir pour une fois prendre tout notre temps pour les repas. Heureusement que nous avons en plus de la lecture…
Encore quelques averses bénignes durant la soirée, puis nuit très calme.