Je suis rôliste depuis un peu plus de vingt-cinq ans — presque trente, mais on ne va pas chipoter.
Après une partie d’HeroQuest que j’avais adorée, je me suis offert le jeu de rôle Warhammer. À vrai dire, je ne savais pas encore vraiment quoi en faire. Un an plus tard, j’ai véritablement découvert le jeu de rôle en convention, près d’Angers, autour d’une table de Stormbringer. Comme beaucoup, j’ai ensuite commencé à maîtriser avec un groupe d’amis, sur Warhammer, Cyberpunk, Vampire et d’autres jeux qui ont durablement nourri mon imaginaire.
Étudiant, j’ai fondé une première association dont l’objectif était déjà de faire découvrir le jeu de rôle, notamment à travers des créations personnelles sans prétention. Par la suite, la vie professionnelle m’a imposé des périodes de pause côté pratique, mais jamais vraiment côté lecture : j’ai continué à acheter, lire, explorer des jeux, des suppléments, des univers et des façons de jouer.
J’ai repris l’écriture de jeux amateurs avec le concours informel de jeux de rôle en une page de Casus NO, puis avec les Démiurges en herbe, un concours plus structuré, avec jury, sur un format plus long. Ces deux expériences m’ont beaucoup marqué : d’un côté, la contrainte du format très court, qui oblige à aller à l’essentiel ; de l’autre, l’envie de proposer un jeu plus construit, lisible et réellement jouable. Dans les deux cas, l’objectif restait le même : donner envie de lancer une partie plutôt que d’accumuler des pages de règles.
Plus tard, j’ai tenu un magasin de comics et de jeux de société, ce qui m’a permis de revenir à la maîtrise régulière, notamment par des parties de découverte. Puis, comme souvent, mon parcours professionnel a pris un autre chemin.
Le Covid a relancé une dynamique de table à distance, via Skype, Roll20 et d’autres outils. Nous jouions peu, entre six et douze séances par an, mais suffisamment pour entretenir l’envie de créer, de maîtriser et de tester.
En arrivant près de Thouars, j’ai constaté qu’il n’existait pas vraiment de club de jeux local. J’en ai donc fondé un. Depuis, l’association s’est développée, en particulier autour du jeu de rôle : nous avons aujourd’hui environ une table par semaine, une quinzaine de joueurs réguliers ou semi-réguliers, et deux nouveaux meneurs qui se sont lancés.
Cette évolution a profondément relancé mon envie d’écrire. Je n’écris plus seulement pour moi, mais aussi pour des tables réelles, pour des joueurs qui découvrent, pour des meneurs qui apprennent, pour des formats qui doivent être lisibles, jouables et transmissibles.
C’est dans ce contexte que j’ai travaillé sur Metro Borg. En cherchant à concevoir un jeu de survie simple, brutal et directement exploitable à table, j’ai découvert l’OSR presque par hasard. Cette découverte a confirmé beaucoup d’intuitions que j’avais déjà : des règles légères, des situations fortes, une place importante laissée aux choix des joueurs, à l’improvisation et aux conséquences.
Aujourd’hui, mon envie d’auteur vient de là : créer des jeux accessibles, avec une identité forte, pensés pour être joués rapidement, mais capables de produire de vraies histoires à table.