Changer ce qui existe en modifiant ses mots. Tu écris EAU sur une épée, l’épée devient liquide. Tu écris PLIE sur une porte, la porte se plie. Tu remplaces une lettre : GARE devient RAGE, la gare n’est plus un lieu, c’est une colère qui se répand.
La transformation ne crée rien de nouveau. Elle prend ce qui est déjà là et le tord, le refait, le déforme.
Changer la matière : un mur de pierre devient bois, une corde devient fer, une flamme devient glace.
Changer la forme : une porte se plie, une épée s’allonge, un chemin se rétrécit.
Changer le sens : un mot écrit peut devenir un autre mot par ajout, retrait ou remplacement de lettre.
Changer une propriété : rendre un objet plus léger, plus dur, plus souple, plus fragile.
Changer une créature : ajouter une lettre à LOUP pour en faire LOUPE, et le loup devient un insecte, ou un regard qui échoue.
La permanence
Une transformation dure tant que l’encre qui l’a faite ne s’épuise pas. En général, quelques heures. Pour qu’elle dure plus, il faut la lier. Mais un objet transformé qui reste transformé trop longtemps commence à oublier ce qu’il était.
La résistance
Plus un objet est ancien, plus il résiste. Un mur millénaire ne se transforme pas facilement. Un mot gravé dans la pierre par un maître ancien se défend. Une chose liée à son nom résiste à tout changement.
La cohérence
Tu ne peux pas transformer une chose en ce qu’elle ne peut pas être. Un nuage ne devient pas une épée. Un cri ne devient pas un mur. La transformation a besoin d’un lien, d’une parenté entre ce qui était et ce qui devient.
Changer la matière d’un objet (pierre en bois, fer en eau) : coût des lettres.
Changer la forme d’un objet (plier une porte, allonger une épée) : coût des lettres.
Changer une propriété (rendre plus léger, plus dur) : coût des lettres.
Transformer un mot en un autre par ajout, retrait ou remplacement d’une lettre : coût de la nouvelle lettre, ou coût de l’aspiration.