La Chute est la déesse du chaos et de la destruction. Elle est née des premiers mots brisés, ceux qui ont été mal écrits, mal pensés, mal voulus. Elle n'est pas une déesse au sens classique : elle est un concept, une force, une entité. Elle est la fissure dans le mur, le mot qui se casse, la phrase qui s'effondre. Elle est tout ce qui tombe, tout ce qui se brise, tout ce qui ne tient pas. Elle est la fin de toute chose, non pas la fin paisible, non pas la fin naturelle, mais la fin violente, la fin brutale, la fin qui ne laisse rien derrière elle.
Elle n'est pas vénérée : elle est crainte. On ne l'invoque pas, on ne la prie pas, on ne l'appelle pas. On l'évite, on la fuit, on l'oublie. Mais elle est là, toujours, dans l'ombre, dans les ruines, dans les silences. Elle attend, patiemment, que les choses se brisent d'elles-mêmes, ou que quelqu'un vienne les briser pour elle. Ses fidèles sont rares, cachés, honteux. Ce sont des destructeurs, des anarchistes, des fous, ceux qui veulent tout briser, tout brûler, tout effacer. Ils ne portent pas de signe, pas de couleur, pas de nom. Ils frappent, et ils disparaissent.