La Germe est la déesse de la vie qui déborde, de la croissance, de l'excès. Elle est née des premiers mots qui ont poussé trop vite, trop fort, trop loin. Elle n'est pas une déesse comme les autres. Elle n'a pas de temple, pas de prêtre, pas de prière. Elle est la sève qui monte trop vite, la racine qui fissure la pierre, la fleur qui pousse dans la chair. Elle est tout ce qui grandit, tout ce qui envahit, tout ce qui ne s'arrête jamais. Elle n'est pas la vie sage, celle qui suit son cycle, celle qui naît, grandit, meurt et renaît. Elle est la vie qui déborde, qui étouffe, qui prend toute la place.
On ne la vénère pas. On la craint. On ne l'invoque pas, on ne la prie pas, on ne l'appelle pas. On l'évite, on la fuit, on l'oublie. Mais elle est là, toujours, dans les forêts trop denses, dans les marais trop verts, dans les jardins trop fleuris. Elle attend, patiemment, que les choses poussent d'elles-mêmes, ou que quelqu'un vienne les faire pousser pour elle. Ses fidèles sont rares, cachés, honteux. Ce sont des fous, des ermites, des marginaux, ceux qui ont été touchés par elle, ceux qui ne parlent plus, qui ne prient plus, qui poussent. On les appelle les Pousses, ou les Envahis. On les évite, on les craint, on les enferme parfois. Mais on ne les tue pas, car tuer un Envahi, c'est libérer la Germe.
Jeu d'échec avec le Verbe, il gagne, elle part pendant x temps ( a dev)