Le Silence est le dieu de l'oubli et de la fin. Il est né des premiers mots qui n'ont pas été écrits, ceux qui ont été perdus, effacés, oubliés. Il n'est pas un dieu au sens classique : il est un concept, une force, une entité. Il est le vide entre les mots, la page blanche, le souffle qui s'arrête. Il est tout ce qui disparaît, tout ce qui s'efface, tout ce qui ne laisse aucune trace.
On ne l'invoque pas, on ne le prie pas, on ne le vénère pas. On le craint, simplement. On l'évoque parfois, à voix basse, quand on veut oublier, quand on veut disparaître, quand on veut que tout s'arrête. Ses fidèles sont des Effaceurs, des ermites, des solitaires, ceux qui ont renoncé au monde, ceux qui ne veulent plus être vus, plus être entendus, plus être. Ils ne portent pas de signe, pas de couleur, pas de nom. Ils sont là, mais on ne les voit pas.